Catherine Bernard

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne une femme de lettres française. Pour la karatéka française, voir Catherine Bernard (karaté).
Catherine Bernard
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Salon des dames par Abraham Bosse

Catherine Bernard, dite Mademoiselle Bernard, née à Rouen en 1662 et morte à Paris le , est une poétesse, romancière et dramaturge française.

Elle est la première femme à produire une comédie jouée à la Comédie-Française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née dans une famille protestante, elle s'installe à Paris avant l’âge de dix-sept ans. On l'a dite, sans que le fait n'ait jamais été prouvé[1], proche de l'écrivain Fontenelle et du dramaturge Jacques Pradon[2]. Elle publie son premier roman en 1680. Elle se convertit au catholicisme avant 1685, date de la révocation de l'Édit de Nantes[3]. C'est aussi la date de la rupture avec sa famille protestante. Dès lors Catherine Bernard vit de sa plume et se consacre entièrement à l'écriture[2].

Elle est couronnée par l’Académie française en 1691, 1693 et 1697 et obtient trois prix aux Jeux floraux de Toulouse. Á partir de 1691, le roi Louis XIV lui fait verser une pension annuelle de 200 écus. Elle fréquente le salon de Marie-Jeanne Lheritier de Villandon, nièce de Charles Perrault[2]. Avec Riquet à la houppe et Le prince rosier, elle est l'une des premières à publier des contes[2]. En 1699, elle fait partie de l’Académie des Ricovrati de Padoue. Elle cesse ensuite d'écrire pour le théâtre à la demande de Madame de Pontchartrain, sa mécène. Elle abandonne toute activité publique. Elle continue cependant d'écrire des vers qu'elle ne publie pas[3].

Elle meurt dans l'indifférence en 1712[3]. Selon son testament, elle lègue ses biens à son domestique[2].

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Catherine Bernard publie un premier roman en 1680 Frédéric de Sicile. Ce récit conte l’histoire de la fille unique d’un couple royal, que celui-ci présente comme un garçon. Le personnage est qualifié tantôt par « il » ou « elle »[3]. Le roman Commerce galant publié en 1682 est attribué à Catherine Bernard et Jacques Pradon. Á partir de 1687, Catherine Bernard se consacre entièrement à l'écriture. Elle publie trois nouvelles, deux tragédies et de nombreuses poésies. Ses deux tragédies sont jouées à la Comédie française et rencontrent le succès : Laodamie, traitant des problèmes de la souveraineté féminine, est jouée vingt-deux fois à la Comédie française, Brutus est mis en scène le , la pièce est jouée vingt-cinq fois[3].

Controverses et attributions[modifier | modifier le code]

Quarante ans après la publication du Brutus de Catherine Bernard, Voltaire publie en 1730 une tragédie du même nom. Une polémique éclate. Une parodie affirme que Voltaire a dérobé la tragédie de Catherine Bernard[4]. Voltaire se défend en disant que le Brutus de Catherine Bernard aurait en fait été écrite par Fontenelle et non par elle[2]. En 1751, il persiste et affirme dans la notice qu'il consacre à Catherine Bernard pour son Siècle de Louis XIV que Bernard de Fontenelle, a rédigé la pièce Brutus[3].

La tragédie Bradamante en 5 actes publiée en 1695 chez Michel III Brunet, 1696 est habituellement attribuée à Thomas Corneille. Cette pièce est attribuée à Catherine Bernard par Pierre-François Godar de Beauchamps dans ses Recherches sur les théâtres de France paru en 1735[5].

Depuis les années 1980, de nombreux travaux (trois thèses doctorales et et plus de vingt-cinq articles) ont permis de réhabiliter et redécouvrir l’œuvre de Catherine Bernard. En 1990, Perry Gethner publie Laodamie dans son anthologie Femmes dramaturges en France (1650-1750): Pièces choisies. En 1993, Franco Piva publie les œuvres complètes de Catherine Bernard permettant ainsi une ré-attribution de ses œuvres une redécouverte de l'autrice[3].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Elle vit dans une fin de siècle marqué par les guerres, par les guerres de religions et les Lumières. Selon Faïka Besbes-Bannour (autrice d'une thèse sur Catherine Bernard soutenue en 2011), les décennies situées entre la fin du XVIIe siècle et le début du siècle des Lumières sont un moment de mutation de l'écriture romanesque où « le pathétique fait l’objet d’une laïcisation, d’une réhabilitation morale et d’une promotion esthétique qui en font une catégorie majeure de la littérature du Grand Siècle finissant »[6].

Les écrivaines, dramaturges et autrices (autrice est un mot qui était utilisé à l'époque dans les comptes notamment) de théâtre de cette époque - même aussi connue à son époque que Catherine Bernard - semblent avoir été effacées du corpus théâtral au XIXe siècle[6]. Une hypothèse est que les Académiciens (au moment où l'on construisait le dictionnaire du français en y omettant le mot Autrice) les auraient au XIXe siècle associées au « côté dangereux des passions » et à un discours passionnel exalté notamment autour du thème amoureux[6].

Pour Faïka Besbes-Bannour, de Madame de Lafayette à Catherine Bernard l'écriture romanesque féminine évolue vers plus de sobriété et de concision, en lien avec la représentation du pathétique[6].

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • prix de poésie de l'Académie française en 1691, 1693, 1697
  • prix de poésie de l'Académie des Jeux Floraux de Toulouse en 1696, 1697, 1698

Œuvre[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Page de titre du Brutus dont Voltaire se serait par la suite inspiré.

Romans, nouvelles et autres textes en prose[modifier | modifier le code]

Édition des œuvres complètes[modifier | modifier le code]

  • Œuvres, textes établis, présentés et annotés par Franco Piva, Paris, Nizet, coll. « Biblioteca della ricerca. Testi stranieri », 2 vol. (Tome I, Romans et nouvelles, 462 p. ; Tome II, Théâtre et poésie, 595 p.), 1993-1999 (Inclut Brutus, Laodamie, reine d’Épire, Frédéric de Sicile, Histoire de la rupture d’Abenamar et de Fatime ; Inès de Cordoue, nouvelle espagnole, Riquet à la houppe ; Les Malheurs de l'amour, Première Nouvelle ; Éléonor d’Yvrée ; Edgar, roi d’Angleterre, histoire galante ; Le Roi seul, en toute l’Europe, défend et protège les droits des rois ; Plus le roi mérite les louanges, plus il les évite ; Le Roi, par la paix de Savoie, a rendu la tranquillité à l’Italie, et a donné à toute l’Europe l’espérance de la paix générale ; L’Imagination et le Bonheur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Titiou Lecoq, « Littérature: des auteures oubliées, parce qu'effacées », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  2. a, b, c, d, e et f « Catherine Bernard, La Voix oubliée », France-Culture, 10 juin 2017
  3. a, b, c, d, e, f et g Derval Conroy, « Catherine Bernard », sur siefar.org, (consulté le 15 janvier 2018)
  4. (en) Nina Ekstein, « Appropriation and gender: The case of Catherine Bernard and Bernard de Fontenelle », Eighteenth-Century Studies,‎ (lire en ligne)
  5. http://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Bernard-Brutus-Preface.html voir Note 2
  6. a, b, c et d Le pathétique et la femme : l'écriture romanesque féminine du pathos dans les années charnières 1678-1720 par Faïka Besbes-bannour, thèse soutenue le 17 juin 2011 à Paris 3, dans le cadre de l'École doctorale (résumé)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]