Déo Namujimbo

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Déo Namujimbo
Naissance avril 1959
Nationalité Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo Kino-congolais
Profession journaliste reporter
Autres activités écrivain, conférencier, traducteur
Médias
Média principal radio
Pays République démocratique du Congo
Radio radio Okapi
Autres médias Reporters sans frontières

Déo Namujimbo, né en avril 1959, est un journaliste, écrivain et conférencier kino-congolais. Il a exercé dans plusieurs médias en République démocratique du Congo, jusqu'à l'assassinat de son frère, Didace Namujimbo, en novembre 2008. Il vit depuis réfugié en France où il exerce comme traducteur et conférencier. Il a reçu plusieurs prix internationaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, d'abord agent de police avant l'indépendance du Zaïre, démissionne et devient agent de sécurité pour les postes zaïroises[1]. Sa mère tient un snack de rue non loin des studios de la radio nationale à Lubumbashi, et il lui arrive de remplacer au pied levé les journalistes en poste, venus se sustenter chez sa mère et confiants en sa parfaite maîtrise du français. Déo Namujimbo se familiarise très vite avec son futur métier, et il étudie le journalisme et est diplômé en 1985. Ne trouvant pas d'autre travail, il anime des émissions culturelles sur la seule radio de l'époque, la Radio-Télévision nationale congolaise. Il participe ensuite à la création de la radio locale Maendeleo, à Bukavu[2].

Déo Namujimbo exerce la profession de journaliste depuis 1993[3]. Lors du génocide au Rwanda en 1994, face à l'afflux de réfugiés, la fondation Hirondelle fonde Agatashya, radio destinée aux réfugiés ; Déo Namujimbo est de l'aventure. En 1996-1997, après l'éviction de Mobutu du pouvoir par Kabila, Nabujimbo se trouve un moment écarté de son travail ; il reprend du service aux côtés de son oncle, nommé à la tête des forces de sécurité du Kivu, comme Conseiller en matière de presse et d’information. En 1998 éclate la Deuxième guerre du Congo ; pendant ce conflit, il suit un détachement du Rassemblement congolais pour la démocratie de James Kabarebe dont il conte les exactions ; ce moment est l'objet de ses ouvrages On tue tout le monde… et on recommence, sorti en 2011[2], et Je reviens de l'enfer, sorti en 2014[1].

Après le conflit, et avec l'avènement d'internet, Déo Namujimbo entre en contact avec les agences de presse Syfia et InfoSud Suisse. Il rédige pour elles plusieurs centaines d'articles qui sont publiés par différents journaux du Congo, de France, de Suisse, de Belgique, d’Afrique et du Canada. Il rédige des alertes pour Reporters sans frontières, circulant dans tout l'est de la RDC. Il est fréquemment l'objet de menace[2].

Après l'assassinat en novembre 2008 de son frère Didace Namujimbo, également journaliste, il est le sujet de menaces de mort très directes[4]. Son neveu, Serge Maheshe, lui aussi journaliste de radio Okapi, est également abattu[1]. À l'occasion d'une invitation du Sénat français, lui proposant de venir recevoir le prix de la Plume d'Or, il se réfugie en France en 2009[2]. Auditionné par le Sénat, il reçoit très rapidement le statut de réfugié, et fait partir sa famille de Bukavu vers le Burundi sous protection du HCR, car également visée par ces menaces. Il est également entendu par des associations pour connaître un peu mieux la situation des journalistes en République démocratique du Congo[5]. Il est en particulier accueilli par la « Maison des journalistes », association proposant aux journalistes réfugiés une assistance[6]. Toutefois, il n'a pu exercer depuis son métier de journaliste dans son pays d'accueil, à la fois à cause de la crise économique qui limite les opportunités mais également du fait du manque de reconnaissance dont souffrent les journalistes africains[3]. En effet, les diplômes de journalisme de plusieurs pays africains ne sont pas reconnus par la commission des titres en France.

