C'est la sardine qui a bouché le port de Marseille

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Vue de l'entrée du Vieux-Port de Marseille, Bouches-du-Rhône, 2011

« C'est la sardine qui a bouché le port de Marseille » est une expression populaire française datant du XVIIIe siècle. Elle signifie, en parlant d'une histoire, qu'elle est estimée comme une galéjade, une exagération, une histoire à dormir debout. En fait, l'expression est basée sur une histoire vraie, mais dont une coquille typographique a fait une farce.

Fait historique[modifier | modifier le code]

En 1779, le vicomte de Barras, officier commandant le régiment français d'infanterie de Marine de Pondichéry qui avait été capturé par les Britanniques en 1778, était libéré en vertu d'un accord d'échanges de prisonniers, et rapatrié sur un cartel, navire (probablement un marchand de l'Île de France, actuelle Île Maurice) affrété spécialement pour l'échange de prisonniers et bénéficiant d'un statut protégé selon les lois de la guerre de l'époque.

Portrait d'Antoine de Sartine par Joseph Boze, 1787.
Musée Lambinet, Versailles

Le bateau sur lequel il embarqua avait pour nom le Sartine, avec un « t » et non un « d ». Le navire portait le nom d'Antoine de Sartine (1729-1801), qui était à ce moment-là le ministre de la Marine de Louis XVI. Après dix mois de navigation, le navire put ainsi arriver au large du Cap Saint-Vincent, la pointe sud-ouest du Portugal se dirigeant dans l'embouchure conduisant au détroit de Gibraltar et à la méditerranée.

Le , le vaisseau de ligne britannique HMS Romney intercepta le Sartine et, à cause d'un malentendu, ouvrit le feu sur lui, tuant son capitaine et deux hommes d'équipage. La situation clarifiée après que le Romney eut envoyé un canot à bord du Sartine pour en vérifier le statut, ce dernier poursuivit sa route vers Marseille. À l'entrée du port une erreur de navigation l'envoya sur des rochers et il finit par couler dans le chenal de l'entrée du Vieux-port de Marseille, ce qui en empêcha pendant un certain temps l'accès et la sortie à tout autre navire. D'après les mémoires de Barras, c'est Georges-René Pléville Le Pelley, commandant du port et de la marine de Marseille, qui dégage le port en treuillant à quai la frégate[Note 1].

Dans les arts[modifier | modifier le code]

En 1973, le chanteur, musicien et poète Léo Ferré fait directement référence à cette expression dans le morceau Il n'y a plus rien, paru sur l'album du même nom.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages anciens[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Paul Barras, Mémoires de Barras, membre du Directoire : Ancien régime-Révolution, vol. I, Paris, Hachette, 1895-1896, 464 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Sources[modifier | modifier le code]

  • Seuls les morts ne reviennent jamais : Les pionniers de la guillotine sêche en Guyane Française sous le Directoire de Philippe de Ladebat, Éditions Amalthée.
  • Les mésaventures du vaisseau Le Sartine aux Indes Orientales (1776-1780)[1]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « mai 1780 : Dès que notre vaisseau fut réparé, nous quittâmes Cadix et prîmes la direction de Marseille. Nous échouâmes à l'entrée du port par la maladresse d'un remplaçant du capitaine Dallés, tué sous le cap Saint-Vincent. M. de Pléville, commandant du port et de la marine, plein d'activité, quoiqu'il eût une jambe de bois, parvint par des manœuvres qui lui étaient familières, à remorquer notre vaisseau sur le quai. (in Mémoires de Barras, membre du Directoire : Ancien régime-Révolution, p. 24-25) »

Références[modifier | modifier le code]