Commanderie de Cressac

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Commanderie de Cressac
Le chevet
Le chevet
Présentation
Fondation entre 1150 et 1160
Reprise Ordre de Saint-Jean de Jérusalem 1312
Protection Logo monument historique Classé MH (1914)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Région historique Saintonge
Département Charente
Commune Cressac-Saint-Genis
Coordonnées 45° 27′ 38″ nord, 0° 01′ 09″ est

Géolocalisation sur la carte : Charente

(Voir situation sur carte : Charente)
Commanderie de Cressac

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Commanderie de Cressac

La commanderie de Cressac était une commanderie templière située dans le département de la Charente en France, et dont il reste la chapelle, remarquable par la présence de fresques représentant des scènes de la victoire des croisés.

Elle était également désignée sous le nom de commanderie du Dognon[1],[2].

Description géographique[modifier | modifier le code]

La chapelle templière de Cressac est située à Cressac-Saint-Genis, en Charente, au sud-ouest d'Angoulême, au lieu-dit le Temple, ou le Dognon[3].

La commanderie templière, dont faisait partie la chapelle, couvrait également le lieu-dit l'Hôpital à Blanzac[réf. nécessaire].

Historique[modifier | modifier le code]

La présence d'un puits jamais à sec, a permis aux Templiers de faire bâtir une commanderie et de s'installer sur le chemin du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. La chapelle, construite entre 1150 et 1160, est le seul bâtiment restant de cet ensemble.

Après la chute de l'ordre du Temple en 1312, cet ensemble a été donné à l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. À la Révolution, celle-ci a été vendue comme bien national pour servir de bâtiment agricole.

Elle a été achetée au début du XXe siècle par l'église protestante de Barbezieux et est aujourd'hui propriété de l’Église protestante unie de Barbezieux (EPUB). Elle a été remise en état et sert depuis lieu de culte ce qui explique la présence d'une croix huguenote au centre du mur sud qui ne présente pas ou plus de fresque.

Des restaurations qualifiées de « trop radicales[4] » ont été effectuées avant 1969.

En 2011 des dégradations ont été constatées nécessitant des travaux d'étanchéité[5].

Une campagne de restauration des fresques a débuté en septembre 2013[6].

Description[modifier | modifier le code]

De plan rectangulaire, la chapelle est constituée de murs épais épaulés de contreforts. Le mur sud présente sur une pierre la marque en creux d'une « main de pénitent », chacun d'entre eux devant frotter cette pierre.

Fresques templières[modifier | modifier le code]

Photographie d'une photographie d'une aquarelle d'Eugène Sadoux

L'intérieur de la chapelle est remarquable car ses murs nord, est et ouest sont ornés de plusieurs fresques concernant les Templiers : des scènes de la victoire des croisés et de l'armée franque de Hugues le Brun de Lusignan et de Geoffroy Martel (frère de Guillaume Taillefert comte d'Angoulême) sur les Sarrasins menés par Nourreddine, dans la plaine de la Bocquée, en 1163.

Ces fresques représentent des cavaliers en armes, ainsi que d'autres sujets dont un bateau qui pourrait être une nef templière. Ces fresques sont réalisées par application d'une argile rouge locale liée au blanc d'œuf, dont la couleur a résisté au temps. Ces peintures ont été effectuées en plusieurs étapes par des artistes différents : sur le mur nord, en premier la frise du haut qui raconte une bataille, plus tard la frise du bas qui représenterait un échange de prisonniers et après un décor de frises les unes géométriques, les autres en rinceau, qui masquent par endroit le haut des heaumes et les sabots des chevaux.

Ces fresques de la fin du XIIe siècle couvraient autrefois l'ensemble de l'intérieur. On y reconnaît un évêque qui pourrait être Adémar, qui participa à la première croisade. Les fleurs de lys (photo 3) sur le fond rappellent le roi de France. L'une des scènes du mur nord présente les chevaliers sortant au galop d'une ville fortifiée à la poursuite d'assaillants en retraite. « Il s'agit d'une lutte mémorable aujourd'hui identifiée par M. Deschamps, au cours de laquelle Nour ed-dîn, atâbeg d'Alep et de Damas, fut vaincu à la Boquée[7], alors qu'il venait d'attaquer le Krak des chevaliers[8] ».