Depuis son arrivée en France, Déo Namujimbo se fait conférencier ; il intervient dans les établissements scolaires dans le cadre de l'opération « Renvoyé spécial »[6]. Il explique lors d'interventions tous les aspects du Congo, géographie, histoire, et insiste sur les richesses du pays, et le décalage qui existe entre ces ressources et le niveau de pauvreté de la population. Il se fait également écrivain, et relate son expérience de journaliste en zone de guerre. Il est également traducteur pour les producteurs et réalisateurs de reportages au Congo, parlant trois des quatre langues nationales (lingala, kikongo, swahili) ainsi qu'une langue du Kivu, le mashi[5],[1]. Fin 2014, il quitte momentanément la France pour s'installer en Belgique, avec l'aide de PEN Vlaanderen, et travailler à son ouvrage Je reviens de l'enfer[1].

Travaux[modifier | modifier le code]

Journalisme[modifier | modifier le code]

Conférences[modifier | modifier le code]

Les conférences données par Déo Namujimbo portent principalement sur son pays, la République démocratique du Congo, et sur l'écart saisissant qui existe entre les ressources naturelles du pays et le niveau d'extrême pauvreté de la population. Il accuse différents groupes d'intérêts, désireux d'accaparer ces richesses, de créer sans cesse de l'agitation, des rébellions populaires dont le peuple n'a que faire. Il met également en avant le problème de la corruption, qu'il impute « à une forme particulière du sida : le salaire impayé depuis des années »[1].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Déo Namujimbo, Merde in Congo : Recueil d'’articles publiés entre 2001 et 2009 sur l'’est du Congo « démocratique », Paris, Édilivre, , 416 p. (ISBN 978-2-812-12202-6)
  • Déo Namujimbo, On tue tout le monde… et on recommence : Reportage de guerre à l'’est du Congo « démocratique », Paris, Édilivre, , 374 p. (ISBN 978-2-812-12117-3)
  • Déo Namujimbo, Je reviens de l'enfer : Reportage de guerre à l'Est de la RD Congo (août-septembre 1998), L'Harmattan, , 192 p. (ISBN 978-2-343-02619-0)

Récompenses[modifier | modifier le code]

Son œuvre et son engagement lui ont valu plusieurs titres et récompenses internationaux[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e et f Stefaan Anrys, « Un journaliste congolais coincé entre 5000 soldats », sur www.mo.be, Mondiaal Nieuws (nl), (consulté le 24 février 2015). Traduit du néerlandais par Julien-Paul Rémy (version originale : (nl) Eén journalist tussen 5000 Congolese soldaten, 17 janvier 2015)
  2. a b c d et e « Deo Namujimbo, PEN Award 2013 » [PDF], sur www.oxfamnovib.nl, Oxfam Novib
  3. a et b « Deo Namujimbo : « Il n’est pas facile d’exercer le journalisme en France » », sur radiookapi.net, Radio Okapi, (consulté le 22 février 2015)
  4. « République Démocratique du Congo - Témoignage de Déo Namujimbo », 13 décembre 2012, h [présentation en ligne] : [vidéo] Disponible sur YouTube. Extrait du webdocumentaire Au cœur de la censure, septembre 2011, Paris
  5. a et b [radio] Nana Bolodjua, Deo Namujimbo : « Il n’est pas facile d’exercer le journalisme en France » (interview), Radio Okapi, coll. « Congolais de l'étranger », (présentation en ligne).
  6. a et b Pierrick Morel, Capa.tv, « A l’occasion de la 21e Semaine de la presse et des médias dans l’école®, 1€60 présente la MDJ », sur www.maisondesjournalistes.org, Maison des journalistes, (consulté le 23 février 2015)
  7. (en) Sahar Halaimzai, « Samar Yazbek, Enoh Meyomesse, Nargess Mohammadi, Deo Namujimbo and Busra Ersanli receive the Oxfam Novib/PEN Free Expression Award », (consulté le 24 février 2015)