Catherine Bernard

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Catherine Bernard
Biographie
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Salon des dames par Abraham Bosse

Catherine Bernard, dite Mademoiselle Bernard, née à Rouen en 1662 et morte à Paris le , est une poète, romancière et dramaturge française. Elle fut la première femme à produire une comédie jouée à la Comédie française, il n'en existe pas de portrait conservé.

Contexte[modifier | modifier le code]

Elle vit dans une fin de siècle marqué par les guerres, guerres de religions et les lumières.
Selon Faïka Besbes-bannour (autrice d'une thèse sur C. Bernard, soutenue en 2011), les décennies situées entre la fin du XVIIe siècle et le début du siècle des Lumières sont un moment de mutation de l'écriture romanesque où « le pathétique fait l’objet d’une laïcisation, d’une réhabilitation morale et d’une promotion esthétique qui en font une catégorie majeure de la littérature du Grand Siècle finissant »[1].

Les écrivaines, dramaturges et autrices (autrice est un mot qui était utilisé à l'époque dans les comptes notamment) de théâtre de cette époque - même aussi connue à son époque que C Bernard - semblent avoir été effacées du corpus théâtral au XIXème siècle[1]. Une hypothèse est que les académiciens (au moment où l'on construisait le dictionnaire du Français en y omettant le mot Autrice) les aurait au XIXème siècle associées au « côté dangereux des passions » et à un discours passionnel exhalté notamment autour du thème amoureux et signe Molière Racine et Corneille l’échec de la communication[1].

Pour Faïka Besbes-bannour, de Mme de Lafayette à Mlle Catherine Bernard l'écriture romanesque féminine évolue vers plus de sobriété et de concision, en lien avec la représentation du pathétique[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Née dans une famille protestante, cette nièce de Pierre et Thomas Corneille et cousine de Fontenelle monta tenter sa chance à Paris avant l’âge de dix-sept ans, après avoir abjuré le protestantisme.

Elle rencontra alors la société la plus illustre de son temps dont son cousin Fontenelle qui contribua, par ses conseils et l’intérêt qu’il prenait à ses ouvrages, à sa fortune littéraire.

Elle a été couronnée par l’Académie française en 1671, 1693 et 1697 et a obtenu trois prix aux Jeux floraux de Toulouse. Elle a fait partie de l’Académie des Ricovrati de Padoue. Le roi Louis XIV lui faisait verser une pension annuelle de 200 écus. Elle supprima, vers la fin de sa vie, plusieurs pièces de vers composées dans sa jeunesse qui lui paraissaient désormais trop libres et qu’elle refusa toujours de communiquer, même contre une somme considérable.

Elle meurt seule, selon son testament elle lègue ses biens à son domestique[2].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Page de titre du Brutus dont Voltaire se serait par la suite inspiré.
  • Brutus, tragédie Auteurs : Marie-Anne Barbier, Catherine Bernard, Bernard de Fontenelle ; Chez la veuve de Louis Gontier, Paris 1691 Lire en ligne sur Gallica
    La tragédie Brutus, mise à la scène le , eut 25 représentations. Une célèbre polémique fut soulevée, par le Brutus (1730) de Voltaire, dont la publication, quarante ans après Catherine Bernard, d’une tragédie du même nom donna à penser que sa pièce s’inspirait de celle de la poétesse, et même qu’elle lui devait quelques vers. Une parodie alla même jusqu’à affirmer que Voltaire avait dérobé la tragédie de Catherine Bernard. Voltaire se défend en disant que le Brutus de C Bernard aurait en fait été écrite par un homme et non par elle [2].
  • Sa nouvelle Inès de Cordoue a fait l'objet d'une réédition à l’époque moderne.
  • Les malheurs de l'amour. Première nouvelle. Éléonor d'Yvrée Auteurs : Catherine Bernard, Bernard de Fontenelle ; E. Foulque et L. Van Dole (La Haye) 1688 Lire en ligne sur Gallica
  • Inès de Cordoue nouvelle espagnole M. et G. Jouvenel, Paris 1696
  • Le comte d'Amboise, nouvelle galante A de Hondt et J. van Ellinckhuysen, La Haye 1689
  • Le commerce galant ou Lettres tendres et galantes de la jeune Iris et de Timandre Auteurs Catherine Bernard, Nicolas Pradon
  • Laodamie, reine d’Épire tragédie ; 11 février 1689. Cette pièce fut représentée vingt fois, ce qui, à l’époque, constituait un beau succès.
    • On lui attribue parfois une tragédie intitulée Bradamante, mais celle représentée à la Comédie-Française au mois de novembre 1695 est signée de Thomas Corneille seul[3],[4].

Liste chronologique[modifier | modifier le code]

  • Frédéric de Sicile ;
  • Histoire de la rupture d’Abenamar et de Fatime ;
  • Inès de Cordoue, nouvelle espagnole (recueil incluant la première version de Riquet à la houppe) ;
  • Laodamie, reine d’Épire ;
  • Le Comte d’Amboise, nouvelle galante ;
  • Les Malheurs de l’Amour, première nouvelle, Eléonor d’Yvrée ;
  • Éléonor d’Yvrée ;
  • Edgar, roi d’Angleterre, histoire galante ;
  • Relation de l’isle de Bornéo (collaboratrice, avec Fontenelle) Lire en ligne sur Gallica ;
  • Laodamie, tragédie, 1689 ;
  • Brutus, tragédie, 1690 ; Lire en ligne sur Gallica
  • Le Roi seul, en toute l’Europe, défend et protège les droits des rois ;
  • Plus le roi mérite les louanges, plus il les évite ;
  • Le Roi, par la paix de Savoie, a rendu la tranquillité à l’Italie, et a donné à toute l’Europe l’espérance de la paix générale ;
  • L’Imagination et le Bonheur.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Le pathétique et la femme : l'écriture romanesque féminine du pathos dans les années charnières 1678-1720 par Faïka Besbes-bannour, thèse soutenue le 17-06-2011 à Paris 3, dans le cadre de École doctorale (résumé)
  2. a et b Catherine Bernard, La voix oubliée, France-Culture 2017-06-10
  3. http://www.idt.paris-sorbonne.fr/html/Bernard-Brutus-Preface.html voir Note 2
  4. http://www.siefar.org/dictionnaire/fr/Catherine_Bernard/Fortun%C3%A9e_Briquet avis partagé par Fortunée Briquet

Bibliographie[modifier | modifier le code]