Copenhagen Suborbitals

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Copenhagen Suborbitals
Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association à but non lucratif
But Réalisation d'un vol suborbital habité amateur
Fondation
Fondation 2008
Fondateurs Kristian Von Bengston - Peter Madsen
Identité
Siège Drapeau : Danemark Copenhague- Refshaleøen - Danemark
Président Kristian Elof Sørensen
Méthode Open source
Financement Financement participatif
Volontaires 55
Membres Copenhagen Suborbitals Logos Combined.png
Site web copenhagensuborbitals.com

Copenhagen Suborbitals (CS) est une organisation à but non lucratif dont l'objectif est de réaliser un vol suborbital avec équipage. L’organisation, basée à Copenhague, au Danemark, est la seule structure amateur à avoir pour objectif un vol habité dans l‘espace. Ils déclarent travailler selon les principes de l'open source en utilisant des solutions simples et éprouvées. Le financement du projet est assuré par des sponsors et des dons matériels ou d'argent.

Depuis leurs débuts en 2008 Copenhagen Suborbitals a fait décoller six fusées de leur fabrication et testé deux capsules non habitées. Leur but à terme est de réaliser un vol suborbital au-delà de la ligne de Karman (100km d’altitude). Ce but doit être atteint avec la fusée Spica.

Si Copenhagen Suborbitals parvenait à son but, le Danemark serait la quatrième nation à envoyer un humain dans l’espace après la Russie, les USA et la Chine.

Copenhagen Suborbitals est composé de 55 membres bénévoles[1],[2].

L'association[modifier | modifier le code]

Création de Copenhagen Suborbitals.[modifier | modifier le code]

Copenhagen Suborbitals a été créé en 2008 par Kristian von Bengtson et Peter Madsen en tant qu’association à but non lucratif, open-source, et opérant via un financement participatif [3]. Le 23 février 2014, Copenhagen Suborbitals a annoncé le retrait du projet de son cofondateur Kristian von Bengtson en raison de difficultés relationnelles avec Peter Madsen, Copenhagen Suborbitals précisant toutefois que les objectifs du projet restaient inchangés. Quatre mois plus tard, en juin 2014, Peter Madsen quitte également l’organisation à la suite de mésentente avec les autres membres. Depuis cette date, Peter Madsen n’a plus aucun lien avec l’organisation[4].

Financement participatif[modifier | modifier le code]

Le financement de l’organisation est assuré par des dons uniques ou mensuels venant du monde entier, de particulier comme d’entreprise[5]. Copenhagen Suborbitals reçoit aussi de l’aide via des dons en nature. Le financement est aussi assuré par des ventes de goodies et la réalisation de conférences. L’ensemble du budget est consacré à la fabrication des fusées et aux frais de fonctionnement, les membres étant tous bénévoles.

Limites de l’open source[modifier | modifier le code]

Copenhagen Suborbitals souhaite depuis ses débuts travailler selon l’esprit de l’open source. Leurs comptes Twitter et Facebook permettent de suivre pas à pas la conception des fusées et leur réalisation et la nature même de leur financement participatif induit une grande transparence avec les contributeurs. Cependant au vu des applications potentiellement malveillantes qui pourraient être faites de leurs travaux pour la fabrication de missiles ou de roquettes évoluées, CS ne publie pas de documents de conception détaillés de leurs fusées et moteurs.

Atelier[modifier | modifier le code]

Copenhagen Suborbitals (CS) a débuté ses activités sur une barge appelée M/S Half Machine, dans le port de Copenhague. En Aout 2009 ils déménagent dans un ancien chantier naval appelé Burmeister & Wain shipyard situé à Refshaleøen, à Copenhague. Leur atelier est surnommé HAB 2 pour « Horizontal Assembly Building » en référence au VAB de la Nasa, « Vertical Assembly Building »

Lancement depuis la mer Baltique[modifier | modifier le code]

Plateforme de tir flottante MLP Sputnik portant la fusée HEAT 1X Tycho Brahe, photographie Juin 2011

Un des aspects uniques pour un projet amateur de ce type est que les lancements sont réalisés depuis la mer Baltique. Les tirs sont effectués à l’est de l’ile danoise de Bornholm dans un secteur maritime voué aux activités militaires[2] aux coordonnées 55° 02′ 57″ N, 15° 36′ 11″ E en accord avec les autorités du Danemark. Pendant ces tirs, le port de Nexø est utilisé comme base arrière, tandis qu’en temps normal l’organisation est basée à Copenhague.

