Château de Francs (Bègles)

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Château de Francs
Chateau de Francs.JPG
Présentation
Type
Ingénieur
probablement Georges Muglich dit Meister Joerg (peut-être Durer)
Construction
1156
Propriétaire
Famille privée
Patrimonialité
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées
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Le château de Francs, situé à Bègles (Gironde), avec son parc et ses abords classés monuments historiques[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Au XIIe siècle (1156), le château de Francs entouré de fortifications féodales de palissades, de fossés, de jardins, de viviers et d'un moulin sur l'Estey de Francs (bras de l'Eau Bourde se jetant directement dans la Garonne) était connu sous le nom de La Mothe de Bègles.

En 1198, sous domination anglaise, la Seigneurie de Bègles est confiée par Richard Cœur de Lion, (roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine par sa mère Aliénor) à Pierre de Bègles, Chevalier Chitry. Mais peu de temps après la mort de Richard (1199), Hélies de Béguey complote auprès de Jean Sans terre, successeur et frère de Richard, pour récupérer la Seigneurie de la Mothe de Bègles et ses dépendances, qu’il obtient en 1204.

En 1295, revenu sous domination du roi de France, la Seigneurie est annexée à Bordeaux par Philippe Le Bel.

Au XIVe siècle, les seigneurs de Bègles étaient les Caupène, qui avaient succédé à la famille Béguey. Arnaud de Caupène fut le dernier de cette famille. À sa mort, vers 1359, sa veuve, dame Jeanne de Mayensan épousée en 1348, se remaria avec le chevalier Bertrand de Ségur, seigneur de Parempuyre, de la noble famille de Francs, originaire de Puynormand[2], du Libournais. Lors de ce mariage célébré en 1364, elle apporta de ses parents, Pierre de Mayensan et Adèle Dalhan, cette terre qui honora Bertrand de Ségur du titre de « Seigneur de Bègles ». Il alla habiter alors le château de La Mothe de Bègles, qu'il rebaptisa aussitôt « château de Francs ».

La tradition des rois d'Angleterre de participer à des chasses à courre entre les Châteaux de Thouars (Talence) et de Francs (Bègles) étaient perpétuées. Le 9 avril 1565, le château de Francs reçut la visite royale de Charles IX et de sa cour : après avoir séjourné et dîné au château, le roi embarqua sur la Garonne, en compagnie de sa mère, Catherine de Médicis, de Jeanne d’Albret, de son fils, le jeune roi de Navarre (futur Henri IV) ainsi que de nombreux grands seigneurs pour une entrée solennelle à Bordeaux, tous invités par le maire et les jurats. Cette réception fut une des plus grandioses que la ville eut accordé à des hôtes prestigieux.

Au XVIIe siècle, une autre entrée solennelle se prépara au château de Francs : Jean-Louis Nogaret, duc d'Épernon (1554-1661) en fut l'invité pour un souper et une nuit. Ce vieux favori du feu roi Henri III, accédait enfin en 1633 à la charge de gouverneur de la Guyenne.

Pendant la Fronde (1643-1653), Bègles était un poste militaire et le château de Francs fut réquisitionné…

Nicolas-Alexandre de Ségur (fils d'Alexandre de Ségur de Francs, petit-fils de Jacques de Ségur de Francs et de Jeanne de Gascq), né le 20 octobre 1697 à Bordeaux et décédé le 24 mars 1755, a été élu président du Parlement de Bordeaux comme son père et son grand-père. Il obtint de Louis XIV le titre officiel de « Seigneur de Bègles » car il avait choisi le château de Francs comme résidence urbaine.

Également propriétaire de grands domaines viticoles bordelais parmi lesquels Château Latour, Château Lafite (incluant les vignes du Château Mouton), Château Pontet-Canet, Château Calon-Ségur et Domaine de Marbuzet, Nicolas-Alexandre introduisit ses vins à la cour de Versailles grâce à Louis-François-Armand de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu. C'est à cette époque que Louis XV lui prêta d'ailleurs le surnom de « Prince des vignes ».

La famille de Ségur habita le château de Francs pendant quatre siècles : tout autour s'étalaient de vastes et beaux jardins, des viviers, des bosquets et des charmilles. À leur extrémité, du côté sud-est, vers la Garonne, un kiosque isolé avait été aménagé. En débarquant de la Garonne, on entrait dans ce pavillon par douze portes vitrées, une curiosité architecturale qui fit surnommer ce cabinet isolé « Les Douze-Portes ». De nombreuses fêtes familiales se déroulèrent en ces lieux de verdure jusqu'à la Révolution. C'est alors que le château fut laissé à l'abandon pendant plus de vingt ans. Le domaine resta sous séquestre, quelques ormeaux et chênes séculaires furent abattus.

En 1844, Charles Balaresque (1796-1882), négociant bordelais et grand bibliophile, acquit le château de Francs. Il relança le vignoble sachant que le château de Francs était déjà classé en appellation Graves. Depuis, les héritiers de la famille Balaresque n'ont pas cessé de pérenniser l'embellissement de ce domaine. en augmentant les agréments, parterres, pièces d'eau, grotte et clôtures verdoyantes. Atteintes en 1906 par le phylloxéra, comme la plupart du vignoble bordelais, les vignes furent arrachées et non replantées du fait de la crise économique et de l'approche de la guerre.

Le 18 novembre 1965, la préfecture de la Gironde confirme le classement officiel du site, de son parc et de ses abords. En juin 1969, la couverture de la tour principale du château de Francs fut touchée par la foudre.

Maurice Bastard de Crisnay, propriétaire des lieux, descendant d'Oscar Balaresque (1798-1877), frère de Charles, décida d'entreprendre une vaste restauration du château en étroite collaboration avec l'architecte en chef des bâtiments de France. En 1970, l'aimable petit pavillon dit"des douze portes" disparut, malheureusement emporté par le tracé urbain de la nouvelle rocade bordelaise. Contre les offensives administratives locales de développement, une défense s'est mise en place pour protéger ces espaces verts baignés d'histoire. C'est ainsi que le 27 janvier 1975, le château de Francs fut officiellement inscrit à l'inventaire des monuments historiques[1] au sein du site classé.

Le château de Francs, appartenant à la famille de Bertrand Bastard de Crisnay, fils de Maurice (1916-1996) est ouvert à titre exceptionnel sur rendez-vous lors de visites privées et publiques répertoriées .

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA00083135, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Jacques Baurein, Variétés Bordeloises, t. 4, Bordeaux, , 1re éd. (lire en ligne) : livre 4 article 9, pages 125.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archives des villes de Bègles et Bordeaux publiées entre autres par Monique Roche, professeur des Arts (Bordeaux)
  • Archives privées de la famille Balaresque / Bastard de Crisnay
  • Les châteaux de la Gironde -1856- d'Henri Ribadieu

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Ressource relative à l'architectureVoir et modifier les données sur Wikidata :