Comité interprofessionnel du vin de Champagne

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Maison de la Champagne, Site du CIVC.

Le Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC), créé en 1941, est l'organisme interprofessionnel regroupant tous les opérateurs relevant du vin en appellation champagne : viticulteurs, négociants manipulants, maisons de Champagne, syndicats professionnels et caves coopératives. Il est reconnu par arrêté du 2 juin 2014 du ministère de l'Agriculture en qualité d'organisation interprofessionnelle[1].

Création sous l'Occupation[modifier | modifier le code]

Dans le domaine du vin, l'Occupation de la France par l'Allemagne est marquée par l'instauration de « marchands de vin en uniforme » surnommés par les Français Weinführers (chefs du vin), chargés de recenser les vins en stock afin d'en régulariser leur marché, de sélectionner et acheter les meilleurs vins pour les envoyer en Allemagne et de limiter les pillages dus aux troupes d'occupation[n 1]. Le Weinführer des vins de Champagne est Otto Klaebisch, beau-frère de Joachim von Ribbentrop qui fut importateur de vins de Champagne et représentant de grandes maisons de champagne en Allemagne. Cet officier de réserve, placé à la tête du Bureau de répartition des vins mousseux de la Wehrmacht, en juillet 1940, entreprend de regrouper toutes les instances qui s'occupent du champagne[2].

C'est dans ce contexte que le Syndicat général des vignerons champenois est dissous et que le Bureau national de répartition devient le CIVC, créé par la loi du 12 avril 1941 pour gérer les intérêts communs des vignerons, des négociants producteurs et des maisons de vins de champagne[3]. La création du Comité est présentée lors de l'assemblée générale annuelle du Syndicat général des vignerons, à Épernay, le 10 juillet 1941, en présence du préfet René Bousquet, qui déclare à la tribune : « Il ne faut pas que la nouvelle organisation de la viticulture soit la revanche de quelques hommes sur d'autres hommes, un retour à des erreurs ou des égoïsmes passés [...]. Aucune opposition fondamentale ne peut dresser le travail contre le commerce et vice-versa[4]. »

À cette époque, le CIVC est principalement chargé d'honorer les commandes de l'occupant nazi[5]. Le ministre-secrétaire d'État à l'Agriculture, Pierre Caziot, nomme à sa tête Robert-Jean de Vogüé, délégué général du CIVC mais aussi animateur du mouvement de résistance « Ceux de la Libération »[6]. Le décret du 8 septembre 1941 précise l'organisation du CIVC et le décret du 2 septembre 1942 décrit son statut financier[7].

Lobbying[modifier | modifier le code]

Auprès des institutions de l'Union européenne[modifier | modifier le code]

Le CIVC est inscrit au registre de transparence des représentants d'intérêts auprès de la Commission européenne. Il déclare en 2017 pour cette activité des dépenses annuelles d'un montant compris entre 25 000 et 50 000 euros[8].

En France[modifier | modifier le code]

Le CIVC déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique exercer des activités de lobbying en France pour un montant qui n'excède pas 75 000 euros sur l'année 2018[9].

Le CIVC est membre de Vin et société[10].

Organisation[modifier | modifier le code]

Jean-Marie Barillère, co-président du Comité interprofessionnel du vin de Champagne et président de l'Union des maisons de Champagne.
Jean-Marie Barillère, co-président du Comité interprofessionnel du vin de Champagne et président de l'Union des maisons de Champagne.

Le CIVC perçoit, en 2010, des contributions volontaires obligatoires auprès des professionnels du secteur à hauteur de 14 994 000 euros[11].

Le CIVC est dirigé par deux co-présidents, l'un représentant les vignerons, nommé par le Syndicat général des vignerons, l'autre représentant les maisons de Champagne, nommé par l'Union des Maisons de Champagne.

Maxime Toubart, co-président du Comité interprofessionnel du vin de Champagne et président du Syndicat général des vignerons de Champagne.
Maxime Toubart, co-président du Comité interprofessionnel du vin de Champagne et président du Syndicat général des vignerons de Champagne.

Liste des co-présidents[modifier | modifier le code]

Année de
nomination
Représentant
des vignerons
Représentant des
maisons de Champagne
1941 Maurice Doyard Robert-Jean de Vogüé
1944 René Chayoux
1945 Albert Dagonet
1946 Henri Macquart
1956 Christian Heidsieck
1960 Henri Geoffroy
1967 François d’Aulan
1974 Jean-Michel Ducellier
1978 Marc Brugnon
1994 Philippe Feneuil Yves Bénard
2004 Patrick Le Brun
2007 Ghislain de Montgolfier
2010 Pascal Férat Jean-Marie Barillère
2016 Maxime Toubart

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Adolphe Segnitz est le Weinführers en Bourgogne, Heinz Bömers dans le Bordelais.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Arrêté relatif à la reconnaissance en qualité d'organisation interprofessionnelle du CIVC », sur legifrance.gouv.fr,
  2. Donald Kladstrup, Petie Kladstrup, La guerre et le vin. Comment les vignerons français ont sauvé leurs trésors des nazis, Perrin, , 247 p..
  3. Loi du 12 avril 1941 portant création d'un comité interprofessionnel du vin de Champagne, site Légifrance
  4. « La naissance du Comité interprofessionnel du vin de Champagne », sur http://www.cndp.fr/.
  5. Albert Knechtel, film documentaire Le vin sous l'occupation, production Point du Jour et France 3, 2004, 29 min 50 s.
  6. (en) Donald Kladstrup, Wine and War, Hachette UK, , p. 257.
  7. Décret n° 2007-103 du 25 janvier 2007 relatif à l'organisation et au fonctionnement du comité interprofessionnel du vin de Champagne, site Légifrance.
  8. (en) « Comité interprofessionnel du vin de Champagne (CIVC) | LobbyFacts Database », sur lobbyfacts.eu (consulté le 18 juillet 2019)
  9. « Fiche Organisation «  Haute Autorité pour la transparence de la vie publique », sur www.hatvp.fr (consulté le 18 juillet 2019)
  10. « Nos membres », sur le site de Vin et société (consulté le 1er septembre 2018)
  11. http://www.data.gouv.fr/fr/dataset/cartographie-de-la-fiscalite-affectee-selon-le-perimetre-retenu-pour-le-rapport-du-conseil-des-prele

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le vin de Champagne : histoire d'une politique économique des origines à nos jours, colloque organisé par l'Institut historique allemand, l'IRCOM et le Centre Roland Mousnier (Université de Paris Sorbonne), Paris, 24 septembre 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]