Marie-Catherine d'Aulnoy

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Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d’Aulnoy
Description de cette image, également commentée ci-après

Portrait de Marie-Catherine Le Jumel de Barneville.

Naissance 1650 ou 1651
Barneville-la-Bertran
Décès
Paris
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

L'Oiseau bleu

Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, baronne d’Aulnoy, née à Barneville-la-Bertran (aujourd'hui dans le Calvados) en 1650[1] ou 1651[2] et morte à Paris le , est une femme de lettres française.

Femme « d'esprit » et scandaleuse, elle est l'un des auteurs à l'origine du genre écrit du conte merveilleux au sein duquel, à la différence d'auteurs comme Charles Perrault, qui travaillaient dans le sens d'un polissage, elle a insufflé un esprit subversif en usant d'allégories et de satires.

Son travail littéraire est souvent rapproché de celui de Jean de La Fontaine pour sa critique masquée de la cour et de la société française du XVIIe siècle.

Vie mondaine[modifier | modifier le code]

Marie-Catherine Le Jumel de Barneville appartient à la petite noblesse normande. Fille de Claude Le Jumel et de Judith Angélique Le Coustelier, elle est la nièce de la savante Marie Bruneau des Loges (1585-1641).

Comme il était d'usage à l’époque, sa famille arrange son mariage et, le 8 mars 1666, à l’âge de seize ans, elle épouse Frances de La Motte, baron d’Aulnoy en Brie, valet de pied du duc de Vendôme, qui est son aîné de trente ans et possède une réputation de grand buveur et de coureur impénitent.

Trois ans plus tard, en 1669, Marie-Catherine, sa mère et deux complices (probablement leurs amants), montent une machination faisant accuser le baron d’Aulnoy d’un crime de lèse-majesté passible de la peine de mort. Arrêté, son mari est relaxé, mais les « amis » de sa femme sont condamnés à la décapitation pour calomnie. Le complot éventé, la baronne doit son salut à une fuite dans des circonstances rocambolesques, fuyant par un escalier dérobé et se réfugiant sous le catafalque d’une église. Contrainte à l'exil, elle aurait voyagé à travers l’Europe et serait passée en Angleterre pour échapper à la condamnation qui la menaçait.

En 1675, elle aurait gagné l’Espagne où sa mère, la comtesse de Gudanne, résida jusqu’à son retour en France en 1685, après être rentrée en grâce auprès de Louis XIV pour services rendus à la cour.

On retrouve la trace de la baronne d'Aulnoy en 1690, lorsqu’elle s’installe à Paris ; elle y ouvre un salon littéraire, avant de se trouver à nouveau compromise dans un scandale en raison de son amitié avec Madame Ticquet, qui fut décapitée pour le meurtre de son mari.

Elle est également admise à l’Académie des Ricovrati de Padoue comme la septième femme célèbre parmi ses membres sous les surnoms de « l’éloquente » et de « Clio » ; elle y représente la muse de l’histoire.

Descendance[modifier | modifier le code]

Madame d'Aulnoy eut six enfants, dont deux filles nées après sa séparation d’avec son mari, quoiqu’elles portent son nom :

  • Marie-Angélique, (26 janvier 1667, morte jeune, probablement avant novembre 1669[3])
  • Dominique-César, son fils unique (22 novembre 1667, mort jeune)
  • Marie-Anne, Dame de Barneville (27 octobre 1668[4]- avant 1726[5]), épousa le 29 novembre 1685 Claude-Denis de Héère de Vaudois (30 octobre 1658- avant juin 1711[5]), dont :
    • Jacques-Denis-Augustin de Héère (1698- ?), épousa le 2 novembre 1734 Geneviève Françoise de La Fauche. Sans descendance
    • Marguerite de Héère, Dame de Vaudoy.
    • Denise-Lucrèce de Héère (?- après 1772).
    • Marguerite-Françoise de Héère, épouse Jacques-François Tardieu, « comte » de Malissy.
    • Marie-Anne de Héère (6 août 1701 - 3 janvier 1737), épouse le 24 septembre 1735 Jean-Pierre de Fontanges, dont elle eut un fils :
      • François-Alexandre de Fontanges (28 décembre 1736-1754), épouse en 1767 N. de Barol-Rochemont. Sans descendance connue.
  • Judith-Henriette (14 novembre 1669- après 1711[5]), épousa à Madrid le 4 septembre 1704 Giulio Orazio Pucci, fils d'Orazio Roberto Pucci et deuxième Marquis de Barsento[6] (1671-1732), dont elle eut au moins deux enfants :
    • Antonio Pucci (né à Madrid en 1705)[5].
    • Luisa Maria Pucci, première épouse de Francesco Guicciardini.
  • Thérèse-Aimée (13 octobre 1676- après 1728), épousa Edmé II de Préaux d’Antigny (12 avril 1664- v. 2 octobre 1719), dont elle eut une fille :
    • Edmée-Angélique de Préaux d’Antigny (née le 18 novembre 1704), mariée à Pierre Joseph Vermale, mariage annulé.
  • Françoise-Angélique-Maxime (v. 1677-17 novembre 1727), célibataire et sans descendance.

