Bernard-Anselme de Saint-Castin

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Bernard-Anselme de Saint-Castin
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Père

Bernard Anselme d'Abbadie est le quatrième baron de Saint-Castin. Il est le fils métis de Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin (1652-1707) et de Misoukdkosié (Marie-Melchilde, fille du chef Madockawando de la tribu Penobscot (confédération Wabanaki). Il est né vers 1689 dans la baie de Penobscot en Acadie (aujourd'hui le Maine).

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père était arrivé au Canada en 1665 avec le régiment de Carignan-Salières. Pour s'assurer de la propriété de la baie de Pentagouët située à l'embouchure du fleuve Pentagouët, revendiquée par la Nouvelle-Angleterre. Un commandement français s'installe sur le territoire en 1670, le commandement du Fort Pentagouët est confié en 1673 à Jean-Vincent d'Abbadie de Saint-Castin qui a fait reconstruire quelques fortifications élémentaires et a renforcé son influence sur les Abénaquis. Les habitants de la région commercent autant avec le reste de l'Acadie qu'avec Boston malgré les règlements français qui l'interdisent.

En 1682-1683, Pentagouët ayant été attaqué par des flibustiers de la Nouvelle-Angleterre, les Français et les Abénaquis prennent le fort Pemaquid et rasent seize villages et massacrent 200 habitants en représailles en 1689.

En 1704, Jacques-François de Monbeton de Brouillan, gouverneur de l'Acadie, demande à Bernard-Anselme alors âgé de 15 ans de quitter le petit séminaire de Québec pour prendre la place de son père qui est rentré à Pau en 1701. Le jeune métis entraîne les Abénaquis à harceler les colonies anglaises. En représailles, Joseph Dudley, gouverneur de Boston, a monté une expédition navale d'une quinzaine de navires et 550 hommes confiés au commandement de Benjamin Church. Benjamin Church détruisit les habitations françaises de Pantagouët et de Passamaquody, puis attaque Port-Royal. Bernard-Anselme d'Abbadie participe à la défense du fort du 8 au 16 juin, puis du 20 au 31 août 1707. Blessé, il épouse, le 31 octobre, Marie-Charlotte, Damours de Chauffours (vers 1696-Pau, 27 février 1734), fille de Louis Damours, seigneur de Jemseg, un des compagnons d'armes de son père. Le gouverneur de l'Acadie, Daniel d'Auger de Subercase, le propose pour le grade de lieutenant et le commandement des indiens d'Acadie, ce qui est accordé le 6 juin 1708.

En 1709, il arme un navire et se fait corsaire. Il s'associe avec Pierre Morpain, Pierre Maisonnat et Daniel Robineau, flibustiers français de Saint-Domingue établis à Port-Royal. Ils vont couler 35 navires anglais et faire 470 prisonniers.

Le gouverneur de la Virginie, sir Francis Nicholson, à la tête de 2 000 soldats et 36 vaisseaux, investit Port-Royal le 5 octobre 1710. Face à lui, Subercase n’a à lui opposer que 158 hommes de troupe et 127 miliciens. Il résiste 8 jours et capitule le 13 octobre. Port-Royal est rebaptisé Annapolis Royal. Saint-Castin est arrivé avec son navire à Port-Royal une semaine plus tard, dans l'ignorance de la capitulation du fort. Son bateau est pris par les Anglais mais il est parvenu à s'échapper et à gagner les bois. Il a accepté la demande des Anglais de transmettre à Québec l'acte de capitulation de Subercase et d'amener le major anglais Lingston qui voulait rencontrer le marquis de Vaudreuil.

Nommé au commandement de l'Acadie, il est reparti de Québec le 18 janvier 1711 avec pour instruction d'entretenir les indiens Abénaquis dans leur opposition aux Anglais en harcelant Annapolis Royal. En 1712 il est nommé lieutenant.

Au traités d'Utrecht (1713), la France cède l'Acadie, sauf l'île du Cap-Breton, aux Anglais. Saint-Castin s'est retiré au bord de la rivière Saint-Jean où son père avait une seigneurie.

En 1714, il quitte l'Acadie avec son épouse, Marie-Charlotte Damours de Chauffours et sa fille de 3 ans, Marie-Anselme de Saint-Castin (vers 1711-Oloron-Ste-Marie, 18 juillet 1778). Une fille, Louise d'Abbadie de Saint-Castin, est née à Pau en 1716.

Il sera admis dans l'ordre de la noblesse aux États du Béarn et reconnu comme 4e baron de Saint-Castin le après une longue lutte avec son oncle (le juge Jean de Labaig) et sa tante (Marie de Saint-Castin) pour retrouver son héritage. Il est mort à Pau en 1720.

Annexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Hrodej,Gilbert Buti, Dictionnaire des corsaires et des pirates, CNRS éditions, Paris, 2013 (ISBN 978-2-271-07701-1)

Lien externe[modifier | modifier le code]