Chakpori

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Chakpori
Vue du Chakpori depuis le Potala.
Vue du Chakpori depuis le Potala.
Géographie
Altitude 3 700 m
Massif Plateau tibétain
Coordonnées 29° 39′ 08″ nord, 91° 06′ 34″ est
Administration
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Région autonome Tibet
Ville-préfecture Lhassa

Géolocalisation sur la carte : Région autonome du Tibet

(Voir situation sur carte : Région autonome du Tibet)
Chakpori

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Chakpori

Le Chakpori ou Chagpori (tibétain : ལྕགས་པོ་རི, Wylie : lCags po ri, THL : chakpo ri, littéralement la « colline de fer » ; chinois simplifié : 药王山 ; chinois traditionnel : 藥王山 ; pinyin : yàowáng shān ; littéralement : « montagne du roi-médicament », en référence à Sangyé Gyatso) est une montagne sacrée de la ville-préfecture de Lhassa en région autonome du Tibet. Elle se dresse au sud du palais du Potala et à gauche de celui-ci lorsque l'on se tient face à lui.

Géographie[modifier | modifier le code]

En forme de S, la colline Chakpori court grosso modo d'est en ouest, bordant le nord de la rivière de Lhassa. À l'origine, la crête inférieure orientale était reliée à la colline Marpori, où se dresse le Potala[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

L'Institut de médecine tibétaine[modifier | modifier le code]

Le Chakpori en 1939, avec à son sommet l'école de médecine tibétaine détruite en 1959 après sa transformation en fortin par les insurgés.

Considérée comme une des trois montagnes sacrées du Tibet central[2], elle fut autrefois le site du Menpa dratsang (tibétain : སྨན་པ་གྲ་ཚང / chinois : 门巴扎仓), ou Chakpori Zhopanling (signifiant littéralement : « Institut de la colline du roi médecin pour sauver tous les êtres vivants »)[3],[4], institut de médecine tibétaine fondé au XVIIe siècle par Lobsang Gyatso, 5e dalaï-lama et son régent Sangyé Gyatso[5]. Le 5e dalaï-lama y créa également un hôpital[6].

Lors de l'insurrection de mars 1959, les Tibétains y ayant installé des canons – un ou deux selon le moine tibétain Lobsang Gyatso[7] –, elle fut démolie par l'artillerie de l’armée populaire de libération[8],[9],[10]. Selon Roger E. McCarthy, les Tibétains résistèrent vaillamment, bien que ne disposant comme armes que de fusils et d'épées, et ils tentèrent d'utiliser les canons qui s'y trouvaient[11].

En 1916, le 13e dalaï-lama, Thubten Gyatso, nomma Khyenrab Norbu directeur du Collège médical de Chakpori et d'un institut de médecine et d'astrologie tibétaine qu'il venait de créer, le Mentsikhang (tibétain : སྨན་རྩིས་ཁང་ / chinois : 门孜康)[12].

En 1959, les deux instituts fusionnèrent au sein des bâtiments du Mentsikhang pour former l'hôpital de médecine tibétaine de Lhassa 拉萨市藏医医院). Cet institut devint en 1980 l'Institut de médecine tibétaine de la région autonome du Tibet (西藏自治区藏医院)[13].

Pour sa part, le gouvernement tibétain en exil a fondé en 1992, à Darjeeling en Inde, un Institut Chakpori de médecine tibétaine, reprenant le nom de l'institut de Lhassa. On y enseigne et développe la médecine tibétaine.

La montagne et ses autres monuments[modifier | modifier le code]

Cette montagne, qui a été rebaptisée « pic de la victoire », est maintenant couronnée par une grande antenne radio[10].

On peut y voir une grotte, dans laquelle un autel comporte la statue du fondateur de l'empire du Tibet, Songtsen Gampo, entouré de ses deux épouses, la princesse Wencheng, chinoise et la princesse Bhrikuti Devi, népalaise. On peut également y voir deux fonctionnaires célèbres, Thonmi Sambhota et Gar Tongtsen[4].

Derrière la colline se trouve la falaise des mille bouddhas (chinois : 千佛崖 ; pinyin : qiānfó yá)[14],[15],[16], ou mur des Dix Mille Bouddhas[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Victor Chan, Tibet. Le guide du pèlerin, Éditions Olizane, 1998, p. 151.
  2. (en) R. A. Stein, Tibetan Civilization, traduit par J. E. Stapleton Driver, Stanford University Press, Stanford, Californie, 1972, p. 228.
  3. (en) « Tibetan medicine and pharmacology take on a new lease of life », sur CCTV.com,
  4. a, b et c (de) « Wichtige Sehenswürdigkeiten in Lhasa », sur www.eu-asien.de/
  5. Histoire de la médecine tibétaine.
  6. Roland Barraux, « Lobsang Gyatso », Histoire des dalaï-lamas, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, édition Albin Michel, 1993 ; réédité en 2002 chez Albin Michel (ISBN 2226133178), p. 91
  7. (en) Lobsang Gyatso, Memoirs of a Tibetan Lama, Snow Lion Publications, 1998 (ISBN 1559390972), p. 262.
  8. (en) Travelin Tibet, Going in circles : « The Tibetans placed their few cannon up there and the Chinese destroyed the place. »
  9. (en) Keith Dowman, The Power-Places of Central Tibet: The Pilgrim's Guide, Routledge & Kegan Paul Ltd., Londres, 1988, p. 49 (ISBN 0-7102-1370-0).
  10. a et b (en) Lhasa - God’s own Land : « Gone also, since 1959, is the original Tibetan Medical College that stood on the peak of Chakpori, the small hill facing the Potala - topped now with bare metal towers and the stark building of the radio transmission station ».
  11. (en) Roger E. McCarthy, Tears of the lotus: accounts of Tibetan resistance to the Chinese invasion, p. 184.
  12. (en) Rev. Khyenrab Norbu (1883-1962 A.D.)
  13. (zh) « 西藏自治区藏医院 », sur zangyao.roboo.com (中国藏药 médicaments tibétains de Chine)
  14. (zh) « 藥王山千佛崖,這裡滿山都是摩崖佛像 », sur 每日頭條,‎
  15. (zh) « 千佛的住所——拉萨药王山(含旅游攻略 », sur 卓玛小屋,‎ 25 ffévrier 2007
  16. (zh) 许万虎, 赵玉和, « 探访拉萨“千佛崖” », sur tibet328.cn,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]

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