Centre d'entraînement aux actions en zone urbaine

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Vue de la rue du MASTTAC

Le centre d'entraînement aux actions en zone urbaine (CENZUB) sert à la formation au combat urbain des unités de l'Armée de terre française. Il a été ouvert en 2006 dans le camp de Sissonne, dans le département de l'Aisne, à l'emplacement de l'ancien hameau de Jeoffrécourt. Il reprend, à compter du 1er juillet 2014, le nom et les traditions du 94e régiment d'infanterie[1].

Principe[modifier | modifier le code]

On estime que pratiquement 50 % de la population mondiale réside dans des zones urbaines en 2010. Fort de cette estimation et de l'expérience des conflits des vingt dernières années (Somalie, Tchétchénie, Bosnie, Irak, Côte d'Ivoire…) l'Armée française a entrepris en 2004 la construction d'un centre interarmes d'instruction au combat en zones urbaines. L'objectif de ce centre est de permettre à des troupes (jusqu'à 250 hommes) provenant de toutes les armes, de s'entraîner de façon réaliste et intégrée au combat dans les villes et villages. Ce centre d'entraînement est situé dans le camp de Sissonne.

Historique du CENZUB[modifier | modifier le code]

Zone classée, mosquée.
  • Années 1990 : réflexion sur le nécessité de la création d'un tel camp au sein de l'Armée de terre à la suite de l'engagement de la France dans le conflit des Balkans.
  • 1999 : décision de la création d'un centre d'entraînement unifié pour l'armée de Terre.
  • 2003 : choix du camp de Sissonne pour accueillir cette structure.
  • 2004 : début de la création du CENZUB, de l'agrandissement du village de combat existant.
  • 2006 (septembre) : ouverture du CENZUB avec passage de la première compagnie au centre (une compagnie du 1er régiment de chasseurs parachutistes).
  • début 2008 : début de la création de la ville de Jeoffrécourt.
  • 2011 : ouverture du CT ZUB.
  • 2012 : livraison de Jeoffrécourt.
  • 2015 : fin des travaux initiaux du CENZUB, pleinement opérationnel.

Moyens[modifier | modifier le code]

Le centre opérationnel.
Un des quatre AMX-30B2 en camouflage urbain en 2016.

La FORAD (« force adverse ») désigne une centaine de militaires en treillis noir jouant le rôle d'ennemi lors des exercices ; l'unité est polyvalente, reconstituant soit une force conventionnelle, soit une milice, soit une population civile.

Cette compagnie FORAD interarmes s'articule autour de deux sections d'infanterie sur VAB ou AMX 10 P, d'un peloton de quatre chars (AMX-30 B2 jusqu'en 2017/2018), Leclerc ensuite et ERC 90 D et d'une section de génie équipée d'EGRAP et d'EBG, ainsi que d'une section commandement organisée autour d'un TC1. Cette unité, maitrisant parfaitement le combat AZUR, riche d'une expérience acquise grâce aux retours d'expérience de ses soldats projetés dans tous les théâtres d'opérations, présente d'une manière remarquable l'importance du principe de subsidiarité indispensable au combat urbain.

MASTTAC[modifier | modifier le code]

Le MASTTAC (module d'acquisition des savoir-faire techniques et tactiques) est une rue où les maisons ont été construites sans toits. En lieu et place, des passerelles permettent aux instructeurs de se déplacer au-dessus des élèves afin d'apporter les corrections en temps réel et en ayant une bonne vision d'ensemble.

Beauséjour[modifier | modifier le code]

Le village de Beauséjour est constitué de 63 maisons, toutes différentes, de nombreux obstacles (barrières, barricades, gravats), de différents types de rues (larges, étroites, en S ou dégagées). Il a un objectif principal d'instruction. Il se compose de différents modules :

  • le village en lui-même ;
  • une zone de bidonville dans laquelle il est impossible d'entrer avec des véhicules ;
  • un camping formé de caravanes ;
  • une rue créée à partir de conteneurs 20 pieds pour réviser les savoir-faire ;
  • un hameau défensif destiné à présenter les différentes façon de « durcir » un bâtiment (installation de sacs de sable dans les étages, piégeage, etc.).

Dépôt[modifier | modifier le code]

Le dépôt de munitions, un ancien dépôt qui sert notamment aux restitutions des savoir-faire tactiques (progression en unité constituée).

Les Thuillots[modifier | modifier le code]

Le quartier des Thuillots est un ancien quartier militaire situé dans le camp, encore partiellement occupé, notamment par les ateliers mécaniques du CENZUB, permettant de simuler les abords d'un village (bois, route, champs, voie ferrée) et la prise de plusieurs grosses bâtisses.

Jeffrécourt[modifier | modifier le code]

Jeoffrécourt reconstitue une petite ville de 5 000 habitants, avec des bâtiments hauts, deux zones pavillonnaires, un petit centre-ville, des zones commerciales… Il permettra d'engager simultanément des moyens humains, de cavalerie, d'artillerie, de génie et même des moyens aériens. Il a un objectif principal d'entraînement et de restitution. Il a repris le nom d'un ensemble de fermes qui se trouvait à cet endroit et fut détruit lors de la construction du camp en 1900[2].

CT ZUB[modifier | modifier le code]

Le CT ZUB (complexe de tir en zone urbaine) est un champ de tir permettant la pratique du tir dans un environnement urbain pour rendre l'entraînement encore plus réaliste.

Déroulement d'un séjour[modifier | modifier le code]

Le séjour au CENZUB est prévue pour un « S-GTIA » (sous-groupement tactique interarmes) correspondant à une compagnie d'infanterie renforcée d'un peloton de chars, d'une section du génie ainsi que d'autres éléments, le cas échéant (maîtres-chiens, patrouille d'hélicoptères, patrouille de chasse).

Coûts[modifier | modifier le code]

Le coût de fabrication du CENZUB est estime à 80 millions d'euros. Ces coûts prennent en compte la construction des trois sites, mais aussi la dépollution et la préparation du site, ainsi que la construction des différents bâtiments de commandement et de soutien.

Pour des raisons financières et technologiques, l'instrumentation du site (permettant de simuler plus efficacement les tirs, de déterminer les dégâts, mais aussi de reconstituer les combats devant leurs acteurs pour analyse) a été repoussée en 2015.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]