Villa Laurens

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Château Laurens
Image illustrative de l’article Villa Laurens
Période ou style Art nouveau et orientaliste
Type Villa
Architecte Eugène Martial Simas, décorateur
Théophile Laumonnerie, décorateur
Début construction 1898
Fin construction 1900
Propriétaire initial Dr. Emmanuel Laurens
Destination initiale Habitation
Propriétaire actuel Ville d'Agde
Destination actuelle En cours de restauration
Protection Logo monument historique Classé MH (1996)
Patrimoine XXe s.
Site web http://chateau-laurens.ville-agde.fr/
Coordonnées 43° 19′ 04″ nord, 3° 28′ 18″ est
Pays Drapeau de la France France
Région historique Languedoc-Roussillon
Région Occitanie
Département Hérault
Commune Agde

Géolocalisation sur la carte : Agde

(Voir situation sur carte : Agde)
Château Laurens

Géolocalisation sur la carte : France

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Château Laurens

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(Voir situation sur carte : Languedoc-Roussillon)
Château Laurens

Historique[modifier | modifier le code]

Le Château Laurens aujourd'hui appelé villa, est un édifice construit à partir de 1898 par Emmanuel Laurens (1873-1959) à Agde. C'est un édifice éclectique où se croisent des séquences Art Nouveau et néo-grecques ainsi que de grands décors procédant de l'égyptomanie ou de l'Orientalisme [1].

Emmanuel Laurens naît dans une famille de maîtres maçons implantés à Agde depuis le 18e s. Son père est ingénieur, son oncle architecte de la Ville d'Agde[2]. En 1897 il hérite de l'immense fortune d'un lointain cousin, le baron de Fontenay. Au décès de son père survenu la même année il hérite de la parcelle de Belle-Isle sur laquelle il va ériger la Villa.

Fortuné, épris de voyage, collectionneur, mélomane, ami des arts, Emmanuel Laurens fait de sa Villa une sorte d'oeuvre d'art totale où se conjuguent architecture, décor, mobilier et art de vivre[3].

La Villa n'a pas livré tous ses secrets et ses artisans et artistes ne sont pas tous connus[4]. Citons toutefois le peintre Eugène Dufour qui réalisa les décors peints du grand salon. Un dessin monumental de Louis Anquetin constituait le plafond du bureau d'Emmanuel Laurens. La salle de bains est équipée d'une baignoire-piscine décorée de faïences des ateliers de Sarreguemines, due à Eugène Martial Simas[5]. Les vitraux des petits appartements sont signés Eugène Simas et Théophile-Hippolyte Laumonnerie.

Emmanuel Laurens commanda une partie de son mobilier à Léon Cauvy et Paul Arnavielhe, ébéniste à Montpellier. Une partie de ce mobilier a été racheté par la Ville d'Agde et est exposé au Musée Agathois Jules Baudou dans l'attente de sa réinstallation dans la Villa. Du mobilier Carlo Bugatti est par ailleurs attesté à la Villa.

Bien qu'encore peu connue du grand public, la Villa Laurens est un jalon majeur de l'histoire de l'architecture et des arts décoratifs au tournant des 19e et 20e s dans le sud de la France. Elle va ouvrir ses portes au public en 2020, après une campagne de restauration fondamentale[6].

Dans le cadre de la restauration du Salon de Musique dont les toiles murales n'ont pu être reposées, l'Etat a passé commande en 2015 à Wilfried Mille et Ida Tursic d'un décor monumental pérenne (Blow-Up[7]).


Après des décennies fastueuses, Emmanuel Laurens ne peut plus assumer la charge de la Villa et la vend en viager en 1938.

Pendant la seconde guerre mondiale, elle est occupée par des militaires allemands[8].

Louise Blot, qu'Emmanuel Laurens a épousée en 1921, meut en 1954. Lui décède en 1959.

Tombée à l'abandon, elle est rachetée en 1994 par la Ville d'Agde qui va bientôt l'ouvrir au public.



Protection[modifier | modifier le code]

L'ensemble de la villa avec son décor, y compris les constructions et aménagements du jardin (à l'exception de la partie ouest au-delà de la haie de thuyas, transformée en verger d'amandiers), incluant également les bassins, orangerie et pavillon de la turbine hydroélectrique avec son dispositif technique, fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [9].

Si l’architecture de la Villa n’a pas connu de modifications fondamentales depuis sa création, il en va différemment du mobilier et des éléments de décors portés (tentures etc…) qui ont été dispersés, mais qui ont partiellement réapparu dans des ventes publiques.

Dès 1994, puis en 1997, la Ville d'Agde a racheté un ensemble de meubles créés pour la villa et commandés par Laurens en 1898 : une banquette d’angle, un bureau, deux armoires, un fauteuil et quatre chaises au décor de cuir pyrogravé, réalisé par Léon Cauvy. L'ensemble de ce mobilier est classé au titre des monuments historiques[10], et pour l'instant exposé au Musée Agathois Jules Baudou.


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hélène Palouzié ; Catherine Dumon ; Dominique Larpin ; Laurent Félix ; Denis Millet ; Ida Tursic & Wilfried Mille Nejoud El Hihi ; Eric Ouley., La villa Laurens d’Agde et le renouveau du salon de musique, Montpellier, , 92 p. (ISBN 978-2-11-139313-4)
  2. Hélène Palouzié ; Catherine Dumon ; Dominique Larpin ; Laurent Félix ; Denis Millet ; Ida Tursic & Wilfried Mille Nejoud El Hihi ; Eric Ouley., , Montpellier, 2015. P. 22
  3. « La splendeur des Laurens », sur archipel.nologos.net (consulté le 28 août 2019)
  4. « Etudes Héraultaises » La restauration de la Villa Laurens d’Agde à la lumière des dernières découvertes » (consulté le 28 août 2019)
  5. Constance Desanti, « Lumière sur Eugène Martial Simas, décorateur oublié de la Belle Époque », (consulté le 12 novembre 2019)
  6. Travaux menés par la Communauté d'Agglomération Hérault Méditerranée. Contrôle scientifique et technique : CRMH Occitanie Montpellier. Le montant prévisionnel de la seconde tranche, commencée en 2017 s'élevait à 10 850 000 €.
  7. « Art contemporain en Languedoc-Roussillon », sur www.artcontemporain-languedocroussillon.fr (consulté le 28 août 2019)
  8. Michel Adge et Jean-Claude Richard, « Le Château Laurens sous l’occupation allemande de 1942-1944 »,  Revue d’Etudes Héraultaises 1997-1998 n° 28-29, pp 238-240
  9. Notice no PA00135387, base Mérimée, ministère français de la Culture
  10. Arrêté du 10 Octobre 2005.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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