Philippe Ricord

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ricord.

Philippe Ricord, né le à Baltimore aux États-Unis et mort le à Paris est un médecin et chirurgien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Iconographie de Philippe Ricord illustrant un traité sur la syphilis chez le nouveau-né par Charles-Paul Diday.
Caricature de Ricord par Gill
Caricature de Ricord, par André Gill (1867).

Formation[modifier | modifier le code]

Fils d’un armateur de la Compagnie des Indes originaire de Grasse, qui avait fui la Révolution en 1790, Philippe Ricord fit ses premières études aux États-Unis et employa les premières années de sa jeunesse à de nombreux voyages dans l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que dans l’archipel colombien, pour des recherches d’histoire naturelle[1]. Un grand nombre d’objets collectés par lui et son frère Alexandre figurent au Musée de Paris[1]. Ayant commencé ses études en médecine, en 1819, à Philadelphie, il vint en France en 1820, avec le naturaliste français Charles Alexandre Lesueur, à la suite des travaux d’histoire naturelle dont Jean-Guillaume Hyde de Neuville, alors ambassadeur de France en Amérique, l’avait chargé, recommandé par ce ministre, à Georges Cuvier[1]. D’abord attaché comme pharmacien surnuméraire à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, où il travaille comme conservateur des spécimens de Lesueur, puis, à la suite d’un premier concours, externe des hôpitaux civils de Paris en 1821 dans le service de Guillaume Dupuytren, il fut reçu douzième au concours de l’internat en 1822, à l’hôtel-Dieu de Paris du au , toujours dans les services de Dupuytren, mais se brouilla avec lui après avoir publié un article indiquant qu’une procédure que Dupuytren affirmait avoir inventée était déjà en usage aux États-Unis. Il passa ensuite sous Jacques Lisfranc à La Pitié du au [1].

Médecine et chirurgie[modifier | modifier le code]

Après son internat et des succès dans les cours pour les prix de l’École, Ricord prit le grade de docteur, le [1]. Après avoir pratiqué en province, il revint en 1828 dans la capitale et, à la suite d’un premier concours, il fut nommé, en 1828, chirurgien du bureau central des hôpitaux civils, et trois ans plus tard, à l’issue d’un second concours, dont il sortit premier, il fut chargé du service de chirurgie à l’hôpital des maladies vénériennes, où il établit un cours de clinique spéciale, qu’il a professé avec succès[1]. Également chirurgien en chef à l’hôpital du Midi, il est connu pour avoir décrit les trois stades de la syphilis et acquis une réputation mondiale dans sa spécialité[1]. En 1838, il a prouvé que l’auto-expérience de John Hunter était fausse, établissant ainsi définitivement que la syphilis et la gonorrhée ne sont pas la même maladie[2]. Il a fait, en outre, de 1854 à 1856, et avec fruit pour les élèves, des cours publics de pathologie spéciale, à l’École pratique[1]. Ses suggestions sur la guérison de la varicocèle et sur le fonctionnement de l’urétroplastie lui valurent le prix Montyon en 1842[1].

Comme chirurgien, il s’est fait connaitre comme opérateur par un nouveau procédé pour l’amputation de deux doigts ou de deux orteils à la fois ; par un procédé pour la cure des varices ; par une amputation du rectum, et par une méthode opératoire de la circoncision et du paraphimosis ; il a modifié, en outre, le spéculum, les pinces et le bistouri pour les amygdales, et a introduit dans la pratique un nouveau scarificateur pour l’urètre, et une seringue à double courant pour les injections utérines[1]. Il a de plus fait l’application, dans le traitement des maladies vénériennes, de quelques moyens thérapeutiques, dont la formule dite « de Ricord » pour le traitement de l’urétrite, largement utilisée au moins jusqu’à la fin des années 1910, qui consistait en une solution contenant 1 g de sulfate de zinc, 2 g d’acétate de plomb, 4 g de laudanum de Sydenham[3] et de teinture de catéchum dans 200 ml d’eau distillée[1]. Cette formule était largement connue et utilisée pour le lavage des tissus atteints d’urétrite simple grâce à ses propriétés astringentes et antiseptiques[4]. Il fut le professeur et confrère de l’urologue Antonin Jean Desormeaux[5] et du chirurgien Charles-Paul Diday.

