Christian Bréchot

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Christian Bréchot
Naissance
Nationalité Drapeau : France française
Domaines hépathologie, immunologie, biologie moléculaire
Institutions Inserm, hôpital Necker, Institut Pasteur
Renommé pour Travaux sur les hépatites

Christian Bréchot, né le [1], est un médecin et chercheur français. Il a été le directeur général de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) de 2001 à 2007 et de l'Institut Pasteur à partir d'octobre 2013.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1982, il obtient un diplôme de docteur en médecine de l'Université Paris-Descartes (Paris VII) et en 1985, un PhD de biochimie également de l'Université Paris-Descartes[2].

Spécialiste des hépatites B et C et des mécanismes à l'origine des cancers du foie, il dirigeait l'unité Inserm U370 « Carcinogenèse hépatique et virologie moléculaire » depuis 1993, et depuis 1998 le Centre national de référence sur l'épidémiologie des hépatites virales. Christian Bréchot est aussi un professeur des universités – praticien hospitalier, chef du service d'hépatologie de l'hôpital Necker-Enfants malades de 1997 à 2001, et responsable du département de biologie cellulaire à la faculté de médecine Necker-Enfants Malades jusqu'en 2001.

Le , il devient directeur général de l'INSERM, succédant à Claude Griscelli. Le , Christian Bréchot démissionne de son poste de directeur général de l'INSERM pour assurer sa défense dans l'affaire Metagenex[3] pour laquelle il est accusé de conflits d'intérêt[4] à la suite d'un pré-rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas)[5] qu'il conteste[6]. En décembre 2009 le conflit entre sa femme, Patrizia Paterlini-Bréchot, cofondatrice de Metagenex, et Metagenex a pris fin par la signature d'un accord qui inclut une lettre officielle déchargeant Christian Bréchot dans le « contentieux [qui l']oppose aux investisseurs de Metagenex[7]. »

Depuis 2008, Christian Bréchot est vice-président de l'Institut Mérieux, chargé des Affaires médicales et scientifiques. Il est membre du conseil d'administration de la société BioMérieux[8], de Transgene et de la Fondation Marcel-Mérieux. Il est également responsable de la direction médicale et scientifique au sein de BioMérieux.

Le 8 mars 2013, l’Institut Pasteur a annoncé l'élection de Christian Bréchot au poste de directeur général pour un mandat de quatre ans à partir du 1er octobre 2013 succédant à Alice Dautry[9].

En novembre 2013, il signe au nom de l’Institut Pasteur un accord de coopération scientifique générale[10] (sans fourniture de matériel) avec le Royaume d'Arabie Saoudite suite à une épidémie de MERS-CoV qui y avait tué plus de 420 personnes. 

Apports scientifiques[modifier | modifier le code]

Les travaux de recherche de Christian Bréchot ont principalement porté sur les hépatites virales B (VHB) et C (VHC) et, en particulier, sur leur lien avec le cancer du foie (carcinome hépatocellulaire, CHC), ainsi qu’avec les mécanismes moléculaires qui conduisent à la régénération hépatique et au cancer (notamment la dérégulation du cycle cellulaire). Ces travaux ont associé recherche fondamentale et clinique en virologie moléculaire et biologie cellulaire.

Christian Bréchot a contribué à améliorer la compréhension des mécanismes à l’origine de la carcinogenèse hépatique chez les patients souffrant d’une infection chronique au VHB ou VHC (en particulier l’impact de l’intégration de l’ADN du VHB et les interactions entre les protéines du VHC et les principales voies de signalisation cellulaire, telles que les interférons et les TGF-b). Son groupe a également permis d’expliquer plusieurs aspects de la régulation du cycle cellulaire, notamment au travers de l’identification de la cycline A humaine sur le site d’insertion du génome du VHB d’un CHC[11].

Parallèlement, Christian Bréchot a dirigé plusieurs projets qui ont abouti à la conception d’un test diagnostique inédit de détection et de quantification de l’ADN du VHB dans le sérum. Son équipe a, par ailleurs, utilisé la microdissection laser sur des coupes de foie aux fins de la détection de l’ARN du VHC et de l’étude des quasi-espèces du VHC, mais également de l’analyse protéomique du foie. Christian Bréchot a travaillé sur l’impact clinique de la variabilité génétique du VHC, et les études cliniques de son groupe ont permis de démontrer l’efficacité de l’association interféron-ribavirine dans le traitement des infections au VHC. Il a, en outre, mené des études initiales portant sur l’efficacité de l’immunothérapie active spécifique contre le VHB chez les individus souffrant d’une infection chronique.

Depuis 2001, d’abord en tant que directeur général de l’Inserm (2001-2007), puis vice-président de l’Institut Mérieux (2008-2013) et désormais directeur général de l’Institut Pasteur, il poursuit certaines activités de recherche, avec la création en 2005 d’une unité (dirigée par le Professeur Didier Samuel) au Centre hépato-biliaire (CHB) de Villejuif, l’un des principaux centres européens de greffe du foie, situé près de Paris. L’un des projets novateurs de cette unité a fait récemment l’objet d’une évaluation satisfaisante par l’AERES (les activités de recherche de Christian Bréchot sont à présent menées par le groupe dirigé par Jamila Faivre).

