Herman Boerhaave

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Herman Boerhaave
Portrait de Herman Boerhaave

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Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à LeydeVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à LeydeVoir et modifier les données sur Wikidata
Enterrement Église Saint-PierreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité(s) Pays-BasVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université de Leyde et université de HarderwijkVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession(s) Philosophe, botaniste, médecin, anatomiste (d), professeur et chimisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinction(s) Membre de la Royal Society (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Royal Society et Académie des sciencesVoir et modifier les données sur Wikidata

Herman Boerhaave, de son vrai nom Boerhaaven, (, Voorhout près de Leyde, Leyde) est un botaniste, médecin et humaniste hollandais. Sa médecine clinique, fondée sur une observation minutieuse de l'état des patients au long de la cure, annonce le déclin de l’iatrochimie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille de commerçants modestes de Leyde. Son père, Jacques Boerhaave, était pasteur du village de Voorhout, attenant à Leyde. C'était un érudit qui connaissait le latin, le grec et l'hébreu. En 1663, il épouse Hagar Daelder, fille d'un marchand d'Amsterdam, qui lui donne 5 filles et un garçon, Herman en 1668. Elle décède en 1673. Jacques Boerhaave épouse en secondes noces Eve Dubois, fille d'un marchand de Leyde, qui lui donne 3 enfants. Dans un abrégé qu'il fit de sa vie, Herman la considère, lui et ses sœurs, comme leur véritable mère, disant qu'ils vécurent ensemble dans la tendresse et l'harmonie. Il dédiera d'ailleurs son traité de chimie à son demi-frère Jacques Boerhaave (même prénom que son père)[1].

Son père lui fait apprendre très tôt les langues savantes, le destinant à devenir pasteur. A l'âge de 11 ans, il est déjà très instruit en latin, grec et histoire universelle. En 1682, à l'âge de 14 ans, il se rend à Leyde pour compléter ses études et faire ses humanités. Il se distingue tellement qu'il fait sa Rhétorique à quinze ans[2]. Il est âgé d'à peine 16 ans lorsque son père décède, laissant peu de biens : il se retrouve chargé de famille (sa belle-mère et 8 enfants). Un ami de son père le recommande chaudement à Van Alphen, bourgmestre de Leyde, qui lui procure avec générosité les ressources qui lui manquent[1].

Études universitaires[modifier | modifier le code]

Il étudie avec ardeur l'hébreu, le chaldéen, l'histoire, la philosophie, la géographie, la théologie, les mathématiques, etc., et ne se livrera exclusivement à la médecine qu'à l'âge de vingt-deux ans. Il prend du goût pour les sciences, et rêve d'abord d'être à la fois pasteur (selon les vœux de son père) et médecin.

En 1688, à l'âge de 20 ans, il obtient une médaille d'or de la ville de Leyde dans une épreuve de discours académique sur Cicéron réfutant Epicure sur le souverain bien. En 1689 il devient docteur en philosophie à l'université de Leyde. Dans sa thèse, intitulée De distinctione mentis a corpore, il soutient la distinction de l'âme et du corps en critiquant les doctrines d'Épicure, de Thomas Hobbes et de Spinoza.

« Ce monstre d'incrédulité, Spinoza, dont l'athéisme ressemble assez au labyrinthe de Dédale, tant il y a de tours et de détours dans son système. Mais Boerhaave le suit partout, et partout il porte la lumière ; plus fort qu'Hercule, il abat d'un seul coup toutes les têtes de l'hydre qu'il attaque. Ceux qui liront cette dissertation, auront peine à croire qu'elle soit l'ouvrage d'un jeune homme[1]. »

Il exerce la fonction de pasteur, tout en donnant des leçons de mathématiques pour poursuivre ses études. Son intérêt pour la médecine proviendrait du fait qu'il fut atteint d'un ulcère à la cuisse, à l'âge de 13 ans, rebelle à tous les traitements durant plus de 7 ans. Boerhaave décida alors de se traiter lui-même, il se guérit en peu de temps en humectant son ulcère avec son urine et du sel. En conséquence, ses études de médecine sont en majeure partie celles d'un autodidacte[1].

Hermann Boerhaave lut tous les livres de médecine, en commençant par l'Anatomie de son époque (Vésale, Fallope, Bartholin...). Il suit les dissections de Frederik Ruysch (1638-1731), il travaille chez lui ses propres dissections particulières. Puis il aborde tous les médecins anciens, en les lisant par ordre chronologique, et termine en faisant de même avec les médecins modernes. Il aurait eu le don de la lecture rapide, mais restant soignée et exacte[1]. Il en conclut que tout ce qu'il y a de bon se retrouve dans deux auteurs : Hippocrate chez les anciens, et Sydenham chez les modernes.

