Christiane Felscherinow

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Christiane Felscherinow
Nom de naissance Christiane Vera Felscherinow
Alias
Christiane F.
Naissance (56 ans)
Hambourg
Nationalité Allemande
Activité principale

Christiane Felscherinow, née le à Hambourg, est une Allemande connue par le public à la fin des années 1970 sous le pseudonyme de Christiane F, une adolescente, tombée dans la drogue et la prostitution, dont l'enfance sera racontée dans le livre Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée…. De ce livre a été tiré en 1981 un film du même nom.

Petite enfance[modifier | modifier le code]

Christiane grandit dans une famille où elle n'a connu que manque d'affection et violence, battue régulièrement par son père, alcoolique. Cette situation et le caractère soumis de sa mère ont marqué la vie quotidienne de la jeune enfant[1].

À six ans, avec sa famille, Christiane quitte la campagne de Nützen pour Berlin-Ouest où ils emménagent à Gropiusstadt, un quartier de banlieue au sud de la ville, pour fonder une agence matrimoniale professionnelle. Le projet échoue, si bien que la famille doit déménager dans un HLM. C'est dans cet appartement situé au onzième étage d'un immeuble que son père bat violemment sa fille (pour un motif futile, par exemple une souris perdue) et sa femme. Christiane a si peur qu'elle tente de sauter par la fenêtre de l'appartement, mais son père l'en empêche in extremis.

Maltraitance[modifier | modifier le code]

À côté de tous ces problèmes, il y a les soucis financiers dont ses parents n'arrivent pas à venir à bout. Comme à cette époque la maltraitance des enfants est encore un sujet tabou en Allemagne, l'environnement social, l'école primaire que Christiane fréquente ne prête pas attention au problème.

En 1973, ses parents divorcent. Sa mère déménage dans le quartier de Rudow, emmenant ses deux filles. Les relations de Christiane avec le nouveau compagnon de sa mère, Klaus, devenant tendues, la jeune adolescente se révolte. Entraînée par son amie Kessi, adepte de l'école buissonnière, elle se met à fréquenter la «Maison du milieu», un centre pour la jeunesse lié à l'Église protestante, où les jeunes garçons lui font découvrir la drogue. À l'âge de douze ans, elle a déjà expérimenté différents types de drogues, comme le haschich, des cachets de différentes sortes (Valium, Mandrax, éphédrine, captagon) et du LSD. En 1976, elle fait la connaissance de Detlev, jeune héroïnomane de 16 ans qui l'initie à cette nouvelle drogue qu'elle sniffe.

Célébrité[modifier | modifier le code]

À quatorze ans, comme son compagnon Detlev et ses copines Babsi et Stella, Christiane se prostitue à la sortie de l'école, aux abords du « Kinderstrich (zone de prostitution des mineurs) » de la gare principale de l'ancienne Berlin-Ouest (Bahnhof Zoo), pour gagner de quoi payer sa dose quotidienne d'héroïne. Boostée par l'héroïne, elle ramène des bonnes notes de l'école mais devient rapidement dépendante, surtout lorsqu'elle se pique. En avril 1976, elle avoue à sa mère sa double vie de prostituée et droguée. Sa mère essaye sans succès de lui faire retrouver une vie saine, faisant appel à des services sociaux et des centres anti-drogue qui ne peuvent pas la prendre en charge car elle est trop jeune. En mai 1977, sa mère parvient à la faire intégrer une clinique très chère, le centre Narconon à Berlin, dont elle s'enfuit.

Envoyée chez sa grand-mère à la campagne, loin de toute tentation, Christiane finit par décrocher[2].

En 1978, à l'âge de seize ans, Christiane Felscherinow intervient devant un tribunal en tant que témoin. Deux journalistes (Horst Rieck et Kai Hermann) du journal allemand Stern la remarquent et lui demandent d'abord de s'entretenir avec elle pendant deux heures. Au cours de cette conversation, ils parlent essentiellement de drogue. Les deux heures deviennent alors deux mois et le résultat est le livre Wir Kinder vom Bahnhof Zoo (Nous les enfants de la gare du zoo, ouvrage traduit en français sous le titre Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée…), œuvre autobiographique grâce à laquelle le quotidien très difficile des drogués, considéré du point de vue d'une toxicomane, finit par être portée à la connaissance du public.

Le film[modifier | modifier le code]

Le livre est adapté à l'écran en 1981, avec Natja Brunckhorst dans le rôle de Christiane. Grâce au film, la discothèque « Sound », où se sont passées de nombreuses scènes, est connue du monde entier. À la fin des années 1980 le « Sound » est ravagé par un incendie ; en 2006 une discothèque du même nom est créée à Berlin, mais elle n'a rien à voir avec le vieux « Sound ».

Dans le film on voit aussi l'enregistrement d'un concert de David Bowie spécialement réalisé à cette occasion. Il y interprète la chanson Station to Station.

Depuis les années 1980[modifier | modifier le code]

Elle vit ensuite en communauté avec des musiciens, dans un quartier underground de Berlin. Elle tombe amoureuse d'Alexander Hacke, guitariste du groupe Einstürzende Neubauten, qu'elle suit en tournée. Ensemble, ils créent Sentimentale Jugend et se produisent au festival des Geniale Dilletanten[1].

Elle a joué dans Neonstadt (en 1981), un film sur la vie des étudiants à l'École supérieure de la télévision et du cinéma (en) de Munich (Hochschule für Fernsehen und Film München), et dans Decoder (en 1983). Ce dernier film a comme thème principal la musique et les sons.

À 21 ans, elle recommence à se piquer et fait dix mois de prison pour détention de drogue. Elle est libérée en 1986. À 25 ans, elle part pour une île en Grèce, où elle vit en couple pendant six ans avec un ermite, Panagiottis, avec lequel elle se drogue[1].

Elle a un fils, Phillip, né en 1996. Juste après sa naissance, Christiane se serait enfin débarrassée de la drogue. Après des années plutôt agitées passées aux États-Unis et en Grèce, Christiane Felscherinow habite désormais dans le quartier berlinois de Neukölln, où elle travaille en tant que relieur.

En 2008, elle perd la garde de son fils et replonge dans la drogue[3]. Elle est depuis atteinte de l'hépatite C, à cause de sa toxicomanie[4],[1].

En 2013, elle sort une deuxième autobiographie Moi, Christiane F., la vie malgré tout en collaboration avec la journaliste Sonja Vukovic[5],[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]