Crassostrea gigas

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

L'huître creuse (Crassostrea gigas)[1] – aussi appelée huître japonaise – est une huître creuse originaire du Pacifique du nord-ouest. Elle a été introduite dans de nombreuses régions du monde à des fins commerciales. Il s'agit aujourd'hui de l'espèce d'huître la plus cultivée au monde. En 2003, la production globale de cette huître s'est élevée à 4,38 millions de tonnes (dont 84 % en Chine), dépassant en aquaculture toutes les autres espèces de poissons, mollusques ou crustacés[2].

Elle est devenue invasive dans plusieurs régions où des populations sauvages issues des installations ostréicoles se sont constituées, posant de multiples problèmes écologiques et économiques[3].

Description[modifier | modifier le code]

Cette huître a une coquille inéquivalve (deux valves différentes inéquilatérales), extrêmement rugueuse, très cannelée, et laminée. De forme variable, elle a tendance à être oblongue avec un bord crênelé. Sa valve (inférieure) gauche est profondément creuse et sculptée de 6 à 7 côtes concentriques grossières (plis calcaires ondulés). Sa valve (supérieure) droite plate ou légèrement convexe se repose à l'intérieur de la gauche et a des sculptures similaires. Le crochet et l’umbo qui se forment sur la charnière de la coquille sont souvent envahis par ces plis calcaires. La couleur souvent blanchâtre avec plusieurs raies et taches pourpres rayonnant loin de l'umbo. L'intérieur de la coquille est blanc, avec un muscle adducteur qui est parfois sombre, mais jamais pourpre ou noir[4].

Biologie[modifier | modifier le code]

Reproduction[modifier | modifier le code]

La sexualité de l'huîtres creuse a très tôt été décrite comme reposant sur un hermaphrodisme successif mais la présence simultanée des deux sexes chez un même individu est rare. De plus, la détermination du sexe est un phénomène complexe qui est régulé par de nombreux facteurs environnementaux, si bien qu'on peut parler d'un mode de reproduction qui relève parfois du gonochorisme[5].

La maturation sexuelle et la gamétogenèse commence à la fin de l’hiver et se poursuit jusque vers le mois de juillet, période de la fécondation externe[6]. Cette fécondation a lieu préférentiellement durant le flot de la marée, elle peut se produire plusieurs fois durant l’été et sa durée peut aller de quelques minutes à plus d’une heure. Chez la femelle, elle se traduit par de violents mouvements valvaires, ce qui rend la ponte détectable au moyen d’un enregistrement de l’activité valvaire. Chez le mâle, c’est une importante action des cils qui propulse les spermatozoïdes à l’extérieur[7].

La stratégie reproductive de type r est liée à la forte mortalité de la phase planctonique de l'huître. Elle libère entre environ 20 et 100 millions d’œufs non fécondés par ponte, contre un million pour l'huître plate[8].

Cycle de vie[modifier | modifier le code]

L'œuf fécondé donne une larve trochophore planctonique qui devient, au bout de 24 heures environ, une larve véligère qui mesure 60 µm. Vivant de ses réserves énergétiques, elle devient strictement planctotrophe au bout de 5 jours environ[9].

La larve véligère dispose d’un velum, une sorte de voile cilié, qui lui sert à se déplacer et à capturer ses proies. Elle se recouvre rapidement d'une coquille larvaire, la prodissoconque (en) (larve umbonée). À la fin du stade larvaire (en moyenne deux à trois semaines), elle atteint 300 µm, se munit d’un pied (larve dite pédivéligère) qui lui permet de ramper pour choisir le substrat sur lequel elle va se fixer et lui sécrète le ciment pour la fixation. Une fois fixée, la larve devenue naissain commence sa métamorphose et le développement des organes de l’adulte[10].

Phylogénie[modifier | modifier le code]

Plusieurs analyses de phylogénie moléculaire ont permis de constater que l'huître portugaise (Crassostrea angulata), longtemps considérée comme une espèce distincte, ne serait en fait qu'une forme de l'huître creuse japonaise, Crassostrea gigas[11],[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. DGCCRF Dénomination des mollusques
  2. Statistiques de production. Source FAO FishStat
  3. (GISD 2008)
  4. (en) P. J. Hayward, J. S. Ryland, Handbook of the Marine Fauna of North-West, OUP Oxford, , p. 586
  5. (en) D.B Quayle, Pacific oyster culture in British Columbia, 1969, the queen’s printer, p. 23
  6. J. L. Dantec, « Ecologie et reproduction de l’huitre portugaise (Crassostrea angulata Lamarck) dans le bassin d’Arcachon et sur la rive gauche de la Gironde », 1968, vol. 32, no 3,‎ revue des travaux de l’institut des pêches maritimes, p. 237—362
  7. E. His, « L’émission des gamètes chez l’huître portugaise (Crassostrea angulata LMK) », Revue des Travaux de l’Institut des Pêches Maritimes, vol. 34, no 1,‎ , p. 17—22
  8. (en) Paul S. Galtsoff, « The American Oyster Crassostrea Virginica Gmelin », Fishery Bulletin, vol. 64,‎ , p. 237
  9. (en) B. Rico-Villa, I. Bernard, R. Robert & S. Pouvreau, « A Dynamic Energy Budget (DEB) growth model for Pacific oyster larvae, Crassostrea gigas », Aquaculture, vol. 305, no v,‎ , p. 87
  10. Pierre Mollo, Anne Noury, Le Manuel du plancton, ECLM, , p. 101
  11. (en) Ó Foighil1, D., Gaffney, P.M., Wilbur, A.E. & Hilbish, T.J. (1998). Mitochondrial cytochrome oxidase I gene sequences support an Asian origin for the Portuguese oyster Crassostrea angulata. Marine Biology, 131 (3) : 497-503. Résumé
  12. (en) Reece, K.S., Cordes, J.F., Stubbs, J.B., Hudson, K.L. & Francis, E.A. (2007). Molecular phylogenies help resolve taxonomic confusion with Asian Crassostrea oyster species. Marine Biology, DOI 10.1007/s00227-007-0846-2. Résumé

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]