Vie littéraire[modifier | modifier le code]

Contemporaine de Madame de La Fayette et de la Marquise de Sévigné, liée d’amitié avec Charles de Saint-Évremond et avec plusieurs conteuses du siècle comme Julie de Murat et Marie-Jeanne L’Héritier, madame d'Aulnoy publie dès 1690 ses premiers récits : les Mémoires sur la cour d’Espagne, l’Histoire d’Hippolyte, comte de Douglas ou la Relation du voyage d’Espagne (1691), les Mémoires des aventures de la cour de France (1692), les Mémoires secrets de plusieurs grands princes de la cour (1696). Ces productions littéraires estimées sont suivies des contes qui ont assuré sa notoriété.

L’Île de la félicité est le premier conte de fées à être publié en France. Après le succès des Contes de ma mère l’Oye de Charles Perrault en 1697, Marie-Catherine d’Aulnoy fait paraître les quatre volumes des Contes des fées, suivis des Contes nouveaux ou les Fées à la mode, respectivement parus en 1697 et 1698 et qui lui valent la célébrité.

Comptant parmi les plus authentiques chefs-d’œuvre de la littérature féerique, ses contes L’Oiseau bleu, La Belle aux cheveux d’or, Gracieuse et Percinet, Le Prince lutin, La Biche au bois, La Chatte blanche, Le Rameau d’or, Finette Cendron, Le Nain jaune, La Grenouille bienfaisante, reflètent l’évolution d’un genre emprunté aux traditions populaires en un genre littéraire destiné au lectorat adulte de la société galante.

Construits comme des aventures romanesques, où se découvre aisément l’influence de la pastorale, du théâtre et du roman contemporains, ses contes mêlent allègrement excès de préciosité, naturel désinvolte, réalisme et cruauté. Le vécu de Marie-Catherine d’Aulnoy se manifeste également dans son écriture lorsqu’elle se sert de l’allégorie pour dénoncer sans ambages l’épreuve du mariage forcé qu’elle a eu à subir.

Marie-Catherine d'Aulnoy meurt paisiblement chez elle à Paris, en 1705.

Un de ses éditeurs et biographe, Mathurin de Lescure, dit des deux portraits qui subsistent de cette conteuse qu’ils laissent « l’image d’une sémillante et plantureuse beauté ».

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

Œuvres de l’auteur[modifier | modifier le code]

  • rééd. : Mme d’Aulnoy, Contes des Fées, suivis des Contes nouveaux ou Les Fées à la mode, Nadine Jasmin (éd.), Paris, Champion, « Bibliothèque des génies et des fées », 2004.

Dans sa préface à son dernier roman, Le comte de Warwick, le seul des livres à être publié sous son véritable nom, Madame d'Aulnoy expliqua son choix :

« Mais on me donne tant de Livres que je n'ay point faits, & cela est si aisé en mettant un D avec des étoiles, que j'aime mieux convenir que le Comte de Warwik, est à moy, que de me laisser attribuer des Livres qui ne m'appartiennent point. »

Elle fit précéder cette déclaration d'une liste des livres qu'elle avait écrit auparavant :

Œuvres faussement attribuées à Madme d'Aulnoy[modifier | modifier le code]

  • Les illustres fées, contes galans, Paris, M.-M. Brunet, 1698, in-12, 338 p. ill.
  • Mémoires secrets de Mr L.D.D.O. ou Les Avantures comiques de plusieurs grands princes de la cour de France, Paris, Bredou, 1696.
  • Mémoires des avantures singulières de la cour de France, La Haye, Alberts, 1692, puis sur la cour d’Angleterre, 1695.
  • Recueil de Barbin.
Bibliographie critique
  • Anne Defrance, Les Contes de fées et les nouvelles de Mme d’Aulnoy, 1690-1698, L’imaginaire féminin à rebours de la tradition, Genève, Droz, 1998.
  • Nadine Jasmin, Naissance du conte féminin, Mots et merveilles, Les contes de fées de Madame d’Aulnoy, 1690-1698, Paris, Champion, 2002.
  • Jean Mainil, Mme d’Aulnoy et le rire des fées : essai sur la subversion féerique et le merveilleux comique sous l’Ancien régime, Paris, Kimé, 2001.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Œuvres en ligne[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Mme d'Aulnoy Biographie - Les contes de fées du 17eme siècle et Gravures de Gustave Doré », sur www.lescontesdefees.fr (consulté le 17 avril 2017)
  2. (en) The Editors of Encyclopædia Britannica, « Marie-Catherine Le Jumel de Barneville, countess d’Aulnoy », Encyclopædia Britannica (consulté le 17 avril 2017).
  3. Jeanne Roche-Mazon, Autour des contes de fées : recueil d'études de Jeanne Roche-Mazon, accompagnées de pièces complémentaires, Volume 55, 1968, p. 8
  4. Raymond Foulché-Delbosc, Revue Hispanique, Volume 69, 1926, p. 11.
  5. a, b, c et d Raymond Foulché-Delbosc, Revue Hispanique, Volume 69, 1926, p. 106. Erreur de référence : Balise <ref> non valide ; le nom « a » est défini plusieurs fois avec des contenus différents
  6. Judith-Henriette est appelée Marquise de Bargente, mais il s’agit en réalité de Barsento.