Herman Boerhaave

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Herman Boerhaave
Portrait de Herman Boerhaave

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Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à LeydeVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à LeydeVoir et modifier les données sur Wikidata
Enterrement Église Saint-PierreVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité(s) Pays-BasVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université de Leyde et université de HarderwijkVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession(s) Philosophe, botaniste, médecin, anatomiste (d), professeur et chimisteVoir et modifier les données sur Wikidata
Distinction(s) Membre de la Royal Society (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Royal Society et Académie des sciencesVoir et modifier les données sur Wikidata

Herman Boerhaave, de son vrai nom Boerhaaven, (, Voorhout près de Leyde, Leyde) est un botaniste, médecin et humaniste hollandais. Sa médecine clinique, fondée sur une observation minutieuse de l'état des patients au long de la cure, annonce le déclin de l’iatrochimie.

Biographie[modifier | modifier le code]

À quatorze ans, il se rendit à Leyde pour compléter ses études, et la générosité de van Alphen, bourgmestre de Leyde, lui procura les ressources qui lui faisaient défaut. Il étudia avec ardeur l'hébreu, le chaldéen, l'histoire, la philosophie, les mathématiques, etc., et ne se livra exclusivement à la médecine qu'à l'âge de vingt-deux ans. Boerhaave obtient en 1689 un titre de docteur en philosophie à l'université de Leyde. Dans sa thèse, intitulée De distinctione mentis a corpore, il critique les doctrines d'Épicure, de Thomas Hobbes et de Spinoza.

Hermann Boerhaave lut tous les livres de médecine, suivit les dissections de Frederik Ruysch (1638-1731), et apprit en botanique et en chimie tout ce qu'on pouvait savoir de son temps. Reçu docteur à Harderwijk dans le Gueldre en 1693, il revint à Leyde, et au bout de quelques années, fut appelé à suppléer le professeur de médecine Charles Drelincourt (1595-1669), son ancien maître. C'est alors qu'il commença ces célèbres leçons qui lui attirèrent des auditeurs venus de tous les pays.

En 1701, il entre à l'Institut de médecine de Leyde. Dans son discours inaugural, De commendando Hippocratis studio, il affirme prendre le médecin grec comme modèle. En 1709, il devient professeur titulaire de médecine, et il est peu après chargé de la botanique à l'université de Leyde. Il augmente considérablement les collections du jardin botanique de sa ville (plus de 2 000 espèces en l'espace de dix ans) et publie de nombreux travaux sur la description de nouvelles espèces de plantes, dont le genre Pavia qu’il nomma ainsi afin d’honorer Pieter Pauw, un autre botaniste hollandais. Grâce à l'expansion coloniale de son pays, Boerhaave peut demander à des expatriés, notamment parmi les employés des compagnies hollandaises des Indes, de lui envoyer des végétaux exotiques.

En 1714, il succède à Govard Bidloo (1649-1713) à la chaire de médecine clinique, ce qui lui permet de mettre en œuvre ses idées sur un nouveau système d'enseignement de la clinique, plus moderne. Plus tard, en 1718, il obtient également la chaire de chimie, qu'il occupait du reste comme suppléant depuis quinze ans. Dès cette année, Boerhaave enseigne les idées de Rudolf Jakob Camerarius sur la sexualité des végétaux. Enfin, continuant la tradition du célèbre François de Le Boë (1614-1672), il fit ouvrir aux étudiants un hôpital où, deux fois par semaine, il leur fit une véritable clinique.

Malgré le régime hygiénique qu'il s'était imposé, Boerhaave fut atteint d'un accès de goutte compliqué de paralysie en 1712; son retour à l'enseignement fut salué comme un bonheur public, et le soir, toute la ville fut spontanément illuminée. De nouvelles attaques, en 1727 et en 1729, l'obligèrent en 1730 de se démettre de ses fonctions. En 1728, il fut élu à l'Académie des sciences de Paris et deux ans plus tard à la Royal Society de Londres.

Son rôle dans la médecine et l'anatomie[modifier | modifier le code]

Développement de la médecine clinique[modifier | modifier le code]

Herman Boerhaave est considéré comme le fondateur de l'hôpital académique moderne et de la médecine clinique, fondée sur l'observation attentive du corps des patients. Sa renommée parmi ses contemporains est immense : lorsque Pierre le Grand vient dans les Pays-Bas en 1715, il assiste à ses cours. De fait, son enseignement pratique, exposé à partir du cas des malades d'un hôpital d'une douzaine de lits à Leyde, est suivi par des étudiants venus de toute l'Europe, élèves qui diffuseront ses pratiques en retour dans les grandes villes européennes : c'est le cas du Suisse Albrecht von Haller à Göttingen ou de Gerard Van Swieten à Vienne, à la demande de l'impératrice Marie-Thérèse[1].