Il s'applique ensuite à chimie, puis à la botanique, apprenant tout ce qu'on pouvait savoir de son temps, mais en voulant aussi voir par ses propres yeux et toucher de ses propres mains. Reçu docteur à Harderwijk dans le Gueldre en 1693, il revint à Leyde pour apprendre qu'une rumeur le concernait : il serait devenu athée et adepte de Spinoza. Très affecté par la jalousie de ses rivaux en théologie, il abandonne l'idée de rester pasteur pour ne devenir que médecin[1]. Au bout de quelques années, grâce à l'appui de ses amis, il est appelé à suppléer le professeur de médecine Charles Drelincourt le jeune (1633-1697), son ancien maître.

C'est alors qu'il commença ces célèbres leçons qui lui attirèrent des auditeurs venus de tous les pays.

Professeur de plusieurs chaires[modifier | modifier le code]

En 1701, il entre à l'Institut de médecine de Leyde, comme successeur de Drelincourt à la chaire de Théorie médicale. Dans son discours inaugural, De commendando Hippocratis studio, il affirme prendre le médecin grec comme modèle. En 1709, il devient professeur titulaire de médecine , et il est peu après chargé de la botanique à l'université de Leyde. Il augmente considérablement les collections du jardin botanique de sa ville (de 1 000 à plus de 2 000 espèces en l'espace de dix ans) et publie de nombreux travaux sur la description de nouvelles espèces de plantes, dont le genre Pavia qu’il nomma ainsi afin d’honorer Pieter Pauw, un autre botaniste hollandais. Grâce à l'expansion coloniale de son pays, Boerhaave peut demander à des expatriés, notamment parmi les employés des compagnies hollandaises des Indes, de lui envoyer des végétaux exotiques.

En 1714, il est nommé Recteur de l'Université de Leyde. La même année, il succède à Govard Bidloo (1649-1713) à la chaire de médecine clinique, ce qui lui permet de mettre en œuvre ses idées sur un nouveau système d'enseignement de la clinique, plus moderne. Plus tard, en 1718, il obtient également la chaire de chimie, qu'il occupait du reste comme suppléant depuis quinze ans. Dès cette année, Boerhaave enseigne les idées de Rudolf Jakob Camerarius sur la sexualité des végétaux. Enfin, continuant la tradition du célèbre François de Le Boë (1614-1672), il fit ouvrir aux étudiants un hôpital où, deux fois par semaine, il leur fit une véritable clinique.

Il cumule avec succès et distinction les fonctions de Recteur et de Professeur de quatre chaires simultanément. A lui seul, il fait de l'Université de Leyde, l'Université médicale la plus influente d'Europe durant la première moitié du XVIIIe siècle. Il est reconnu partout comme le communis Europæ præceptor [3] ou le magister totius Europae[4].

Malgré le régime hygiénique qu'il s'était imposé, Boerhaave fut atteint d'un accès de goutte compliqué de paralysie en 1722 ; son retour à l'enseignement fut salué comme un bonheur public, et le soir, toute la ville fut spontanément illuminée. De nouvelles attaques, en 1727 et en 1729, l'obligèrent en 1730 de se démettre de ses fonctions. En 1728, il fut élu à l'Académie des sciences de Paris comme associé étranger, et deux ans plus tard à la Royal Society de Londres.

Une dernière maladie l'emporta en 1738, à l'âge de près de 70 ans. Tranquille au milieu de ses souffrances, il consolait sa famille et ses amis affligés. Il laissa à sa fille unique, lui qui fut un jeune étudiant nécessiteux, des biens d'une valeur de deux millions de florins[1].

La ville de Leyde éleva un monument à sa mémoire dans l'Église Saint-Pierre. C'est une urne sur un piédestal de marbre noir dont le chapiteau est entouré d'une draperie de marbre blanc. Entre l'urne et son piédestal se trouve un groupe de 6 têtes, 4 représentant les âges de la vie et 2 les sciences. Sur le marbre blanc, se trouvent des emblèmes de maladies et de leurs remèdes. Une face du piédestal porte un médaillon avec le portrait de Boerhaave en cheveux gris, avec sa devise Simplex sigillum veri (la vérité toute nue, ou la simplicité marque la vérité). Le bas du piédestal porte le salut de la ville de Leyde : Salutifero Boerhaavii Genio Sacrum.