Pour les campagnes de tirs, deux bateaux principaux sont utilisés

  • MLP Sputnik: Plateforme de lancement à coque catamaran, non habitable, autopropulsée. Propriété de Copenhagen Suborbitals.
  • M/S Bolette Munkholm. Bateau de commandement, accueille le contrôle de tir et la grue de récupération de la fusée. Propriété de Copenhagen Suborbitals[6].

Pendant les lancements, les navires de Copenhagen Suborbitals sont accompagnés d’une flottille de bateaux et d’avion, incluant souvent le patrouilleur MHV903 Hjortø des gardes côtes Danois. Quand ils ne sont pas en mer pour un lancement, les bateaux de l’organisation sont basés à Copenhague.

Vols suborbital, profil de mission[modifier | modifier le code]

Profil de vol suborbital

Depuis son site de décollage en mer Baltique, la fusée mono étage Spica doit emporter la capsule habitée jusqu’à 100km d’altitude, ou débute l’espace. Une fois séparée du lanceur la capsule retombe dans la mer Baltique, ralentie d’abord par un ballute puis par un parachute. Durant ce vol balistique la capsule n'est pas mise en orbite et retombe donc d'elle même sur terre, près de son lieu de lancement. Ce profil de mission est identique à celui de Mercury-Redstone 3, Virgin Galactic ou de Blue Origin.

A la différence d’une mise en orbite, un vol balistique est court (<15minutes d'apesanteur) mais demande beaucoup moins de carburant, le rendant possible avec des fusées mono étage.

Astronautes[modifier | modifier le code]

En 2017 trois candidats sont volontaires pour effectuer le premier vol habité à bord de la fusée Spica.

  • Mads Stenfatt
  • Anna Olsen
  • Carsten Olsen (père de Anna Olsen)

Fusées et capsules[modifier | modifier le code]

HEAT-1X – Tycho Brahe (2011)[modifier | modifier le code]

Entre 2008 et 2014 CS a testé la technologie du moteur hybride, utilisant différent comburants liquides (oxygène liquide, protoxyde d’azote) avec différents carburants solides (paraffine solide, polyuréthane, époxy). La fusée HEAT-1X est la synthèse de ces travaux[7].

Dessin de la fusée HEAT-1X et photo de la fusée réelle.

HEAT-1X (Hybrid Exo Atmospheric Transporter) est le lanceur utilisé pour propulser la capsule spatiale Tycho Brahe, l’ensemble formant la fusée HEAT-1X Tycho Brahe. Le design final a été la synthèse des nombreux tests de propulsion hybride menés par CS.

Lors d’un test au sol du moteur de la future fusée HEAT-1X, il est apparu que la combustion était instable et irrégulière, avec une part du carburant qui fondait au lieu de se vaporiser. Il en résultait un manque de poussé et des oscillations de poussé. En conséquence le couple d’ergols finalement retenu pour le vol a été l’oxygène liquide comme comburant et le polyuréthane solide comme carburant.

La stabilisation en vol était assurée par des ailerons passifs. L’ensemble formait une fusée techniquement relativement basique même si elle était très grosse pour une fusée d’amateur. L’objectif pour CS avec ce vol était de démontrer sa capacité à opérer des fusées lourde en mer et à faire voler une capsule à l’échelle 1, potentiellement habitable.

Lancement du HEAT 1X Tycho Brahe le 3 juin 2011.

La fusée a été tirée avec succès le 3 juin 2011 à 16:32 heure locale (CEST) (14:32 GMT) et s’est élevée jusqu’à 2000m avant que le contrôle de vol ne coupe la propulsion prématurément après 21 secondes en raison d’une dérive de trajectoire. Les mesures de bord ont été perdues lorsque la fusée a coulé en mer mais le problème semblait consécutif à un défaut d’alignement de 1,2° du moteur avec la fusée. Le guidage passif par aillerons n’ayant pas la capacité de corriger de telles dérives.

La micro capsule Tycho Brahe (MSC – Micro Space Craft) a été nommée en hommage à l’astronome Danois Tycho Brahe. C’était un cylindre pressurisé coiffé d’un dôme en PMMA (nom commercial Plexiglass) pouvant accueillir une personne. L’occupant aurait été en mesure d’avoir une vue à 360° et aurait volé dans une position semi assise, semi debout, imposée par le diamètre réduit de la capsule. Cette position nécessitait un siège particulier ainsi que le port d’une combinaison anti-G pour éviter une perte de connaissance due à un afflux sanguin brutal dans les membres inférieurs. Un compartiment dédié contenait les parachutes hautes et basses vitesses nécessaires au ralentissement de la capsule avant son amerrissage. Le volume résiduel interne de la capsule devant permettre d’assurer sa flottabilité le temps que le passager ne soit récupéré.