S'agissant d'un ordre chevalier, il faut constater que les regards des chevaux et des cavaliers sont identiques et contribuent à donner à la scène une vie saisissante.

À la fin du XIXe siècle, le peintre charentais Eugène Sadoux a peint les fresques de la chapelle, ajoutant des détails aux fresques actuelles. On ne peut exclure le fait que ces éléments manquants puissent parfois être une vue d'artiste.

Fresques de Cressac

Commandeurs templiers[modifier | modifier le code]

Nom du commandeur[9]. Dates
Pierre de Banhal vers 1286
Barthélemi Merlot (ou Morlet) vers 1302-1303
Elie Raynaud (originaire du Périgord) vers 1307

État[modifier | modifier le code]

La chapelle des Templiers fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anne-Marie Legras, Les commanderies des Templiers et des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem en Saintonge et en Aunis, éditions du CNRS, , 216 p. (ISBN 2-222033292, lire en ligne), p. 66.
  2. Trudon des Ormes 1899, p. 522.
  3. Carte IGN sous Géoportail.
  4. Charles Daras dans « Commanderies et chapelles des Templiers dans la région charentaise » de la revue Archeologia no 27, mars / avril 1969, p. 45.
  5. Charente Libre, 23 février 2011.
  6. Les fresques restaurées, article de Sud-Ouest du 24 septembre 2013.
  7. Orthographe de la revue Archeologia.
  8. Charles Daras dans « Commanderies et chapelles des Templiers dans la région charentaise » de la revue Archeologia no 27, mars / avril 1969, p. 48. avec un renvoi en note à Deschamps et Thibout, La peinture murale en France. Le Haut Moyen Âge et l'époque romane, 1951.
  9. Trudon des Ormes 1899, p. 523.
  10. « Notice no PA00104351 », base Mérimée, ministère français de la Culture.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gaetano Curzi, La pittura dei Templari, SilvanaEditoriale, coll. « Biblioteca d'arte », 2002, 141 p., (ISBN 88-8215-429-7). (consulté) p. 23-31.
  • Charles Daras,
    • « Les fresques de Cressac » dans la revue Études charentaises no 7, 1968, p. 319-325 [lire en ligne]. (Non exploité)
    • « Commanderies et chapelles des Templiers dans la région charentaise » dans la revue Archeologie no 27, 1969, p. 42-49. (consulté)
    • Les Templiers en Charente : les commanderies et leurs chapelles, Poitiers, 1981, 117 p. (Non exploité)
  • Christian Davy, contribution « Les peintures murales de la chapelle des templiers de Cressac » dans : Charente (congrès archéologique de France) no 153 (congrès de 1995), Société française d'archéologie, Paris, 1999, 369 p., p. 171-177.
  • Paul Deschamps, Marc Thibout : La peinture murale en France. Le Haut Moyen Âge et l'époque romane, Paris, Plon, Paris, 1951, 178 p. Pour Cressac p.  133 & ss. (Non exploité)
  • Michelle Gaborit, contribution « La commanderie de Cressac » dans : Bernard Brochard et Yves-Jean Riou (dir.), Les peintures murales de Poitou-Charentes, Centre international d'art mural, 1993, 169 p., (ISBN 2-910601-03-X) p. 78-79.153. (Non exploité)
  • Les Templiers dans le Sud-Ouest, Jacques Dubourg, Éditions Sud Ouest, 2001
  • Amédée-Louis-Alexandre Trudon des Ormes, « Liste des maisons et de quelques dignitaires de l'ordre du Temple en Syrie, en Chypre et en France d'après les pièces du procès (IV) », dans Charles-Jean-Melchior de Vogüé, Revue de l'Orient latin - Vol. VII., Paris, Ernest Leroux, (réimpr. 1964) (ISSN 2017-716X, lire en ligne), p. 504-589

Liens externes[modifier | modifier le code]