Ricord est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (54e division)[6].

Publications[modifier | modifier le code]

Philippe Ricord a écrit de nombreux articles notamment dans : la Revue médicale, la Lancette française, la Lancette anglaise, la Gazette médicale, le Journal des connaissances médico-chirurgicales, le Journal de thérapeutique.

Mémoires[modifier | modifier le code]

  • Mémoire sur l’emploi du spéculum dans les maladies vénériennes, 1855
  • Mémoire sur l’inoculation artificielle de la vérole chez l’homme, 1855 : lu à l’Académie de médecine
  • Mémoire sur la blennorragie chez la femme, 1854
  • Mémoire sur l’emploi de l’onguent mercuriel dans le traitement des érysipèles, 1856 — Présenté à l’lnstitut, mention honorable.
  • Réfutation de l’opinion de Huffeland sur la blennorragie, 1856
  • Mémoire sur le chancre, 1857
  • Mémoire sur l'épididymite, 1858, lu à l’Académie de médecine

Autres publications médicales[modifier | modifier le code]

Récits de voyage[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Honneurs et mémoire[modifier | modifier le code]

Éponymie[modifier | modifier le code]

  • Le chancre de Ricord est la lésion initiale, semblable à un parchemin, de la syphilis.
  • Le spéculum rectal de Ricord, ou de Ricord/Baildon est un spéculum à deux lames.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Ricord a reçu le prix Montyon en 1842.

Nommé médecin ordinaire du prince Napoléon, en 1862, il est nommé, le , chirurgien-conseil auprès de Napoléon III[1],[8]. Membre de la Légion d’honneur depuis 1858, il fut fait Grand Officier en 1871, pour ses services dans le corps d’ambulance pendant le siège de Paris[9].

Hommages[modifier | modifier le code]

Il a existé une statue de Philippe Ricord, œuvre de Barrias[10], à Paris, boulevard de Port-Royal.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g h i j k et l Edme-Théodore Bourg, Biographie des hommes du jour : industriels, conseillers-d’État, artistes, chambellans, députés, prêtres, militaires, écrivains, rois, diplomates, t. 4e, Paris, Pilout, , 416 p. (lire en ligne), p. 332-3.
  2. (en) J.D.R., « Nova et Vetera : Philippe Ricord (1800-1889) », British Medical Journal,‎ , p. 989 (lire en ligne).
  3. « Sydenham, laudanum de », site « Information hospitalière ».
  4. (it) Alexandre Renault, Malattie blenorragiche delle vie genito-urinarie, Paris, Vigot Frères, , xiv, 262 p., 21 cm (OCLC 799498409, lire en ligne), p. 31.
  5. Marcel Baudouin, Nécrologie — M. le Dr Antonin-Jean Desormeaux (Paris), dans Le progrès médical : journal de médecine, de chirurgie et de pharmacie, série 02, t. 20, 1894, p. 270.
  6. Paul Bauer, Deux siècles d’histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 778.
  7. D’abord paru dans Edinburgh Medical and Surgical Journal, nos 135, 136 et 139.
  8. Ricord a pu approcher d'autres célébrités. Son propre neveu, l'avocat et globe-trotter texan John Ricord (probablement né Jean-Baptiste Ricord), auteur d'une constitution d'Hawaï, est venu mourir chez lui : page de la Texas State Historical Association. Quand Donizetti, au comportement alors étrange, fit une chute sur le pavé à Paris, on appela le Dr Ricord ; le public fit tout de suite l'association (qui était juste) avec une maladie vénérienne : Herbert Weinstock, Donizetti and the world of opera in Italy, Paris and Vienna in the first half of the nineteenth century, 1963, p. 244.
  9. New International Encyclopedia.
  10. Commentaire anonyme sur un message manuscrit de Ricord.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :