Aurore Évain

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Aurore Évain est une actrice, autrice, dramaturge, metteuse en scène et chercheuse française.

Elle s'applique depuis des années à redonner leur juste place aux femmes dans le théâtre d'hier et d'aujourd'hui[1],[2],[3]. Elle milite pour la reconnaissance des notions de « matrimoine »[4],[5](héritage de la mère) et matrimoine culturel, à l'instar de celle de patrimoine (héritage du père) et patrimoine culturel.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après un baccalauréat littéraire obtenu avec mention très bien, elle se consacre au théâtre. Parallèlement à sa formation de comédienne aux Conservatoires des Xe, VIe et XIIIe arr. de Paris, elle suit le cursus d’Études théâtrales de la Sorbonne Nouvelle, avec une spécialisation en histoire de l’Ancien Régime.

En 1998, elle écrit sa première pièce Femmes d’attente, mise en scène par Stéphan Druet et représentée au Bouffon Théâtre. Elle y interprète le rôle d’Aura. La pièce reçoit l’intérêt de la critique[6],[7] et est lauréate du concours théâtral de la Sorbonne Nouvelle. Elle joue également dans plusieurs spectacles classiques et contemporains, mis en scène par Stéphan Druet, Jean-Louis Bihoreau, Sophie Caffarel.

Dans le même temps, elle commence une recherche sur l’histoire des femmes de théâtre, qui dès 1995, est pionnière sur l’apparition des actrices en Europe. Achevé en 1997, son mémoire de maîtrise est sélectionné pour le Prix de la Chancellerie des universités de Paris. Elle s’intéresse ensuite, dans le cadre de son doctorat, aux premières autrices de théâtre professionnelles, sous l’Ancien Régime. À cette occasion, elle met en lumière l’histoire du mot « autrice »[8],[9] et entame l’édition de leurs pièces, en collaboration avec deux universitaires américains, Henriette Goldwyn et Perry Gethner.

En 2010, elle adapte le roman de Norma Huidobro, Le Lieu perdu, qu’elle met en scène[10], lors du festival Nuits d’Été Argentines (Paris).

Elle rejoint en 2012 le Mouvement HF pour l’égalité femmes-hommes dans les arts et la culture, où elle est à l’initiative des Journées du Matrimoine[11],[12]. Elle donne régulièrement des conférences et lectures sur le matrimoine théâtral, en France et à l’étranger, et en 2021 participe en tant que lectrice au cycle "Autrices oubliées", à la Bibliothèque nationale de France, aux côtés des chercheuses Edwige Keller-Rahbé et Justine Mangeant[13],[14].

En 2014, elle fonde la Compagnie La Subversive, dont elle est directrice artistique. Elle monte en 2015 Le Favori, de Madame de Villedieu, première reprise en France de cette tragi-comédie jouée en 1665 par la troupe de Molière. Créé à La Ferme de Bel Ébat – Théâtre de Guyancourt, le spectacle est sélectionné en 2016 par le Festival international de théâtre classique d’Almagro.

En 2015, elle est à l'initiative des premières journées du matrimoine lancées par le Mouvement HF pour l'égalité femmes-hommes dans la culture[15].

En 2016, elle devient artiste associée du Théâtre des Îlets – CDN de Montluçon. En 2018, La Ferme de Bel Ébat – Théâtre de Guyancourt lui confie également une résidence artistique de 4 ans, consacrée au matrimoine. Elle y crée, en novembre 2019, La Folle Enchère de Madame Ulrich, première comédie publiée par une femme et représentée à la Comédie-Française (1690).

En 2020, elle conçoit un spectacle Mary Sidney alias Shakespeare, adapté d'un essai de la chercheuse Robin P. Williams, Sweet Swan of Avon. Did a Woman Write Shakespeare? présentant la thèse, documentée, selon laquelle Mary Sidney Herbert, comtesse de Pembroke, serait l'autrice des œuvres de Shakespeare.

En 2021, elle participe, aux côtés de plusieurs théâtres, dont La Ferme de Bel Ebat - Théâtre de Guyancourt, Le Vivat d'Armentières et le Théâtre des Îlets - CDN de Montluçon, à la création d' Edifier notre Matrimoine, un réseau de production et diffusion du matrimoine dans le spectacle vivant[16].

Publications[modifier | modifier le code]

  • « Lettres à Isabel Allende », dans Lettre à l’écrivain qui a changé ma vie, Paris, Gallimard, coll. « Page Blanche », 1992,p. 11-12.
  • L'Apparition des actrices professionnelles en Europe, Paris, L'Harmattan, 2001.
  • « Les autrices de théâtres et leurs oeuvres dans les dictionnaires dramatiques du XVIIIe siècle », SIEFAR (Société Internationale pour l'Etude des Femmes de l'Ancien Régime),‎ (lire en ligne).
  • « Mlle de Saint-Léger, "femme écureuil" et autrice de théâtre », Revue des Études rétiviennes, 37, déc. 2005, p. 173-220.
  • « Les reines et princesses de France, patronnes et mécènes du théâtre au XVIe siècle », dans K. Wilson-Chevalier, avec la collab. d’E. Pascal (dir.), Patronnes et mécènes en France à la Renaissance, Saint-Étienne, Publications de l’Université, 2007, p. 59-99.
  • « Histoire d’autrice, de l’époque latine à nos jours », Sêméion : travaux de sémiologie, Université Paris-Descartes, no 6,‎ (lire en ligne)
  • « Performance du Favori de Mme de Villedieu », dans E. Keller-Rahbé & N. Grande (dir.), Madame de Villedieu et le théâtre, Tübingen, Narr Verlag, « Biblio 17 », 184, 2009, p.147-159.
  • avec Perry Gethner, et Henriette Goldwyn (dir), Théâtre de femmes de l'Ancien Régime, Saint-Étienne, Publications de l'Université de Saint-Étienne ; Paris, Classiques Garnier, 2006-2022, 5 vol.
  • En compagnie. Histoire d'autrice de l'époque latine à nos jours, Donnemarie-Dontilly, Éditions iXe, , 118 p. (ISBN 979-10-90062-47-4) (suivi de Sarah Pèpe, Presqu'illes).
  • préface à Françoise Pascal : Le Vieillard amoureux (1664), Vincennes, Talents Hauts, 2020.

Écrits et mises en scène[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Fabrique de l’Histoire », avec Aurore Evain, Corinne François-Denève et Christine Planté, « Femmes artistes (3/4) : Ecrivaines, dramaturges, autrices, la longue histoire des femmes de lettres », France Culture,‎ (lire en ligne)
  2. Laure Daussy, entretien avec Aurore Evain, « On lit toujours les textes de femmes avec un doute », Charlie Hebdo,‎
  3. (en-US) Laura Cappelle, « Rediscovering France’s Early Female Playwrights », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  4. Romain Jeanticou, entretien avec Aurore Evain, « Des Journées du matrimoine pour réhabiliter l’héritage des femmes dans l’art et la culture », Télérama,‎ (lire en ligne)
  5. « Pourquoi il faut défendre notre matrimoine », sur Femme Actuelle (consulté le )
  6. Armelle Héliot : Le Quotidien du médécin, 7 oct. 1998 ; France Culture, « Profession spectateur », 3 oct. 1998
  7. Aurore Evain, invitée du « Cercle de minuit », Ph. Lefait, France 2
  8. Marion Dupont, « Le trajet du terme autrice au sein de la langue française », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne)
  9. France Culture, « autrice, la très vieille histoire d’un mot controversé », vidéo par Camille Renard, avec Aurore Evain, 14 mars 2019
  10. Fabienne Pascaud, « Le lieu perdu à l'hôtel Gouthière », Télérama Radio,‎ (lire en ligne)
  11. Silvia Galipeau, entretien avec Aurore Evain, Blandine Pélissier et Anne Morel Van Hyfte, « Les leçons du Mouvement HF », La Presse,‎ (lire en ligne)
  12. Christine Siméone, « Matrimoine : quand Wikipédia se prend les pieds dans le féminisme », France Inter,‎ (lire en ligne)
  13. « Catherine Bernard, une « rivale très dangereuse » pour les « beaux esprits » de son temps », sur BnF - Site institutionnel (consulté le )
  14. « Œuvrer à sa gloire et à celle de son sexe : la carrière littéraire de Marie-Anne Barbier », sur BnF - Site institutionnel (consulté le )
  15. « ActuElles - Matrimoine : "La fabrique des grands hommes est passée par celle de petites femmes" », sur France 24, (consulté le )
  16. « "Le matrimoine n'est pas un néologisme, mais un mot effacé par l'Histoire" », sur France Culture (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]