Céleste Bouglé

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bouglé et Céleste.
Ne doit pas être confondu avec Célestin Bouglé.
Céleste Bouglé
Description de l'image Céleste_Bouglé_1854-1933.jpg.
Nom de naissance Céleste Aristide Bouglé
Naissance
Vouillé (Vienne)
Décès (à 79 ans)
Toulon (Var)
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la Suisse Suisse
Profession
Médecin dosimétriste
Activité principale
Médecin
Autres activités
Écrivain
Ascendants


  • François B. 1800
  • Hortense Vanderweyde 1808
Conjoint
Marie Eugénie Barès 1858
Descendants
  • Louis Jules Jean Marius B. 1880
  • Célestin Marius Aristide B. 1881
  • Marie-Louise B. 1885
  • Jeanne Clémence B. 1888


C. Bouglé, de son nom complet Céleste Pierre Aristide Bouglé[1], né à Vouillé (Vienne) en 1854 et mort à Toulon en 1933, est un médecin dosimétriste[2] adepte d'un strict hygiénisme moral[3], courant de pensée en vogue au XIXe siècle.

Il est un parent éloigné du sociologue français Célestin Bouglé[4]. Les deux hommes sont régulièrement confondus dans le catalogue de certaines grandes bibliothèques de France et de Suisse principalement[5], confusion provoquée par le fait que Céleste Bouglé[6] signait ses ouvrages d'un simple « C. Bouglé », l'ambiguïté étant en partie levée quand il signe « Dr. Bouglé » ou « C. Bouglé, Dr ».
Céleste Bouglé a en effet écrit un certain nombre d'ouvrages, portant sur la médecine, et non sur la sociologie comme c'est le cas pour Célestin Bouglé[7].

Céleste Bouglé le « sulfureux »[modifier | modifier le code]

Les publications de cet homme n'ont pas toujours été du goût de tout le monde. Les 6 et 7 décembre 1884, le journal Suisse, L'Impartial, de La Chaux-de-Fonds (Canton de Neuchâtel)[8], rapporte la petite vague médiatique et judiciaire qu'a suscité à l'époque ses deux premières œuvres :

« L’IMPARTIAL - 6 décembre 1884

Chaux-de-Fond, le 4 décembre 1884, Monsieur de Rédacteur de l'Impartial,

Au moment où, après Genève et Vaud, pour la troisième fois, un canton suisse, le nôtre, a expulsé le sieur Bouglé, ci-devant à la Chaux-de-Fonds, ce dernier a déclaré qu'il se vengerait. Il vient de tenir parole, en publiant sous un faux nom, un volume pornographique au premier chef, pour lequel il sera vraisemblablement poursuivi d’office. Dans cette brochure, le pseudo médecin, qui se trouve porteur de titres américains, attestant des études faites à Lyon, fait l’éloge du titre « L’art de se tuer ».

...dans ce nouvel ouvrage, diverses personnes, habitant les villes dont B. a été expulsé, sont lâchement insultées et calomniées sous le voile du pseudonyme...

L’IMPARTIAL - 6 décembre 1884. Monsieur de Rédacteur de l'Impartial,

Il y a quelques mois nous signalions l’apparition d’une brochure ordurière à l’adresse de la Suisse romande. Le triste personnage — auteur de cet écrit — qui essayait de se dérober sous le faux nom de « A. des Roberts, à New-York », n’était autre que le charlatan Bouglé. Cet être — dont le casier judiciaire est loin d’être vierge — mis en goût par son premier « chef-d’œuvre », vient de lancer un nouveau pamphlet, que nous ne prendrons pas la peine de qualifier. ... l’auteur des deux pamphlets en question n’est autre que le nommé : « Pierre-Aristide-Céleste Bouglé », né en 1854 à Vouillé, arrondissement de Poitiers, Vienne (France).
... »

En décembre 1898, à la suite d'articles écrits dans le journal L'Ane (tribune libre de Neuchâtel), C. Bouglé est l'objet d'un procès en diffamation contre un certain Docteur Théophile Probst[9].

Céleste Bouglé l'éclectique[modifier | modifier le code]

Outre sa qualité de médecin dosimétriste déjà évoquée, C. Bouglé s'est intéressé à l'ésotérisme, il obtient le grade de Chevalier de la Croix Blanche dans l'Ordre des chevaliers du temple-[10] et, à partir de 1882, fut admis comme membre de l'Accademia Pitagorica de Naples[11].

Confusion de prénom[modifier | modifier le code]

Comme dans le catalogue de certaines grandes bibliothèques de France et de Suisse, Céleste Bouglé est régulièrement confondu avec son homonyme Célestin Bouglé.
Un exemple d'une telle confusion est illustré dans un essai de l'historien Michel Winock, datant de 1997, lequel affirme qu'en Janvier 1898 Céleste Bouglé figurait dans le journal Le Temps parmi les premiers signataires d'une liste protestataire, demandant la révision du procès Dreyfus, à côté notamment d'Emile Zola, Anatole France, Émile Duclaux Directeur de l'institut Pasteur et Marcel Proust[12]. Or, dans sa feuille du 15 janvier 1898, ledit journal, quotidien français publié à Paris entre 1861 et 1942, montre effectivement une liste dans laquelle, parmi d'autres noms, ne figure qu'un simple « C. Bouglé »[13]. Ce co-signataire est plus vraisemblablement Célestin Bouglé Professeur de sociologie à Paris plutôt que Céleste B. Médecin français qui de surcroît à cette époque exerçait en Suisse.

