ContraPoints

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ContraPoints
Vidéaste Web
Wynn en 2020
Informations
Genre Politique, société
Naissance (33 ans)
Comté d'Arlington, Virginie, États-Unis
Nationalité Américaine
Nombre d'abonnés

1,53 million (chaine principale) ()

118 000 (chaine live) ()
Site internet https://www.contrapoints.com/
Chaîne(s) ContraPoints
Chaîne secondaire ContraPointsLive

Natalie Wynn est une vidéaste politique américaine née le . Elle produit sous l'alias ContraPoints des vidéos éducatives et des essais vidéos sur des thèmes de société, notamment de genre, de race, de politique et de justice sociale, dans un registre souvent humoristique. La grande majorité de ses vidéos sont sous-titrées en français.

Chaîne YouTube[modifier | modifier le code]

Les premières vidéos qu'elle met en ligne, en 2008, ont pour sujet l'athéisme, mais rapidement le contenu de ses vidéos évolue pour se focaliser sur d'autres sujets sociétaux, notamment au travers de réponse argumentées à des vidéastes d'extrême-droite influents. Auparavant chargée d'enseignement en philosophie à l'université Northwestern, Wynn utilise la philosophie, la sociologie et sa propre expérience pour expliquer et contrer les arguments de l'alt-right, des libéraux et plus généralement des mouvances conservatrices[1]. Elle aborde également la transidentité, ayant elle-même transitionné depuis 2017[2].

Ses vidéos, au ton humoristique, se présentent généralement sous la forme d'un débat entre divers personnages joués par ContraPoints elle-même[3].

Identité artistique[modifier | modifier le code]

Dans ses vidéos, Wynn se sert de la philosophie et d'anecdotes personnelles aussi bien pour présenter des idées de la Gauche américaine, que pour critiquer des points de vue conservateurs, libéraux, de l'Alt-right, voire fascistes[4],[5],[6]. Ses vidéos sont fréquemment présentées sur un ton humoristique décalé et sombre, et contiennent du sarcasme, du surréalisme, et des thèmes à caractère sexuel[4]. Elle illustre fréquemment des concepts et des points de vue en jouant à tour de rôle ou simultanément des personnages qui interagissent les uns avec les autres.[7] Les choix artistiques d'enregistrement vidéo incluent un éclairage dramatique et des costumes sophistiqués.[8] Elle emprunte notamment à l'esthétique visuelle des drag queens, plaisantant en 2019 que si les conservateurs devaient dans tous les cas la considérer comme « drag queen », autant qu'elle soit « la plus extravagante drag queen sur YouTube »[9]. Dans une interview pour The Verge, Katherine Cross fait remarquer une différence fondamentale entre Wynn telle qu'elle se présente sur YouTube, et Wynn en hors-caméra, la chaine YouTube présentant d'elle une image légère, distante, décadente et dédaigneuse, alors qu'en personne, Wynn est « sincère, et presque trop attentionnée ».

Réception[modifier | modifier le code]

Les vidéos de Wynn ont été saluées pour leurs clartés, leurs nuances, et leurs sens de l'humour[10],[3]. Jake Hall, journaliste pour Vice, parle de Wynn comme « d'une vidéastes parmi les plus incisives et convaincantes sur YouTube »[10]. Dans un article mettant en relation sa sincérité personnelle et son sens de l'ironie, The Verge la décrit comme « l'Oscar Wilde de YouTube »[11]. Le magazine New York écrit : « ContraPoints est excellente. Indépendamment de l'intérêt ou de l'indifférence du spectateur pour les guerres culturelles sur Internet, les néo-nazis sur YouTube, ou pour bien d'autres sujets dans la large palette abordée dans cette chaine, ses vidéos sont drôles, étranges, érudites, et convaincantes »[1]. Nathan J. Robinson (en) du magazine Current Affairs (en) parle de ContraPoints comme d'un « Blitzkrieg solitaire contre la droite sur YouTube », et de ses vidéos comme étant « différentes de tout ce que j'ai pu visionner … Elle montre comment le débat doit être mené : en ne cédant pas un pouce de terrain aux idées toxiques, mais en mettant dans la balance une plus grande finesse, de meilleures blagues, et des costumes plus élégants »[3].