Son rôle en sciences et médecine[modifier | modifier le code]

Apports scientifiques[modifier | modifier le code]

En médecine (savoir positif), Boerhaave n'a fait aucune découverte importante[3]. On lui doit cependant deux observations anatomo-cliniques (autopsies de patients décédés de leur maladie), en 1724 celle du baron de Wassenaer, mort d'une rupture de l'oesophage provoquée par un émétique ( syndrome de Boerhaave ) ; en 1728, celle du marquis de Saint-Alban, mort d'une tumeur médiastinale[5]. Ce sont les premières mentions historiques de ces pathologies.

Il fut aussi le créateur de la chaise rotative. Selon lui on pouvait guérir des troubles mentaux (idées fixes) en installant le patient sur une chaise et en le faisant tourner jusqu'à ce qu'il devienne inconscient[6].

Toujours du point de vue savoir positif, son apport est plus important en botanique et en chimie. Il joue un rôle considérable dans l'émergence de la botanique moderne, notamment en rapprochant cette discipline de la zoologie, premier pas vers la création d'une discipline commune : la biologie. En chimie, il décompose le sang, le lait et tous les fluides animaux. Il introduit des méthodes quantitatives exactes et fait de patientes recherches sur le mercure.

Il est partisan d'une séparation de la chimie et de la médecine, il s'oppose à la iatrochimie en refusant de réduire l'activité du corps à la dualité acides-alcalis, aux fermentations et aux distillations[3]. Il déclare à ce propos qu'il faut corriger les erreurs de la chimie, par la chimie elle-même. Dans son Traité des menstrues (c'est-à-dire des dissolvants), il développe le concept d'affinité chimique, en parlant d'amitié, sans y donner un caractère affectif. Il s'agit d'un phénomène physique, d'une force mécanique et universelle de type Newtonien qui s'exerce entre les particules de différents corps. Toutefois il n'a pas dressé de tables d'affinité, comme Etienne Geoffroy[7].

Rénovation de l'enseignement médical[modifier | modifier le code]

Depuis 1681, sous l'impulsion de Charles Drelincourt le jeune, l'Université de Leyde enseignait la médecine d'une nouvelle manière. Les cours magistraux ne s'organisent plus autour des grands auteurs médicaux (les Autorités au sens médiéval du terme), mais autour de sujets médicaux qui seront ultérieurement illustrés par des examens de malades et des autopsies[8].

Boerhaave développe pleinement cette nouvelle tendance. Il est ainsi considéré comme le fondateur de l'hôpital académique moderne et de la médecine clinique, ou plus exactement de l'enseignement médical au chevet des malades. Sa renommée parmi ses contemporains est immense : lorsque Pierre le Grand vient dans les Pays-Bas en 1715, il assiste à ses cours. De fait, son enseignement pratique, exposé à partir du cas des malades d'un hôpital d'une douzaine de lits à Leyde, est suivi par des étudiants venus de toute l'Europe.

Dans son dictionnaire historique (1778), Eloy donne de long extraits d'un témoignage d'un élève de Boeerhave, sur ces cours magistraux et ces leçons hospitalières :

Pour assister à ses cours (qui étaient publics), il fallait arriver plus d'une demi-heure à l'avance pour trouver place assise. Boeerhave parle sans notes, sauf pour les cours de chimie où il a un cahier, sans jamais être embarrassé ou devenir obscur. Il débute par les principes simples, en variant son style et ses gestes. En empathie avec son public, il semble apprendre lui-même avec ceux qu'il instruit. Il fait comprendre rapidement et retenir longtemps. Il réveille l'attention par des comparaisons, des histoires et des anecdotes servant d'exemples ou de preuves. De ses cours « jamais on n'en sortait, sans se sentir pénétré d'une satisfaction intime, fruit de l'augmentation des connaissances qu'on venait d'acquérir »[9].

Boerhaave s'inscrit ainsi à l'aube du siècle des Lumières, préoccupé d'éducation et de pédagogie. Les cours publics de cette époque sont destinés à convaincre et instruire, mais en mettant l'accent sur le plaisir et la séduction. « Par nature oratoires et démonstratifs, ils se rapprochent du spectacle avec lequel il leur arrive de se confondre entièrement »[10] .

Boeerhave donne ces cours quatre jours par semaine, dont une heure par jour consacré aux démonstrations de botanique en jardin académique en été, et de chimie en laboratoire l'hiver. Deux jours par semaine, il donne ses leçons de clinique dans un hôpital ouvert aux étudiants. Il visite les malades avec ses élèves. Au lit de chaque patient, il explique ses principes et sa méthode.

