Bernard Boudin de Tromelin

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Bernard-Marie Boudin de Tromelin
Surnom « Chevalier de Tromelin »
Naissance
à Morlaix
Décès (à 81 ans)
à Lyon
Origine Français
Allégeance Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la Monarchie constitutionnelle française Monarchie constitutionnelle française
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Vice-amiral
Années de service 1750-1784
Conflits Guerre de Sept Ans
Guerre d'indépendance des États-Unis
Distinctions Chevalier de l'ordre de Saint-Louis
Autres fonctions Administrateur de Port-Louis (1772-1781)
Membre de l'Académie de marine (1777)
Famille Famille Tromelin qui compta plusieurs officiers de marine et un parlementaire

Bernard-Marie Boudin, seigneur de Tromelin, dit le « Chevalier de Tromelin »[1] ( à Morlaix - 4 décembre 1815 à Lyon) est un officier de marine, administrateur colonial et explorateur français. Il sert sous les ordres du bailli de Suffren dans l'océan Indien pendant la guerre d'indépendance des États-Unis, mais ses mauvaises relations avec son supérieur provoquèrent sa radiation des officiers de la marine. Il est nommé vice-amiral en 1793, pendant la Révolution. Il a laissé son nom à l'île Tromelin, rattachée aujourd'hui aux TAAF.[réf. à confirmer]

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et enfance[modifier | modifier le code]

Bernard-Marie Boudin de Tromelin, nait le , dans une famille de la noblesse bretonne, de Jacques Boudin, seigneur de Tromelin (1702-1777), commandant les garde-côtes de Plougasnou, et Marie Françoise Le Drouguet de Penaru. De cette union naissent quatre fils :

  • Nicolas Boudin, seigneur de Tromelin (14 septembre 1727-23 avril 1790). Lieutenant au régiment Dauphin - Cavalerie. Il est le père de Jacques Boudin, comte de Tromelin.
  • Bernard-Marie Boudin de Tromelin (1735-1815)
  • Maurice Boudin de Tromelin (1740-1825), chevalier de Launay, Lieutenant de vaisseau puis capitaine de vaisseau, il participa à la guerre d'indépendance américaine. Il émigra et fit partie de l'armée des princes en 1792. Il prit sa retraite en 1814 contre-amiral.
  • Jacques Marie Boudin de Tromelin (1751-1798), chevalier de La Nuguy. Officier de marine, il commandait la Dauphine quand il secourut les naufragés de l'île de Tromelin à laquelle il donna son nom.[réf. souhaitée]

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Enrôlé dans la Marine royale en 1750, lieutenant de vaisseau en 1763 à la fin de la guerre de Sept Ans, il est l'un des vingt adjoints de l'Académie de marine en 1769 avant de devenir capitaine de vaisseau et académicien ordinaire en 1777[2]. Il est fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.

Administrateur du port de Port-Louis[modifier | modifier le code]

Entre les années 1772 et 1781, Tromelin est administrateur du port de Port-Louis à l'Île-de-France, il entreprend de grands travaux destinés à transformer Port-Louis en un port d’envergure régionale[3] et en base pour les opérations navales en Inde et lors de la Guerre d'indépendance des États-Unis.

Lorsqu'il débarque à l'âge de 32 ans avec Pierre Poivre, Bernard Marie Boudin de Tromelin n'était que lieutenant de vaisseau mais ses dons personnels l'avaient fait remarquer par le duc de Choiseul, ministre de la Marine. « Un autre Labourdonnais » écrit de lui Auguste Toussaint dans une comparaison flatteuse, et Saint-Elme Le Duc « Son existence fut à peu près consacrée à des travaux d'utilité à l'Ile de France. »

Secours aux naufragés de l'île Tromelin[modifier | modifier le code]

Le , L'Utile une flûte de la Compagnie française des Indes orientales en campagne dans les Mascareignes, avait fait naufrage sur l’île de Sable alors qu’elle transportait des esclaves vers l’Île-de-France[4].

À partir de débris récupérés sur l'épave, l'équipage de L'Utile construisit une embarcation de fortune surnommée La Providence [5] et regagna Foulpointe (Madagascar) avec la promesse de venir rechercher les soixante esclaves laissés sur l’île. Cette promesse sera finalement tenue quinze ans plus tard, le par Tromelin, commandant la corvette La Dauphine, qui récupéra huit esclaves survivants (sept femmes et un bébé de huit mois) et dont le nom sera alors donné à l'île[réf. souhaitée].

La campagne des Indes et la mésentente avec Suffren[modifier | modifier le code]

Les relations entre Pierre André de Suffren, commandant d'une division puis de l'escadre de la Marine en Indes, et ses capitaines dont Bernard Boudin de Tromelin sont très difficiles. Le premier épisode les oppose à la fin du mois d', à propos du commandement de L'Annibal (74 canons) et de L'Artésien.

Lors du périple de la division navale de Suffren de France à l'Isle de France, L'Annibal et de L'Artésien ont perdu leur commandant au combat. Le chevalier d'Orves, commandant l'escadre de la Marine dans l'océan Indien, attribue à Tromelin le commandement de L'Annibal en sa qualité de commandant la division d'arrière-garde et de plus ancien capitaine de vaisseau et à Bidé de Maureville le commandement de l'Artesien. Suffren, quant à lui réclame leur attribution respectivement à Morard de Galles et à Pas de Beaulieu. Suffren, doit plier aux exigences de ses capitaines et gardera vis-à-vis de Tromelin un vif ressentiment.

Pendant la bataille de Sadras, le , un défaut de communication entre Suffren et ses capitaines empêche une victoire franche contre l'amiral anglais Edward Hughes, (les signaux du vaisseau de Suffren ne furent pas vus par cinq de ses commandants qui restèrent à l'écart des combats dont Tromelin sur L'Annibal). Suffren reprochera à Tromelin de lui avoir désobéi.

La belle conduite de Tromelin aux combats de Provedien (avril 1782) et de Négapam (juillet 1782) ne changera pas l'attitude de Suffren qui cherche l'occasion de se défaire de Tromelin qui représente à ses yeux un obstacle à sa réussite et à son ambition et qui fédère le mécontentement des officiers heurtés par son comportement.

La bataille de Trinquemalay, le 3 septembre 1782, vue par le peintre Dominique Serres (1719-1793).

L'occasion se présentera d'une part le , pendant la bataille de Trinquemalay, pendant laquelle L'Annibal, en raison de vents défavorables, se trouve trop éloigné de la ligne anglaise pour que son tir soit efficace. Il ne peut donc pas prendre part à la bataille. D'autre part, la fin de la campagne 1782 venant, Tromelin demande à être relevé de son commandement pour raison personnelle et de santé et à pouvoir rentrer en France. Il est imité de trois autres capitaines. Suffren va en profiter pour se débarrasser ou mettre au pas tous les capitaines avec lesquels il a tant de difficulté.

Dans le rapport qu'il envoie au roi Louis XVI, daté du , Suffren reproche à Tromelin de ne pas s'être engagé dans la bataille, il avance à l'appui les pertes subies par son bâtiment, Le Héros (30 tués et 70 blessés) comparée à celui L'Annibal de M. de Tromelin (aucune victime)[6],[7].

« M. de Tromelin, soit par faiblesse, soit par jalousie, avait toujours compromis le succès de nos armes, en restant spectateur bénévole du combat. »

Suffren propose au roi de le démettre de son commandement. Louis XVI sur proposition de Castrie approuve et aggrave la sanction : Tromelin est rayé des listes en 1784[2] sans qu'il puisse se défendre traduit lors d'un conseil de guerre qu'il sollicite pourtant en vain.

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

Bernard Marie Boudin de Tromelin termine sa carrière avec le grade de vice-amiral.

Restauration[modifier | modifier le code]

Il meurt à Lyon le [8], à l'âge de 81 ans

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il est appelé ainsi à partir du moment où il est fait chevalier de l'ordre de Saint-Louis.
  2. a et b Kerviler, p. 65
  3. Ferdinand Magon de Saint Elier, p. 160-161
  4. Max Guérout, Le navire négrier l’Utile et la traite française aux Mascareignes
  5. Une transcription du manuscrit relatant le récit du naufrage de L'Utile peut être consultée ici
  6. Cunat 2008, tableau, p. 201
  7. Cunat 2008, p. 198
  8. http://cths.fr/an/prosopo.php?id=114693

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • René Kerviler, Répertoire général de bio-bibliographie bretonne, Livre premier, Tome 5, éd. J. Plihon et L. Hervé, Rennes, 1886-1908
  • Mémoire apologétique de Monsieur de Tromelin, 1788
  • E. Chevalier, Histoire de la marine française pendant la guerre américaine, 1877
  • Charles Cunat, Le bailli de Suffren : sa vie, ses voyages, La Découvrance, (lire en ligne)
  • Ferdinand Magon de Saint Elier, Tableaux historiques, politiques & pittoresques de l'île de France: aujourd'hui Maurice, depuis sa découverte jusqu'à nos jours, Port-Louis, 1839, [lire en ligne]
  • Max Guérout, "Le navire négrier L’Utile et la traite française aux Mascareignes", Cahiers des anneaux de la mémoire, no 9, Nantes, 2006, p. 315 à 329.
  • Bernard Lutun, 1814-1817, ou, L'épuration dans la Marine, History, 2005, p. 239
  • Irène Frain, Les Naufragés de l'île Tromelin, Michel Lafon, 2009.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]