Après avoir préconisé à son début la méthode d'Hippocrate, il s'en écarta peu à peu et joignit à la philosophie toute vitaliste du médecin grec des explications chimiques et mécaniques qui furent contestées ; cependant, il a fait en chimie, une foule d'observations exactes et a réussi à décomposer le sang, le lait et tous les fluides animaux. Il a décrit le premier le syndrome de Boerhaave.

On a classé Boerhaave parmi les iatro-mécaniciens ; le fait est que si, par suite de connaissances spéciales, il a fait une large part aux mathématiques, que Giovanni Alfonso Borelli et Archibald Pitcairne avaient mises à la mode, il fut surtout en réalité un véritable éclectique.

Il joue également un rôle considérable dans l'émergence de la botanique moderne, notamment en rapprochant cette discipline de la zoologie, premier pas vers la création d'une discipline commune : la biologie. « Le système de Boerhaave a régné plus longtemps dans la science que ceux de ses deux rivaux de gloire, F. Hoffmann et Stahl, et si le professeur de Leyde dut en partie cette supériorité à la séduisante harmonie de sa doctrine, à l'éloquence de ses leçons, il le dut aussi aux illustres disciples sortis de son école, aux Haller, aux De Haen, aux Van Swieten, qui remplirent le XVIIIe siècle de la gloire de son nom. » (Louis Émile Beaugrand). Il avait acquis une réputation universelle ; on raconte qu'un savant de la Chine lui ayant écrit « À M. Boerhaave, en Europe », la lettre lui parvint. Boerhaave fut aussi le créateur de la chaise rotative. Selon lui on pouvait guérir certaine maladie mentale en installant le patient sur une chaise et en le faisant tourner jusqu'à ce qu'il devienne inconscient.

Classification des maladies[modifier | modifier le code]

Louis Émile Beaugrand décrit plus longuement sa classification des maladies dans le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Herman Boerhaave admet des maladies des solides ou organiques, et des maladies des liquides ou humorales :

  1. Relativement aux premières, descendant par l'analyse à la fibre élémentaire, partie simple ou similaire, il reconnaît que cette fibre, suivant le degré de cohésion des particules qui la constituent, peut être trop forte, trop faible, trop tendue ; dès lors les organes formés de fibres élémentaires, les grands vaisseaux, les viscères, peuvent être également faibles et lâches, ou fort et durs.
  2. Les maladies des humeurs dépendent de l'acidité, de l'alcalinité et de la viscosité ou état glutineux. Ces états sont surtout imputables à la nature des éléments.
  3. Il y a encore des maladies engendrées :
    1. Par l'excès de la circulation ; c'est ainsi que la fièvre est produite par l'accélération des mouvements du cœur (principe des mouvements vitaux), ce qui a lieu quand l'encéphale y envoie une plus grande quantité d'esprits, ou que le sans veineux y arrive par trop d'impétuosité ou charrie des matières acres, salines, acides, etc.
    2. Par le défaut de la circulation ou pléthore, il y a des maladies composées dont la plus simple est l'obstruction causée par un défaut de proportion entre la masse des liquides et le diamètre des vaisseaux que ce liquide doit traverser. Or un vaisseau se rétrécit, quand il est comprimé de l'extérieur, par ses propres contractions, ou par l'épaississement de ses membranes. La masse des molécules liquides s'augmente par la viscosité la plus grande du fluide, ou par l'erreur de lieu, c’est-à-dire quand les globules sanguins s'engagent dans un vaisseau trop étroit vers son extrémité pour que le fluide puisse y circuler.

Tout ceci est entièrement du domaine de l'hypothèse et emprunté aux idées des méthodistes combinées avec celle des systématiques plus récents, chimistes et mathématiciens.

Publications[modifier | modifier le code]

Aphorismi de cognoscendis et curandis morbis, 1728

Ses élèves ont en outre publié sous son nom : Methodus discendi medicinam, revu par Haller, 1751. On lui doit un grand nombre d'éditions d'ouvrages anciens ou nouveaux, entre autres les éditions d'Arétée de Cappadoce, Leyde, 1731, et de l'Historia insectorum de Jan Swammerdam, 1737. Ses œuvres complètes ont paru à Venise en 1766, in-4.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albane Cogné, Stéphane Blond, Gilles Montègre, Les circulations internationales en Europe, 1680-1780, Atlande, 2011, p. 277

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Boerh. est l’abréviation botanique standard de Herman Boerhaave.

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