Il détaille d'abord les circonstances de vie du patient, et de découverte de sa maladie. Puis il fait remarquer longuement les symptômes et les signes. Il passe à la recherche de la cause et du genre de maladie quand c'est possible. Il en vient au pronostic, sur ce qu'il y a à craindre et à espérer. Il termine par le traitement et ses indications, ses succès et ses échecs. Les étudiants étaient ainsi conviés à se régler sur cette pratique méthodique et raisonnée[9].

Le système de Boerhaave[modifier | modifier le code]

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On a classé Boerhaave parmi les iatro-mécaniciens ; le fait est que si, par suite de connaissances spéciales, il a fait une large part aux mathématiques, que Giovanni Alfonso Borelli et Archibald Pitcairne avaient mises à la mode, il fut surtout en réalité un véritable éclectique.

« Le système de Boerhaave a régné plus longtemps dans la science que ceux de ses deux rivaux de gloire, F. Hoffmann et Stahl, et si le professeur de Leyde dut en partie cette supériorité à la séduisante harmonie de sa doctrine, à l'éloquence de ses leçons, il le dut aussi aux illustres disciples sortis de son école, aux Haller, aux De Haen, aux Van Swieten, qui remplirent le XVIIIe siècle de la gloire de son nom. » (Louis Émile Beaugrand).

Louis Émile Beaugrand décrit plus longuement sa classification des maladies dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Herman Boerhaave admet des maladies des solides ou organiques, et des maladies des liquides ou humorales :

  1. Relativement aux premières, descendant par l'analyse à la fibre élémentaire, partie simple ou similaire, il reconnaît que cette fibre, suivant le degré de cohésion des particules qui la constituent, peut être trop forte, trop faible, trop tendue ; dès lors les organes formés de fibres élémentaires, les grands vaisseaux, les viscères, peuvent être également faibles et lâches, ou fort et durs.
  2. Les maladies des humeurs dépendent de l'acidité, de l'alcalinité et de la viscosité ou état glutineux. Ces états sont surtout imputables à la nature des éléments.
  3. Il y a encore des maladies engendrées :
    1. Par l'excès de la circulation ; c'est ainsi que la fièvre est produite par l'accélération des mouvements du cœur (principe des mouvements vitaux), ce qui a lieu quand l'encéphale y envoie une plus grande quantité d'esprits, ou que le sans veineux y arrive par trop d'impétuosité ou charrie des matières acres, salines, acides, etc.
    2. Par le défaut de la circulation ou pléthore, il y a des maladies composées dont la plus simple est l'obstruction causée par un défaut de proportion entre la masse des liquides et le diamètre des vaisseaux que ce liquide doit traverser. Or un vaisseau se rétrécit, quand il est comprimé de l'extérieur, par ses propres contractions, ou par l'épaississement de ses membranes. La masse des molécules liquides s'augmente par la viscosité la plus grande du fluide, ou par l'erreur de lieu, c’est-à-dire quand les globules sanguins s'engagent dans un vaisseau trop étroit vers son extrémité pour que le fluide puisse y circuler.

Tout ceci est entièrement du domaine de l'hypothèse et emprunté aux idées des méthodistes combinées avec celle des systématiques plus récents, chimistes et mathématiciens.

Influence mondiale[modifier | modifier le code]

Directement ou par ses élèves, Boerhaave exerce une influence non seulement dans toute l'Europe, mais aussi dans l'Empire Ottoman, en Chine, et en Amérique.

Ses élèves diffuseront ses pratiques en retour dans les grandes villes européennes : c'est le cas du Suisse Albrecht von Haller qui fonde l'Université de Göttingen (1733) sous l'égide de l'empereur Charles VI ou de Gerard Van Swieten à l'Ecole de Vienne, à la demande de l'impératrice Marie-Thérèse[11]. Plusieurs souverains d'Europe se disputent ainsi les élèves de Boerhaave[3].

Boerhaave a eu aussi une forte influence sur l'Université d'Édimbourg en Ecosse, par son élève Alexander Monro (1697-1767)[12] qui fonde l'école médicale de cette Université en 1726[13],[14]. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, l'école médicale d'Édimbourg éclipsera celle de Leyde . C'est à Edimbourg que se forment les futurs médecins américains, comme John Morgan (1735-1789), lui-même fondateur de l'école de médecine (1765) de l'Université de Pennsylvanie, et qui publie la même année un Discourse upon the Institution of Medical Schools in America[13].

