Château de Ramstein

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Château de Ramstein
Image illustrative de l’article Château de Ramstein
Les ruines du donjon
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIIe siècle
Destination actuelle Ruines
Protection Logo monument historique Classé MH (1924, ruines)
Coordonnées 48° 17′ 40″ nord, 7° 23′ 18″ est[1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Basse-Alsace
Région Grand Est
Collectivité territoriale Collectivité européenne d'Alsace
Commune Scherwiller
Géolocalisation sur la carte : Alsace
(Voir situation sur carte : Alsace)
Château de Ramstein
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Château de Ramstein

Le château de Ramstein est situé sur la commune de Scherwiller, dans le département du Bas-Rhin.

Dénomination et situation[modifier | modifier le code]

Le nom du château est composé de deux éléments : Ram-, qui partage la même racine que Rabe, « corbeau », et -stein, « rocher, pierre ». Le Ramstein est ainsi le « rocher des corbeaux », nom que devait porter le site avant la construction du château. Le nom existe en effet déjà à l’été 1293, les Annales des Dominicains de Colmar évoquant le castrum de Ramistein[2].

Le Ramstein se trouve sur les premiers contreforts des Vosges en bordure de la plaine d’Alsace, à l’ouest de la commune de Scherwiller, dans le Bas-Rhin. Le château est établi à l’extrémité sud du Rittersberg, sur un rocher se trouvant à 390 m d’altitude et environ 200 m au sud-ouest du château de l’Ortenberg, qui le domine. Le terrain se trouvant directement au nord-est et en contrehaut du Ramstein ne monte pas immédiatement en pente, mais forme une large terrasse relativement plane. Il s’agit ainsi du côté le plus menacé en direction duquel se concentrent les défenses ; les côtés sud et ouest sont en revanche protégés naturellement par une forte pente[3],[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Pendant l’été 1293, Otto d’Ochsenstein, landvogt d’Alsace, assiège le château de l’Ortenberg. Après avoir construit au début du mois de juin une première fortification à Scherwiller même, il se rapproche de l’Ortenberg vers le milieu de l’été en établissant à peu de distance de celui-ci, sur le Ramstein, un castrum[5]. La nature de ce castrum n’est pas déterminée, mais il pourrait n’avoir été qu’une fortification en bois, l’édification d’une structure en pierre en si peu de temps et si proche d’un château hostile étant improbable[2].

L’endroit est en 1303 entre les mains des Habsbourg, qui l’ont peut-être récupéré en même temps que l’Ortenberg avant 1298, et ce bien qu’Otto d’Ochsenstein ait toujours des prétentions dessus. Il renonce toutefois à ses droits en , alors que, peu de temps auparavant, le , les Habsbourg ont transmis le Ramstein ainsi que le village d’Albé à Volmar de Reichenberg en échange de sa part dans le château éponyme. Après la mort de Volmar, il semble que ses deux fils aient hérité du château, mais ne l’aient pas partagé. Les sources indiquent que l’un des fils, Hugo, en vend la moitié à Ulrich de Württemberg en 1342, mais, en l’absence de partage, il ne pourrait s’agit que de la moitié des droits. Par ailleurs les Habsbourg renouvellent l’investiture à Hugo en 1357, ce qui laisse à penser que la vente s’est faite à l’insu du suzerain. La lignée des Reichenberg s’étant éteinte en 1361, les Württemberg semblent être devenus les maîtres des lieux, les Habsbourg n’apparaissant plus non plus dans les documents comme propriétaires après cette date. À une date indéterminée, mais antérieure à 1388, Walther de Müllenheim le reçoit en fief du comte de Württemberg, qui lui donnent par ailleurs de l’argent pour le réparer[5].

En 1420, le château n’est plus occupé par les Müllenheim, mais par Rudolf Zorn de Bulach. Pendant la guerre de Dachstein, celui-ci prend parti de l’évêque Guillaume II de Diest contre les Strasbourgeois. En représailles, ces derniers s’emparent du Ramstein et le saccagent, mais il parvient à le récupérer après la fin du conflit, non sans difficultés toutefois. Il ne conserve cependant pas longtemps, car en 1437 au plus tard le comte de Württemberg a transmis le fief aux Uttenheim, qui ajoutent alors le suffixe zum Ramstein à leur nom[5]. Le château se trouve en 1470 sur le chemin d’une armée de 4000 Bourguignons qui s’apprêtent à assiéger l’Ortenberg, où des sujets de Charles le Téméraire ont été enfermés. Prudents, les Uttenheim accueillent le le landvogt Pierre de Hagenbach, lui ouvrant la voie vers l’Ortenberg qui se rend trois jours plus tard. Quelques mois plus tard, le , une paix castrale est conclue entre les Uttenheim et le duc de Bourgogne, stipulant que celui-ci s’abstiendra pour les dix ans à venir de s’en prendre au château[6].

Le château reste alors propriété des Uttenheim jusqu’en 1664. Encore habitable dans la première moitié du XVIe siècle, comme le montre une gravure de 1514 de Hans Baldung Grien, il est incendié par les Suédois le et n’est pas reconstruit[7].

Philippe-Gaétan Mathieu de Faviers achète en 1810 les ruines de l’Ortenberg et du Ramstein, que son fils fait consolider avec le soutien de la Société pour la conservation des Monuments historiques d’Alsace en 1864[7]. L'ensemble des deux châteaux fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis [8], [9]. Se dégradant peu à peu, les restes du château sont entretenus à partir de 2002 par des bénévoles, qui se regroupent en 2009 au sein de l’association Les Veilleurs du Ramstein[7].

Architecture[modifier | modifier le code]

Disposition générale et matériaux[modifier | modifier le code]

Le cœur du château est une grande tour-habitat assise sur le rocher et constituant le haut-château. Une vingtaine de mètres à l’ouest et en contrebas se trouve le bas-château formant basse-cour, dont la surface est relativement réduite et qui est relié à la tour-habitat par une rampe bordée d’un long mur. Cet ensemble a été intégralement entouré au XVe siècle par des fausses-braies garnies d’au moins cinq tours en fer à cheval, tandis qu’un mur est venu fermer le fossé à l’est. Ce dernier prend la forme d’un L d’environ 10 m de large, dont le bras long longe le château au nord et le bras court à l’est[10].

L’ensemble du château a été construit en moellons de granite prélevés directement sur place, notamment lors du creusement du fossé. Les encadrements des fenêtres et quelques éléments de maçonneries épars au deuxième étage de la tour-habitat, réalisés en grès, constituent l’unique exception[4].

Information Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Thomas Biller et Berhard Metz, Die Burgen des Elsaß : Architektur und Geschichte, vol. III, Deutscher Kunstverlag, (ISBN 9783422061323).
  • Georges Bischoff et Jean-Michel Rudrauf, Les châteaux-forts autour du Mont Sainte-Odile : La couronne de pierre des ducs d’Alsace, I.D. l’Édition, (ISBN 9782367011660).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]