Ce groupe a exploité la découverte de la molécule HIP/PAP, aux propriétés mitogéniques et de survie sur les cellules hépatiques. Il a récemment démontré (avec Nicolas Moniaux et Jamila Faivre) que HIP/PAP présentait un mode d’action pour le moins original, dirigeant ses effets intrinsèques de blocage de la voie des ERO et anti-oxydants sur la matrice extracellulaire. Ses résultats globaux ont abouti à une étude clinique de phase II (réalisée avec Gilles et Paul Amouyal, ainsi que la société de biotechnologie Alfact Innovation) portant sur l’évaluation du potentiel de la molécule HIP/PAP sur les patients atteints d’un dysfonctionnement hépatique aigu. Cette étude a montré des résultats prometteurs. Elle apporte, en effet, la preuve de l’efficacité de la molécule, malgré l’hétérogénéité du groupe de patients, leur état clinique grave et l’échelle restreinte de l’étude, à savoir des patients souffrant d’une insuffisance hépatique aiguë liée au VHB ou à une hépatite auto-immune.

De plus, ce groupe a étudié les schémas d’expression du symporteur sodium iodure (NIS) dans les cellules biliaires normales et malignes, ainsi que le potentiel clinique de ces découvertes dans le cadre de l’utilisation de l’iodure (131I) aux fins du traitement de cholangiocarcinomes. Dans ce contexte, il a également démontré le potentiel de la thérapie génique basée sur l’ADNc du NIS pour transduire les cellules tumorales de l’hépatocarcinome et du recours à l’iodure (131I) pour traiter le carcinome hépatocellulaire. 

Enfin, en collaboration avec le Dr Marion Bourgeade, son groupe a analysé l’impact de la variabilité génétique du VHC dans le développement du CHC, décryptant les interactions entre la protéine core du VHC et la signalisation TGF-. 

De 2001 à 2007, Christian Bréchot a occupé le poste de directeur général de l’Inserm, l’Institut national de la santé et de la recherche médicale.

Il y a développé plusieurs programmes de formation scientifique des filières médicale et de sciences fondamentales (dans le cadre de l’École de l’Inserm). Il a créé les bourses dites "Avenir" afin d’aider les jeunes scientifiques à développer des projets de recherche autonomes. Il a également vivement encouragé le transfert de technologie (en fondant "Inserm Transfert") et les coopérations européennes et internationales (en implantant des unités de l’INSERM à l’étranger). Il a, par ailleurs, été à l’origine de plusieurs collaborations internationales. Ces différents programmes ont été mis en place par le biais d’interactions continues avec de prestigieux instituts de recherche et universités dans le monde entier.

De 2008 à 2013, Christian Bréchot a rempli la fonction de vice-président chargé des affaires scientifiques et médicales de l’Institut Mérieux, une entreprise qui regroupe quatre sociétés œuvrant dans le domaine du diagnostic in vitro (bioMérieux), de l’immunothérapie (Transgene et Advanced BioScience Laboratories) et de la sécurité alimentaire/nutrition/santé (bioMerieux et Mérieux NutriSciences) et qui est établie à Boston (États-Unis), Lyon (France) et Shanghai (Chine). 

Ses missions, axées sur l’international, consistaient à assister chaque société de l’Institut Mérieux dans l’évaluation de ses opportunités, la définition d’orientations stratégiques et la participation au développement de différents projets commerciaux. Il a, en outre, joué le rôle de conseiller chez Mérieux Développement, une société d’investissement de l’Institut Mérieux.

Il a renforcé la capacité d’innovation interne au travers de programmes destinés à soutenir la recherche d’amont et à la transposer aux activités de R&D de l’entreprise. Dans cette optique, il a notamment développé un programme de formation et de recherche pour les médecins et scientifiques – le réseau des Mérieux Research Grants –, qui propose un financement souple et substantiel de projets de recherche innovants. Il a ainsi été amené à créer un réseau international de prestigieux chercheurs, en particulier en Asie et en Amérique du Sud. Il s’est également impliqué dans des activités de formation et d’enseignement dans des pays en voie de développement et des pays émergents. 

De 2011 à 2013, outre ses attributions au sein de l’Institut Mérieux, il s’est chargé de coordonner les activités scientifiques de l’institut de recherche technologique BioAster, qui s’attache aux innovations en matière de produits et technologies diagnostiques, préventifs et thérapeutiques dans les domaines de l’infectiologie et de la microbiologie. Récemment implanté en France, cet institut de recherche a fusionné ses activités de Lyon et Grenoble avec celles de l’Institut Pasteur de Paris dans le cadre d’un partenariat public/privé. 

Depuis octobre 2013, Christian Bréchot est directeur général de l’Institut Pasteur.

Sous son égide, un plan stratégique a fixé les principaux objectifs suivants à l'Institut Pasteur : 1. Renforcer significativement l’attractivité des programmes proposés par l’Institut afin de recruter de prestigieux scientifiques, impliquant une refonte des voies de carrière internes ; 2. Développer une stratégie plus ambitieuse pour les activités d’enseignement de Pasteur, dans un contexte véritablement interdisciplinaire et international, impliquant la multiplication des partenariats avec des universités et grandes écoles ; 3. De façon plus générale, définir des stratégies partagées de recherche et de formation (unités de recherche mixtes, mobilité des scientifiques, etc.) avec de grandes universités, ainsi qu’avec des agences de recherche (Inserm et CNRS) ; 4. Dynamiser le réseau international des 33 Instituts Pasteur et mettre en place une stratégie plus axée sur l’international, englobant une vision scientifique et des activités de formation mondiales ; 5. Développer une stratégie plus ambitieuse et orientée international pour le transfert de technologie et la collecte de fonds.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Christian Bréchot est également membre de plusieurs sociétés médicales de spécialité françaises et internationales et a reçu de nombreux prix, notamment le prix de l'Académie de médecine en 1996 et le prix Jean-Valade en 2000. Il a été également membre junior de l'Institut universitaire de France en 1991 pour une durée de cinq ans[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]