La plupart des médias décrivent souvent le contenu de la chaine comme étant essentiellement adressé à une audience de milléniaux, de par son humour et son prisme focalisé sur la culture numérique en ligne[3],[12],[13].

Ses analyses des usages des mèmes et des codes fascistes ont été cités par le Southern Poverty Law Center dans un article qui explique l'usage par la droite alternative américaine du signe OK[5]. La journaliste Liza Featherstone (en) recommande aussi la chaine, argumentant que Wynn fait un « boulot fabuleux » en reconnaissant les arguments valides de ses adversaires tout en torpillant les arguments fallacieux et en révélant le programme politique sous-jacent d'une certaine droite américaine[14].

En , après qu'une vidéo sur le sujet des incels ait atteint plus d'un million de vues, le journal The New Yorker rédige un article sur la chaine, en décrivant Wynn comme « l'une des demi-célébrités d'Internet qui est aussi intelligente qu'elle pense l'être, et l'une des rares gauchiste encore présente qui est capable d'être nuancée sans être ennuyeuse »[15]. Le journal The Atlantic loue l'usage fait par Wynn de « décors luxuriants, de lumières d'ambiance, et d'une musique originale crée par la compositrice Zoë Blade » et décrit ses vidéos ainsi : « Le centre d'intérêt […] est Wynn elle-même »[13].

Le site internet Polygon a nommé sa vidéo sur les incels comme l'une des 10 meilleures vidéos d'essai de l'année 2018[16]. En , elle atteint le sommet du top 100 du magazine Dazed, qui récompense les personnes qui « osent donner un coup de fouet à la culture »[17].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Année Prix Catégorie Nominée Résultat Référence
2020 Streamy Awards Best Commentary ContraPoints Gagnante [18]
2021 Streamy Awards Best Commentary ContraPoints Nomée [19]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Jesse Singal, « This YouTuber Is Figuring Out How to Counter the Alt-Right’s Dominance of the Site », sur New York Magazine, .
  2. (en) Ezra Kronfeld, « ContraPoints on YouTube, Social Justice, and Transphobic Feminists », sur Out Front (en), (consulté en ).
  3. a b c et d (en) Nathan Robinson, « God Bless ContraPoints », sur Current Affairs (en), (consulté en )
  4. a et b (en) « This YouTuber Is Figuring Out How to Counter the Alt-Right's Dominance of the Site »
  5. a et b (en) « Is that an OK sign? A white power symbol? Or just a right-wing troll? »
  6. (en) « ContraPoints on YouTube, Social Justice, and Transphobic Feminists »
  7. (en) « God Bless ContraPoints »
  8. (en) « TV Club: YouTube's ContraPoints and Hulu's Puppy Prep »
  9. (en) « Interview: Natalie Wynn of ContraPoints »
  10. a et b (en) « ContraPoints Is the Opposite of the Internet »
  11. (en) « The Oscar Wilde of YouTube fights the alt-right with decadence and seduction »
  12. (en) « TV Club: YouTube's ContraPoints and Hulu's Puppy Prep. »
  13. a et b (en) « ContraPoints Is Political Philosophy Made for YouTube »
  14. (en) « I Think My Friend Is a Jordan Peterson Fan. What Should I Do? »
  15. (en) « The Stylish Socialist Who Is Trying to Save YouTube from Alt-Right Domination »
  16. (en) « The best video essays of 2018 »
  17. (en) « ContraPoints »
  18. (en) « 10th Annual Winners »
  19. (en) « 11th Annual Winners »

Liens externes[modifier | modifier le code]