Lors du vol de la HEAT-1X, la capsule Tycho Brahe était inhabitée et occupée par un mannequin de crash test [13]. Suite à ce vol, l’équipe de CS a abandonné ce concept de capsule en raison de problème physiologique posé par les fortes accélérations, difficiles à supporter dans cette posture particulière. La capsule est désormais exposée au planétarium Tycho Brahe à Copenhague.

Bien que n’ayant pas atteint son altitude cible, le vol de la HEAT-1X est toutefois considéré comme un grand succès par Copenhagen Suborbitals car il a démontré leur capacité à opérer des fusées lourdes et à fabriquer des capsules habitables. Les retombées médiatique de ce vols ont également été très bénéfiques pour CS et indispensables à leur mode de financement participatif.

Entre 2008 et 2012 CS a réalisé plus de 30 tests de moteurs hybrides sur leur site de Refshaleøen, de toutes tailles et avec différent couples d’ergols. Finalement en 2012 CS a décidé d’arrêter de travailler sur la propulsion hybride pour se focaliser sur la propulsion à ergols liquides avec le couple oxygène liquide / éthanol.

Tycho Deep Space (2012)[modifier | modifier le code]

Tir du Tycho Deep Space en aout 2012

Tycho Deep Space est une capsule habitée, développée par Kristian Von Bengtson[8]. Un exemplaire non habité a été lancé le 12 Aout 2012 depuis la plateforme Sputnik en mer Baltique. Ce test visait à tester le système de sauvetage de la capsule constitué d’une tour de sauvetage positionnée au-dessus de la capsule, comme utilisé sur de nombreuses capsules (Soyouz, Mercury, Gemini, Apollo).

Le lancement a été un succès mais n’a pas permis d’atteindre une altitude suffisante pour que le parachute se déploie. La capsule a été partiellement endommagée lors de son impact avec la mer.

Suite aux enseignements de la capsule Tycho Brahe, la capsule faisait deux mètres de diamètre pour pouvoir installer un astronaute en position horizontale, allongé sur le dos, position dans laquelle il serait à même de supporter les accélérations et décélérations.

Smaragd (2012)[modifier | modifier le code]

Fusée Smaragd durant son assemblage

La fusée Smaragd (émeraude en français) est une fusée à deux étages de 5,7m de haut[9]. Elle pèse 146kg dont 47kg d’ergols et utilise une propulsion hybride brulant le couple d'ergols protoxyde d’azote / polyuréthane. La fusée avait pour objectif de tester en vols différentes technologies. Le 27 juillet 2012 l’équipe quitta le port de Nexø pour rejoindre la zone de tir. Après quelques problèmes initiaux avec les commandes de tir, la fusée fut lancée avec succès. Elle atteint l’altitude de 8,2km. Il fut évident dès le décollage que le cône avant contenant l’électronique avait été cassé par le décollage, probablement à cause de la forte accélération estimée à 20g. Les deux étages ont toutefois parfaitement fonctionné, le second étage étant mis à feu par une mèche à combustion lente, indépendamment de l’électronique embarquée.

Sapphire (2013)[modifier | modifier le code]

Sapphire était une fusée de 5,38m à propulsion hybride protoxyde d’azote / polyuréthane[10]. Elle avait pour objectif de valider le guidage actif par déflecteur de jet développé par Copenhagen Suborbitals Elle a été lancée avec succès le 23 juin 2013 et a atteint l’altitude de 8253m. Elle est la dernière fusée à propulsion hybride lancée par CS et a démontré la qualité du système de guidage utilisé depuis sur toutes les fusées de l’association.

HEAT-2X et TM-65 (2014)[modifier | modifier le code]

Après le vol de la HEAT-1X à propulsion hybride, il est devenu évident pour CS que ce type de propulsion ne permettrait pas d’atteindre les 100km d’altitude. CS a donc décidé de mettre au point une motorisation à ergols liquides.

Le TM-65 était un moteur à ergols liquides utilisant de l’éthanol et de l’oxygène liquide. Ce moteur de 65kN de poussée devait propulser la fusée HEAT-2X. Le moteur a été testé au banc en mai 2012 avec succès à 50% de sa puissance nominale.