En France, Boerhaave a peu d'influence immédiate sur les institutions médicales. L'Université de Paris reste un bastion de la vieille médecine de Galien. Un des élèves de Boerhaave, et son traducteur en français, est de La Mettrie connu pour l'Homme-Machine (1747). Les idées de Boerhaave seront reprises, de façon retardée et avec d'autant plus de forces, après la Révolution Française. Lorsque Napoléon Ier, se rend à l'école médicale de Leyde en 1811, il demande aux médecins : « A quel système vous rattachez-vous ? celui de Boerhaave ou celui de Brown ? »[15]. Les principes d'enseignement de Boerhaave auront une forte influence sur la nouvelle école de Paris dans la première moitié du XIXe siècle[16].

A Constantinople, ses Institutiones rei medicæ et Aphorismi sont traduites en arabe, on raconte que les médecins du Grand Sultan sont obligés de les connaitre par cœur[3].

On raconte aussi qu'un savant de la Chine lui écrivit un jour une lettre, dont l'adresse était « À l'illustre Boerhaave, Médecin en Europe », et que la lettre lui parvint[1].

Publications[modifier | modifier le code]

Aphorismi de cognoscendis et curandis morbis, 1728

Ses élèves ont en outre publié sous son nom : Methodus discendi medicinam, revu par Haller, 1751. On lui doit un grand nombre d'éditions d'ouvrages anciens ou nouveaux, entre autres les éditions d'Arétée de Cappadoce, Leyde, 1731, et de l'Historia insectorum de Jan Swammerdam, 1737. Ses œuvres complètes ont paru à Venise en 1766, in-4.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h N.F.J Eloy, Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne, t. 1, Mons, , p. 370-386
    Edition fac-similé, Bruxelles, Culture et Civilisation, 1973.
  2. « faire sa Rhétorique » au XVIIe siècle, c'était à peu-près « obtenir son Bac » au début du XXIe siècle.
  3. a, b, c, d et e R.G. Mazzolini, Les lumières de la raison : des systèmes médicaux à l'organologie naturaliste., Seuil, (ISBN 978-2-02-115707-9), p. 99-101.
    dans Histoire de la pensée médicale en Occident, volume 2, De la Renaissance aux Lumières.
  4. M.D. Grmek, La première révolution biologique, Payot, (ISBN 2-228-88277-1), p. 138.
  5. G.B. Risse, L'anatomie et la clinique, Seuil, (ISBN 978-2-02-022140-5), p. 187.
    dans Histoire de la pensée médicale en Occident, volume 2, De la Renaissance aux Lumières.
  6. R. Porter, p.426, signale l'existence de chaises rotatoires destinées à libérer les idées fixes, comme faisant partie des traitements physiques de maladies mentales, dans le cadre d'une médecine mécaniste de la folie au XVIIIe siècle, sans mentionner expressément Boerhaave.
  7. M. Daumas, Histoire de la science, Des origines au XXe siècle, Gallimard, coll. « Encyclopédie de la Pléiade », , p. 938-939
  8. (en) A. Wear, Medicine in Early Modern Europe, 1500-1700., Cambridge University Press, (ISBN 0-521-47564-3), p. 361
    dans The Western Medical Tradition, 800 BC to AD 1800.
  9. a et b cité par Eloy, op.cit, p.375. de Maty, Eloge critique de Boerhaave, Leyde, 1747, in-octavo.
  10. B. Belhoste, Histoire de la science moderne, De la Renaissance aux Lumières, Armand Colin, (ISBN 978-2-200-61318-1), p. 219-220.
  11. Albane Cogné, Stéphane Blond, Gilles Montègre, Les circulations internationales en Europe, 1680-1780, Atlande, 2011, p. 277
  12. Il s'agit d'Alexander Monro I, car il y a eu 3 Alexander Monro (I, II, et III), descendants de père en fils, tous trois professeurs d'anatomie se succédant au même poste durant 120 ans, de 1726 à 1846.
  13. a et b (en) R. Porter, The Eighteenth Century, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-47564-3), p. 453.
    dans The Western Medical Tradition, 800 BC to AD 1800.
  14. L'Université d'Edimbourg a été fondée en 1583, mais elle n'avait pas d'École de médecine.
  15. N. Tsouyopoulos, La philosophie et la médecine romantiques, Seuil, (ISBN 2-02-022141-1), p. 20
    dans Histoire de la pensée médicale en Occident, volume 3, Du romantisme à la science moderne.
  16. C. Lichtenthaeler, Histoire de la Médecine, Fayard, (ISBN 2-213-00516-8), p. 367

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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