Banque du Sud

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La Banque du Sud (portugais : Banco do Sul, espagnol : Banco del Sur, néerlandais : Bank van het Zuiden) est le nom donné à une nouvelle institution régionale latino-américaine à l'initiative de l'Argentine et du Venezuela dont le défunt président Hugo Chávez a évoqué la possibilité pour la première fois en décembre 2006[1]. Quatre autres pays ont depuis rejoint l'initiative : le Brésil, la Bolivie, l'Équateur et le Paraguay. Le 3 mai 2007 à Quito, ces pays se sont entendus pour établir les grandes lignes de la nouvelle architecture financière régionale.

Lors d'une réunion des six pays le 22 mai 2007 à Asuncion, le chef de la diplomatie du Venezuela, Nicolás Maduro a souligné que le projet s'adressait aussi « aux pays non-alignés, aux pays asiatiques et à nos frères d'Afrique ».

Le 9 décembre 2007, à Buenos Aires, les présidents Néstor Kirchner d'Argentine, Luiz Inácio Lula da Silva du Brésil, Evo Morales de Bolívie, Rafael Correa d'Équateur, Nicanor Duarte du Paraguay et Hugo Chávez pour le Venezuela signaient l'accord officiel de création de la Banque[2]. Le 10 décembre 2007[3] a été lancée officiellement cette banque à Buenos Aires. Aux six pays évoqués plus haut s'ajoute l'Uruguay comme membre fondateur. Elle aura son siège à Caracas et deux annexes à Buenos Aires et à La Paz. Certains détails restent à régler, comme le quote-part de chaque pays dans le capital de la banque, d'autant plus que certains pays pourraient à leur tour rejoindre cette banque comme le Chili ou encore le Pérou. Son action se limitera d'après ses statuts à l'Amérique Latine. La Banque du Sud commencera ses activités en 2008 avec un capital initial de 7 milliards de dollars. Le document constitutif indique que « l’ intégration sud-américaine doit construire, pour les peuples de la région, un espace consacré à la promotion du développement économique et social, à la réduction des asymétries, à la réduction de la pauvreté et de l’exclusion sociale, et à la convergence et complémentarité des processus d’intégration économique ».

Réactions lors de son lancement[modifier | modifier le code]

  • Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, a déclaré être favorable à cette initiative à condition "que la Banque du Sud encourage la transparence et les principes de bonne gestion dans sa politique de développement"[4].
  • L'ancien directeur du FMI pour l'Amérique latine de 1994 à 2002, Claudio Loser, s'est demandé "dans quelle conditions va-t-elle fournir ses services, quelles garanties obtiendra-t-elle?" et a affirmé "qu'elle peut aider les petits pays, mais quand les ressources seront épuisées, ce sera terminé" et donc qu'elle ne serait "pas indispensable"[4].
  • Mark Weisbrot, du Centre de recherches économique et politique (CEPR), estiment qu'il s'agit d'une alternative importante qui permettra d'introduire de la concurrence entre prêteurs spécialisés dans le développement et va rogner sur le pouvoir du cartel que constituent le FMI et la Banque mondiale[1].

Politique financière[modifier | modifier le code]

Avec un capital initial de 7 milliards de dollars et un siège à Caracas, la Banque du Sud se concentrera les prochaines années sur des projets continentaux d'infrastructures transfrontalières ainsi que des liaisons routières et ferroviaires[1].

Citation[modifier | modifier le code]

  • La Banque du Sud n'est contre personne, elle est pour l'Amérique du Sud. Rodrigo Cabezas, ministre vénézuélien de l'Économie[1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d La Grande Époque, 16-31 décembre 2007, Création de la Banque du Sud: une réelle alternative, Hanna L. Szmytko
  2. Banco do Sul nasce como esperança à América do Sul, 09/12/2007, Terra, page visitée le 21/12/2007
  3. Lancement à Buenos Aires de la Banque du Sud, l'anti FMI
  4. a et b Dépêche de l'Agence France-Presse cité par La Grande Époque, 16-31 décembre 2007, Création de la Banque du Sud: une réelle alternative, Hanna L. Szmytko