Beloved (roman)

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Beloved
Image illustrative de l’article Beloved (roman)

Auteur Toni Morrison
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Roman
Version originale
Langue Anglais
Titre Beloved
Éditeur Alfred A. Knopf
Lieu de parution New York
Date de parution 1987
Version française
Traducteur Hortense Chabrier et Sylviane Rué
Éditeur C. Bourgois
Série trilogie
Chronologie

Beloved[1] (titre original : Beloved) est un roman de l'écrivaine américaine Toni Morrison paru en 1987. Se situant après la guerre de Sécession américaine, il aborde l'histoire passée sous silence de l'esclavage à travers l'histoire de Sethe, une ancienne esclave, hantée par le fantôme de sa fille. Une partie de la trame narrative et le personnage principal sont inspirés de la vie de Margaret Garner, une esclave afro-américaine qui a échappé à l'esclavage dans le Kentucky en fin et s'est réfugiée dans l'Ohio, un État libre à l'époque. Morrison en découvre l'histoire via "A Visit to the Slave Mother who Killed Her Child", un article de journal publié en 1856 dans l'American Baptist et reproduit dans The Black Book, une compilation de l'histoire et de la culture des Noirs qu'elle avait dirigée en 1974. Ce roman a permis à Toni Morrison d'entrer, de son vivant, dans la liste des 100 meilleurs livres de tous les temps, en 2002.

Le roman a remporté le Prix Pulitzer pour la fiction en 1988 et a été finaliste du Prix national du livre en 1987. Il a été adapté en 1998 dans un film du même nom mettant en vedette Oprah Winfrey. Un sondage du New York Times auprès d'écrivains et de critiques littéraires l'a classé comme la meilleure œuvre de fiction américaine de 1981 à 2006.

Épigraphe[modifier | modifier le code]

L'épigraphe du livre, supposée extraite du chapître 9 de l'Épître aux Romains (« Dieu appelle tout homme à la foi, juif ou non ») commence par « Soixante millions et davantage », en référence aux Africains et à leurs descendants morts des suites de la traite négrière transatlantique.

Epigraphe de Beloved
Texte original (en) Traduction libre (« beloved » = « bien-aîmée »)

Sixty million:
and more

I will call them my people,
which were not my people;
and her beloved,
which was not beloved.
ROMANS 9: 25

Soixante millions :
et davantage

Je les appelerai mon peuple,
Eux qui n'étaient pas mon peuple
Et elle « bien-aîmée »
Qui fut mal-aîmée
Romains 9:25

Résumé[modifier | modifier le code]

Beloved commence en 1873 à Cincinnati, Ohio, où la protagoniste Sethe, une ancienne esclave, vit avec sa fille de dix-huit ans, Denver. La belle-mère de Sethe, Baby Suggs, a vécu avec elles jusqu'à sa mort huit ans plus tôt. Juste avant la mort de Baby Suggs, les deux fils de Seth, Howard et Buglar, s'étaient enfuis. Seth croit qu'ils se sont enfuis à cause de la présence malveillante d'un fantôme qui a hanté leur maison au 124, chemin Bluestone pendant des années. L'histoire s'ouvre sur une introduction au fantôme : « Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d’un bébé. Les femmes de la maison le savaient et les enfants aussi. »

Sethe et sa fille Denver essayent de reconstruire leur vie après avoir échappé à l'esclavage.

Un jour une jeune fille se présente à leur porte, elle prétend s'appeler Beloved, or Beloved est la seule inscription sur la tombe du bébé que Sethe a tué des années auparavant, afin de lui épargner une vie d'esclave.

1855 : Sethe, esclave dans la plantation du Bon-Abri, s'est enfuie pour rejoindre la mère de son mari, Baby Suggs, la seule dont la liberté a pu être rachetée par son fils. Avant sa propre fuite, Sethe a envoyé chez sa belle-mère ses trois enfants : deux garçons et une petite fille qui commence à peine à ramper. Au cours de sa fuite, Sethe, enceinte, accouche d'une autre petite fille qu'elle prénomme Denver. Elle se croit, elle et ses enfants, tirés d'affaire, mais les Blancs du Bon-Abri qui recherchent les fuyards, finissent par les trouver. Sethe, cachée dans la grange, tue sa fille. Denver, elle, sera sauvée in extremis. Sethe sera emprisonnée, puis libérée et retourne vivre chez Baby Suggs. Mais le fantôme du bébé hante la maison... Un beau jour, dix-huit ans plus tard, elle se réincarne même en jeune fille, et se fait appeler "Beloved", terme gravé par Sethe sur la pierre tombale de sa propre fille, morte.

Style et structure narrative[modifier | modifier le code]

Le roman traite de deux faits indicibles : l'infanticide par sa mère de Beloved à l'âge de deux ans, et les réalités de l'esclavage aux États-Unis, longtemps résumées dans l'Histoire américaine à son abolition[2]. Cet indicible se retrouve dans la structure narrative, avec de multiples analepses qui le dévoilent peu à peu, à petites doses[2]. À la mémoire défaillante, ou aux souvenirs quelquefois réaménagés du contenu narratif, fait écho le style d'écriture, qui avec de nombreuses ellipses ou une ponctuation inhabituelle, laisse reposer sur le lecteur la charge de reconstituer les manques et les non-dits[3].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Qui veut dire « bien-aimé »
  2. a et b Dauguet.
  3. Levasseur 2018.

Appareil critique[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]