La même erreur apparaît dans un livre du sociologue américain Robert Nisbet dans lequel « Essai sur le régime des castes » publié en 1908 par Célestin B. est attribué à « Celeste Bouglé » [14].

Dans un site web d'hébergement et de partage, SlideShare, voici à nouveau Célestin confondu avec Céleste, à côté, notamment, du sociologue Lucien Levy-Bruhl[15].

Œuvres[modifier | modifier le code]

En français[modifier | modifier le code]

En italien[modifier | modifier le code]

Deux titres, Les vices du peuple et Sécurité des sexes, ont fait l'objet de traductions en italien par Giuseppe Vittorio Germani :

  • I vizi del popolo : frode, passioni, amore, benessere : non piu contagio ne aborti, Roma, Tipografia cooperativa sociale, trad. G.V. Germani, 1907, 212 pages
  • Sicurta dei sessi : Frodi, passioni, amore, benessere. Roma, Tipografia cooperativa sociale, trad. G.V. Germani, 1909, 234 pages.
  • I vizi del popolo : frodi passioni amore benessere. Roma, Filippucci, trad. G.V. Germani, 1912, 224 pages.

Voir l'ICCU (Institut central du catalogue unique), Service bibliothécaire national (SBN)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Au sujet de l'onanisme et des maladies vénériennes voir aussi certains personnages cités par Céleste Bouglé :

  • Gerard van Swieten, 1700-1772 : composa une liqueur à base de mercure sensée traiter la syphilis
  • Samuel Auguste Tissot, 1728-1797 : L'onanisme. Dissertation sur les maladies produites par la masturbation, Paris, 1817, réédité en 1998
  • Jacques-Louis Doussin-Dubreuil, 1762-1831 : Des Égarements secrets, ou de l'Onanisme chez les personnes du sexe, Paris, 1828
  • Philippe Ricord, 1800-1889 : Traité des maladies vénériennes, Paris, 1838-1866

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir actes de naissance et de décès, confrontés à l'article de L'Impartial (La Chaux-de-Fonds) des 6 et 7 décembre 1884
    Les prénoms de C. Bouglé
    L'Impartial 1884
    Naissance de C. Bouglé
    Décès de C. Bouglé.
  2. Dans l'Art de se tuer il signe : « Dr Bouglé - Médecin dosimétriste (médaillé à Paris) » et fait un vibrant hommage à « Monsieur le Docteur Burggraeve »
    L'Art de se Tuer 1882) V01.jpg
  3. Beaucoup de ses ouvrages portent sur les maladies vénériennes et les mauvaises mœurs. En particulier l'onanisme est cause, selon lui, de la mauvaise santé des personnes de son époque. Voir Hygiénisme moral et Répression de la masturbation
  4. En droit civil Céleste et Célestin sont parents au neuvième degré : voir l'arbre généalogique ci-après
    Généalogie Bouglé
  5. « Article en chinois sur le J'accuse de Zola et les intellectuels français au début du [[XXe siècle|XXe siècle]] », sur http://lz.book.sohu.com On y parle de Célestin Bouglé sous le nom de Céleste Bouglé.
  6. Voir note précédente concernant Céleste Aristide Bouglé
  7. « Liste des principaux ouvrages de Céleste Bouglé », sur http://www.worldcat.org (consulté le 24 août 2009)
  8. RERO - L'Impatial du 7-12-1884
  9. Procès Th. Probst contre C.-A. Bouglé, Neuchatel (Suisse), 1898
    Théophile Probst contre C.-A. Bouglé, 1898
  10. Voir : Ordre des Chevaliers du Temple
  11. Société savante fondée à Naples en 1973. Voir : Dizionario biografico de' soci dell'Accademia Pittagorica compilé par Felice Caivano-Schipani- Napoli, 1884, page 178. Catalogue ICCU Id-0409352
  12. Michel Winock, Le siècle des intellectuels, Seuil, (ISBN 978-2-0213-4238-3, lire en ligne), p. 20
  13. Le Temps, « Une protestation », (consulté le 14 septembre 2017)
  14. (en) Rovert A. Nisbet, The Sociogocal Tradition, Basic Books, New York, , 349 p. (lire en ligne), p. 262
  15. (es) SlideShare, « Filosofia del valor esquema », (consulté le 17 septembre 2017) : « Celeste Bougle (1870-1940) » : si le prénom est erroné, par contre dates et thématique (la sociologie), désignent bien Célestin et non Céleste.
  16. Voir : Supplément du Conteur Vaudois (Journal de la Suisse Romande N°3 17/01/1885
  17. WorldCat OCLC 718255749
  18. Le Mans-Médiathèque Louis-Aragon, Bibl.Patrimoine, Fonds anciens
  19. C. Bouglé, « L'Homme et ses dieux », Paris, René Debresse, (consulté le 10 mai 2010)