Philippe Ricord

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Philippe Ricord
Philippe Ricord by Etienne Carjat.jpg
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Père-Lachaise - Division 54 - Philippe Ricord 10.jpg

Chapelle funéraire au Père-Lachaise.

Philippe Ricord, né le à Baltimore et mort le à Paris est un médecin et chirurgien français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Iconographie de Philippe Ricord illustrant un traité sur la syphilis chez le nouveau-né par Charles-Paul Diday.
Caricature de Ricord par Gill
Caricature de Ricord, par André Gill (1867).

Fils d’un armateur de la Compagnie des Indes originaire de Grasse, qui avait fui la Révolution en 1790, il fit ses premières études aux États-Unis et employa les premières années de sa jeunesse à de nombreux voyages dans l’Amérique du Nord et du Sud, ainsi que dans l’archipel colombien, pour des recherches d’histoire naturelle[1]. Un grand nombre d’objets collectés par lui et son frère Alexandre figurent au Musée de Paris[1]. Ayant commencé ses études en médecine, en 1819, à Philadelphie, il vint en France en 1820, avec le naturaliste français Charles Alexandre Lesueur, à la suite des travaux d’histoire naturelle dont Jean-Guillaume Hyde de Neuville, alors ambassadeur de France en Amérique, l’avait chargé, recommandé par ce ministre, à Cuvier[1]. D’abord attaché comme pharmacien surnuméraire à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, où il travaille comme conservateur des spécimens de Lesueur, puis, à la suite d’un premier concours, externe des hôpitaux civils de Paris en 1821 dans le service de Dupuytren, il fut reçu douzième au concours de l’internat en 1822, à l’Hôtel-Dieu du au , toujours dans les services de Dupuytren, mais se brouilla avec lui après avoir publié un article indiquant qu’une procédure que Dupuytren affirmait avoir inventé était déjà en usage en Amérique, après quoi il passa sous Lisfranc à La Pitié du au [1].

Après son internat et des succès dans les cours pour les prix de l’École, il prit le grade de docteur, le )[1]. Après avoir pratiqué en province, il revint en 1828 dans la capitale et, à la suite d’un premier concours, il fut nommé, en 1828, chirurgien du bureau central des hôpitaux civils, et trois ans plus tard, à l’issue d’un second concours, dont il sortit premier, il fut chargé du service de chirurgie à l’hôpital des maladies vénériennes, où il établit un cours de clinique spéciale, qu’il a professé avec succès[1]. Également chirurgien en chef à l’hôpital du Midi, il est connu pour avoir décrit les trois stades de la syphilis et acquis une réputation mondiale dans sa spécialité[1]. En 1838, il a prouvé que l’auto-expérience de John Hunter était fausse, établissant ainsi définitivement que la syphilis et la gonorrhée ne sont pas la même maladie[2]. ll a fait, en outre, de 1854 à 1856, et avec fruit pour les élèves, des cours publics de pathologie spéciale, à l’École pratique[1]. Ses suggestions sur la guérison de la varicocèle et sur le fonctionnement de l’urétroplastie lui valurent le prix Montyon en 1842[1].

Comme chirurgien, il s’est fait connaitre comme opérateur par un nouveau procédé pour l’amputation de deux doigts ou de deux orteils à la fois ; par un procédé pour la cure des varices ; par une amputation du rectum, et par une méthode opératoire de la circoncision et du paraphimosis ; il a modifié, en outre, le spéculum, les pinces et le bistouri pour les amygdales, et a introduit, dans la pratique, un nouveau scarificateur pour l’urètre, et une seringue à double courant pour les injections utérines[1]. Il a, de plus, fait l’application, dans le traitement des maladies vénériennes, de quelques moyens thérapeutiques, dont la formule dite « de Ricord pour le traitement de l’urétrite, largement utilisée au moins jusqu’à la fin des années 1910, qui consistait en une solution contenant 1 g de sulfate de zinc, 2 g d’acétate de plomb, 4 g de laudanum de Sydenham et de teinture de catéchum dans 200 ml d’eau distillée[1]. Cette formule était largement connue et utilisée pour le lavage des tissus atteints d’urétrite simple grâce à ses propriétés astringentes et antiseptiques[3]. Il fut le professeur et confrère de l’urologue Antonin Jean Desormeaux[4] et du chirurgien Charles-Paul Diday.

Nommé médecin ordinaire du prince Napoléon, en 1862, il est nommé, le , chirurgien-conseil auprès de Napoléon III[1]. Membre de la Légion d’Honneur depuis 1858, il fut, pour ses services dans le corps d’ambulance pendant le siège de Paris fait, Grand Officier de la Légion d’Honneur, en 1871[5].

Ricord, est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (54e division)[6].

Publications[modifier | modifier le code]

Comme écrivain, Ricord s’est fait connaitre par un Mémoire sur l’emploi du spéculum dans les maladies vénériennes (1855) ; par un Mémoire sur l’inoculation artificielle de la vérole chez l’homme (1855). Ce mémoire, lu à l’Académie de médecine, fut imprimé dans la Lancette anglaise. Il a publié, en outre : Mémoire sur la blennorrhagie chez la femme (1854) ; Mémoire sur l’emploi de l’onguent mercuriel dans le traitement des érisypèles (1856). Ce mémoire, présenté à l’lnstitut pour les prix, obtint une mention honorable. Réfutation de l’opinion de Huffeland sur la blennorragie (1856) ; Mémoire sur le chancre (1857) ; Mémoire sur l’Epididynite (1858). Ce travail a été lu à l’Académie de médecine. Traité pratique des maladies vénériennes, ou Recherches critiques et expérimentales sur l’inoculation. Il a fourni, de plus, de nombreux articles à la Revue médicale, à la Lancette française, à la Gazette médicale, au Journal des Connaissances médico-chirurgicales, au Journal de Thérapeutique, etc.

Éponymie[modifier | modifier le code]

  • Le chancre de Ricord est la lésion initiale, semblable à un parchemin, de la syphilis.
  • Le spéculum rectal de Ricord, ou de Ricord/Baildon est un spéculum à deux lames.

Hommages[modifier | modifier le code]

Il a existé une statue de Philippe Ricord, œuvre de Barrias[7], à Paris, boulevard de Port-Royal.

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Edme-Théodore Bourg, Biographie des hommes du jour : industriels, conseillers-d’État, artistes, chambellans, députés, prêtres, militaires, écrivains, rois, diplomates, t. 4e, Paris, Pilout, , 416 p. (lire en ligne), p. 332-3.
  2. (en) J.D.R., « Nova et Vetera : Philippe Ricord (1800-1889) », British Medical Journal,‎ , p. 989 (lire en ligne).
  3. (it) Alexandre Renault, Malattie Blenorragiche delle vie Genito-Urinarie, Paris, Vigot Frères, , xiv, 262 p., 21 cm (OCLC 799498409, lire en ligne), p. 31.
  4. Marcel Baudouin, ?p=286&do=page&cote=90170x1894x02x20 Nécrologie — M. le Dr Antonin-Jean Desormeaux (Paris), dans Le progrès médical : journal de médecine, de chirurgie et de pharmacie, série&nbsp ;02, t. 20, 1894, p. 270.
  5. New International Encyclopedia
  6. Paul Bauer, Deux siècles d’histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 778.
  7. Commentaire anonyme sur un message manuscrit de Ricord.
  8. D’abord paru dans Edinburgh Medical and Surgical Journal, nos 135, 136 et 139.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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