Le moteur a ensuite été monté sur la fusée HEAT-2X [11]qui devait propulser une capsule habitable de 80kg à l’échelle 1/3. La fusée n’a pas volé et a été testé lors d’une mise à feu statique au printemps 2014. Lors de ce test, une soudure de la double peau de la tuyère assurant le refroidissement de celle-ci par circulation d’éthanol s’est rompue entrainant l’expulsion de la totalité de l’éthanol en 3 secondes, conduisant à un feu massif et à l’échec du test.

Suite à cet échec, la fusée prévue pour atteindre l’espace (HEAT 1600), qui devait utiliser quatre moteur TM-65 avec des turbo pompe a été annulée. A cette époque Peter Madsen, membre fondateur et promoteur du moteur TM-65 a quitté Copenhagen Suborbitals. L’équipe restante a décidé de mettre fin à l’étude du moteur TM-65 et de la fusée HEAT 1600 pour se consacrer à une nouvelle famille de moteur, la classe BPM et à la fusée Spica.

Fusées Nexø, premières étapes vers Spica[modifier | modifier le code]

BPM-2 et BPM-5[modifier | modifier le code]

Moteur BPM5, vue en coupe

En 2014 et 2015 CS a conçu et testé une série de moteur de petite puissance ayant des poussées de 2 et 5 kN. Le moteur BPM-5 de 5kN de poussé ayant servi ensuite à propulser les fusées Nexø I et II. Ces moteurs utilisent le même couple d’ergols que le futur BPM-100 de la fusée Spica. Le comburant est l’oxygène liquide et le carburant est un mélange de 75% d’éthanol et de 25% d’eau. L’ajout d’eau fait perdre un peu de performance au moteur mais diminue grandement la température des gaz, ce qui le rend plus facile à refroidir, concevoir et à fabriquer. L’objectif de ces moteurs était de valider les performances de ce type de propulsion et d’apprendre à maitriser ces ergols, la conception, la fabrication et le pilotage de moteurs les utilisant.

Les moteurs ont parfaitement fonctionné, conformément aux calculs préalables. Ils ont été testés sur banc dans une multitude de configuration et avec des variantes de carburant, tels que l’ajout de différent pourcentage d’eau ou de TEOS par exemple. Différent matériaux de déflecteur de jet (cuivre, graphite) ont également été testés.

Caractéristiques principales du BPM-5[12],[13]

Comme le TM-65, le moteur BPM-5 est refroidi par circulation d’éthanol dans la double paroi de la tuyère.

Lors des premiers tests en 2015 le moteur était alimenté par une pressurisation passive des réservoirs, qui voyait leur pression baisser à mesure qu’ils se vidaient. Les réservoirs ont ensuite été équipés d’une régulation dynamique de la pression par hélium, pour fournir une alimentation en ergols constante au moteur. La fusée Nexø II qui a volé en aout 2018 en était équipée et a validé en vol cette technologie.

Copenhagen Suborbitals a renoncé à équiper ses moteurs d'une alimentation par turbopompe. Le groupe jugeant que le développement d'une telle solution, bien que plus performante n'était pas à leur porté. Leurs calculs de profil de vol montrant par ailleurs que la technique de pressurisation des réservoirs, moins performante, est suffisante pour atteindre leur objectif et leur fera gagner du temps[14].

Nexø I (2016)[modifier | modifier le code]

Nexø I a été lancée le 23 juillet 2016[15]. Elle est la première fusée de Copenhagen Suborbitals à utiliser un moteur à ergols liquide, le BPM-5 de 5kN de poussé. Le vol a été un succès partiel puisque l’altitude visée n’a pas été atteinte. L’alimentation en oxygène du moteur a été insuffisante suite à un mauvais remplissage du réservoir. Lors de celui-ci, le niveau du réservoir était estimé d’après sa pression, qui était prématurément élevée suite à l’évaporation d’une partie de l’oxygène liquide. Ce mauvais remplissage a conduit à l'alimentation du moteur avec un mélange d'oxygène liquide et gazeux ce qui a déséquilibré la stœchiométrie de l'alimentation en carburant. En conséquence, l'éthanol a été injecté trop rapidement dans le moteur tout en ne pouvant pas brûler par manque d'oxygène. Le moteur a produit une poussée plus faible que prévue et a fonctionné moins longtemps, ce qui a conduit la fusée à une altitude moindre.

CS a cependant validé au cours de ce vol le fonctionnement du moteur BPM-5, la robustesse du guidage de vol même en conditions de poussée anormalement faible et la mise en œuvre d’une fusée à ergols liquide depuis la mer.

Nexø II (2018)[modifier | modifier le code]

Nexø II reprend le design général de Nexø I et le moteur BPM-5[13]. La différence principale vient de l’ajout d’un système de régulation dynamique de pression qui compense la chute de pression des réservoirs à mesure qu’ils se vident, via l’injection d’hélium. Cette régulation dynamique de pression (DPR : Dynamic Pressur Regulation) permet au moteur de fonctionner plus efficacement et de présenter une impulsion spécifique plus constante au cours du vol. Nexø II utilise par ailleurs une jauge de niveau d’oxygène liquide capacitive conçue par CS afin d’éviter de reproduire le problème de remplissage de Nexø I.

La fusée a été lancée avec succès le 4 aout 2018 depuis la mer Baltique et a atteint l'altitude de 6500m[16].

Spica[modifier | modifier le code]

BPM-5 orientable

En 2014, CS a établi les bases de la conception du lanceur Spica et de la capsule habitée associée[17],[18],[14]. La fusée doit être haute de 12 à 14m pour un diamètre de 950mm. Elle sera motorisée par un moteur unique à ergols liquides de 100kN de poussée, le BPM-100. Les ergols retenus sont l’oxygène liquide et l’éthanol pour leur facilité de mise en œuvre et leur innocuité en cas de dispersion en mer. Le moteur est alimenté par pressurisation des réservoirs par de l’hélium via un système de régulation de pression dynamique appelé DPR (Dynamic Pressure Regulation). L’alimentation par turbopompe a été testée par CS mais non retenue bien que plus performante en raison de sa grande complexité. Le guidage sera effectué par orientation de la tuyère via des vérins, une électronique de pilotage et un logiciel de guidage conçu par Copenhagen Suborbitals. Une version orientable du BPM-5 a déjà été testée au banc le 30 octobre 2016[19].

Ainsi à ce jour (2018) une large part des technologies clés du lanceur Spica ont été testées et mises au point sur les classes de lanceur expérimentaux Sapphire et Nexø au cours de vols en 2013, 2016 et 2018 :

  • Structure de fusée de grande taille (HEAT-1X)
  • Technique des moteurs à ergols liquides oxygène/éthanol (BPM-5)
  • Pilotage de la fusée (Sapphire, Nexø I et II)
  • Régulation dynamique de la pression des réservoirs (Nexø II)
  • Tuyère orientable (BPM-5)
  • Parachutes haute et basse vitesse (Nexø II)
  • Capsule habitable (Heat-1X et Tycho Brahe Deep Space)


Pour la fusée Spica, les paramètres de vols calculés sont les suivants[14]:

  • Dimensions : diamètre 950mm, longueur 13m
  • Masse au décollage 4000kg
  • Masse de la capsule avec passager 300kg
  • Masse de carburant 2600kg
  • Poussée au décollage 100kN
  • Durée de fonctionnement du moteur 90s
  • Pression dans la chambre de combustion 15 bars
  • Impulsion spécifique 175s au niveau de la mer, 225s à la coupure du moteur
  • Consommation de carburant : 60kg/s au décollage
  • Altitude atteinte 105km après 200s de vol
  • Vitesse maximale 1000m/s (Mach 3) à la coupure du moteur, à 50km d'altitude
  • Accélération maximale 2,25g

Récapitulatif des fusées lancées par Copenhagen Suborbitals[modifier | modifier le code]

Nom HEAT-1X Smaragd Sapphire Nexø I Nexø II Spica
Date de lancement 03/06/2011 27/07/2012 23/06/2013 23/07/2016 04/08/2018 Pas de date planifiée
Masse au décollage 1630kg 146kg (33+14kg d’ergols) 203kg (58kg d’ergols) 205kg 292kg (114kg d’ergols) 4000kg (2600kg d’ergols)
Diamètre 650mm 200mm / 133mm 22cm 300mm 300mm 955mm
Hauteur 9,38m 5,72m 5,38m 5,6m 6,7m 13m
Altitude maximale 2021m 8200m 8253m 1500m 6500m 105km
Moteur na na na BPM-5 BPM-5 BPM-100
Ergols LOX / polyuréthane Protoxyde d’azote / polyuréthane Protoxyde d’azote / polyuréthane LOX / 75% éthanol 25% eau LOX / 75% éthanol 25% eau LOX / 75% éthanol 25% eau
Impulsion spécifique 149s 216s et 145s 181s 200s 200s 200s
Objectif Démonstration de décollage avec une capsule habitable Fusée à deux étages.

Altitude 20km

Validation du guidage par déflecteurs de poussée Validation de la propulsion à carburant liquide Validation de la régulation dynamique des réservoirs Envoyer une capsule habitable dans l’espace (>100km)
Succès / Echec Succès partiel : défaut d’alignement du moteur, propulsion coupée prématurément par le contrôle de vol. Succès partiel : perte du cône avant au décollage, altitude visée non atteinte. Succès Succès partiel : problème de remplissage du réservoir d’oxygène liquide, altitude visée non atteinte. Succès

Altitude moindre qu'espérée

En projet, tir non effectué

Records et principales réalisations de Copenhagen Suborbitals[modifier | modifier le code]

  • Fusée amateur la plus puissante à avoir été lancée (Heat-1X)
  • Première fusée amateur à avoir volé en emportant une capsule habitable à l’échelle 1
  • Première commande MECO (Main Engine Cut-Off) : coupure à distance du moteur principal, à avoir été envoyée, reçue et effectuée, sur une fusée amateur
  • Première organisation amateur à avoir mis en œuvre des fusées depuis la mer, notamment à carburant liquide.

Le 3 Octobre 2013, Copenhagen Suborbitals a été récompensé par le "Breitling Milestone Trophy" par la Fédération Aéronautique Internationale lors d’une cérémonie à Kuala Lumpur[20].

Le spationaute Danois Andreas Mogensen, premier Danois à être allé dans l’espace a publiquement félicité Copenhagen Suborbitals depuis l’ISS lors de son séjour en 2015[21]. Il avait rejoint l’ISS le 2 septembre 2015 via le vol Soyouz TMA-18M, au départ de la Russie.

Groupe de soutien[modifier | modifier le code]

Le 5 octobre 2010 un groupe de supporter a créé le Copenhagen Suborbitals Support group (CSS). Le principal but de ce groupe est de supporter Copenhagen Suborbitals économiquement, moralement et physiquement dans leur mission. Deux jours après sa création, CSS comptait 100 membres, Dix jours après 500 membres étaient inscrits. En 2014 un millier de membre était enregistrés. Au travers d’une cotisation mensuelle, les membres assurent l’essentiel du budget mensuel de CS, en complément de nombreux dons en nature ou de dons de service. En 2015 le budget mensuel de CS était de l’ordre de 14000€.

Références[modifier | modifier le code]

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Copenhagen Suborbitals » (voir la liste des auteurs).
  1. « Copenhagen Suborbitals lance sa fusée Nexø I - Air&Cosmos », Air & Cosmos,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (en-GB) « About us – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 18 août 2018)
  3. « Wikiwix's cache », sur archive.wikiwix.com (consulté le 16 août 2018)
  4. (en-GB) « Our statement on former Copenhagen Suborbitals member Peter Madsen – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 18 août 2018)
  5. Nicolas BABELON, « Copenhagen Suborbitals : Financement participatif et conquête spatiale », Économie numérique,‎ (lire en ligne)
  6. (en-GB) « Mission Control ship – Online (almost) – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 17 août 2018)
  7. (en-GB) « HEAT-1X – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 16 août 2018)
  8. (en-GB) « Tycho Deep Space – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 16 août 2018)
  9. (en-GB) « Smaragd – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 16 août 2018)
  10. (en-GB) « Sapphire – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 16 août 2018)
  11. (en-GB) « HEAT-2X – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 16 août 2018)
  12. (en-GB) « Data from our latest BPM-5 rocket engine test – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 18 août 2018)
  13. a et b (en-GB) « Nexø II Flight profile – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 18 août 2018)
  14. a, b et c https://www.raumfahrer.net/forum/yabbfiles/Attachments/up044168.jpg
  15. (en-GB) « Nexø I – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 16 août 2018)
  16. (en-GB) « Nexø II – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 16 août 2018)
  17. (en-GB) « Spica – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 16 août 2018)
  18. (en-GB) « Enclosure for the astronaut – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 17 août 2018)
  19. (en-GB) « Testing the gimbal for the BPM-5 rocket engine. – Copenhagen Suborbitals », sur copenhagensuborbitals.com (consulté le 17 août 2018)
  20. (en) « FAI Awards | World Air Sports Federation », sur www.fai.org (consulté le 16 août 2018)
  21. « Copenhagen Suborbitals rocket development - collectSPACE: Messages », sur www.collectspace.com (consulté le 16 août 2018)

Liens externes[modifier | modifier le code]