Caesalpinia bonduc

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Caesalpinia bonduc est une espèce d'arbrisseaux de la famille des Caesalpiniaceae selon la classification classique, ou des Fabaceae (sous-famille des Caesalpinioideae) selon la classification phylogénétique.

Elle est originaire des régions tropicales d'Afrique[1], d'Amérique, d'Asie et d'Océanie.

Elle est connue sous les noms de z'yeux à chatte ou canique grise aux Antilles françaises, de cadoc à La Réunion et Maurice et d'accroche-coeur en Nouvelle-Calédonie[2].

Synonymes taxinomiques :

  • = Caesalpinia bonducella (L.) Fleming 1810 Asiat. Res. 11: 159
  • = Guilandina bonducella L. 1762 Sp. Pl. ed. 2, 1: 545
  • = Guilandina crista (L.) Small 1903 Fl. Southeastern US 591
  • = Guilandina glabra Griseb.

Étymologie:

Le terme de bonduc est emprunté[3] à l'arabe bunduq « noisette, aveline », qui serait lui-même dérivé du grec ποντικόν (κάρυον) « aveline » (littéralement « noisette du Pont ») par l'intermédiaire du persan.

Description[modifier | modifier le code]

Cet arbrisseau sarmenteux[4] d'environ un mètre de haut, est entièrement couvert d'épines courtes et très acérées, jaunâtres ou brunes, droites ou courbes de 2 à 4 mm.

Feuille bipennée de canique grise

Ses grandes stipules foliacées, profondément et irrégulièrement 3-4-lobées et persistantes, le distinguent d'une espèce proche, C. ciliata. Il possède de grandes feuilles de 30 à 70 cm de long, bipennées, un rachis pubescent, armé d'épines recourbées, 3 à 8 paires de folioles opposées, portant chacune 6 à 10 paires de foliolules ovées à elliptiques, à apex souvent mucroné.

Le racème axillaire très allongé (jusqu'à 60 cm), dressé, porte de nombreuses fleurs, à 5 pétales, jaunes ou brunâtres et 10 étamines. La floraison s'étale de septembre à janvier aux Antilles.

La gousse brun foncé, hérissée d'épines rigides (peu épineux chez C. ciliata), de 5-8 × 3-5 cm contient en général deux graines grises, ovoïdes, semblables à des yeux de chat.

Écologie[modifier | modifier le code]

Cette espèce pantropicale se rencontre sur les plages et les arrières-plages du littoral xéro-héliophile.

Elle constitue souvent des fourrés épineux impénétrables. En Nouvelle-Calédonie, cette espèce est considérée envahissante[5], cependant, sa présence compacte permet aussi d'abriter des animaux et de favoriser leur nidification[2].

Composition[modifier | modifier le code]

Les graines contiennent un isoflavonoïde, plusieurs diterpènes de cassane (césaldékarine A, la césalpinine B, les bonducellpines A-D…) et une bondénolide. Elles contiennent aussi environ 20 % d'huile surtout riche acide linoléique (68 %)[6] et possèdent des propriétés vésicantes.

Des extraits aqueux et à 50 % d'éthanol de graines ont manifesté une activité hypoglycémique chez le rat normal et antihyperglycémique significative chez le rat diabétique.

Utilisations[modifier | modifier le code]

Artisanat[modifier | modifier le code]

Les graines très esthétiques servent aux Antilles et en Nouvelle-Calédonie à confectionner des colliers[7],[2]. En Nouvelle-Calédonie, les graines servent aussi de jetons[2].

Elles sont aussi très utilisées dans les jeux africains d'awalé[1].

Pharmacopée[modifier | modifier le code]

Les graines renferment un principe actif, la bonducine, efficace contre la fièvre[réf. nécessaire].

En Afrique, dans toute l'aire de répartition de C. bonduc, les feuilles, l'écorce et les racines sont utilisées pour soigner la fièvre, les maux de tête et les douleurs de poitrine. Ils sont aussi utilisés comme vermifuge[6].

En Nouvelle-Calédonie, les racines sont utilisées en décoction pour soigner la blennoragie[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Bientôt l’Awélé (Caesalpinia bonduc) ! », La sorcière et le médecin,‎ (lire en ligne, consulté le 16 décembre 2017)
  2. a b c d et e Bernard Suprin, Mille et une plantes en Nouvelle-Calédonie, Nouméa, Editions Photosynthèse, , 382 p. (ISBN 9782952731638), p. 194
  3. CNRTL
  4. Jacques Fournet, Flore illustrée des phanérogames de Guadeloupe et de Martinique, Gondwana editions, Cirad,
    Tome 1 (ISBN 2-87614-489-1) ; Tome 2 (ISBN 2-87614-492-1)
  5. Vanessa Hequet, Mickaël Le Corre, Frédéric Rigault, Vincent Blanfort, Les espèces exotiques envahissantes de Nouvelle-Calédonie, IRD, Institut de Recherche pour le Développement, , 87 p. (lire en ligne), p. 17
  6. a et b Schmelzer, G.H. & Gurib-Fakim, A., Plantes médicinales, Vol 11, PROTA, sur Pl@ntUse
  7. Sastre C., Breuil A., Plantes, milieux et paysages des Antilles françaises. Ecologie, biologie, identification, protection et usages., Biotope, Mèze,


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