Arthur Shawcross

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Arthur Shawcross
Image illustrative de l'article Arthur Shawcross
Arthur Shawcross (au milieu)
Informations
Nom de naissance Arthur John Shawcross
Naissance
Kittery (États-Unis)
Décès (à 63 ans)
Cause du décès arrêt cardiaque
Sentence prison à vie sans possibilité de liberté conditionnelle
Meurtres
Nombre de victimes 14
Période 7 mai 1972 - 28 décembre 1989
Pays États-Unis
États New York
Arrestation 5 janvier 1990

Arthur John Shawcross ( à Kittery (Maine) - ) est un tueur en série américain, aussi connu sous le nom de Killer Genesee River ou l'étrangleur de Rochester, New York. Il a revendiqué le meurtre de la plupart de ses victimes après avoir bénéficié d'une liberté conditionnelle une première fois à la suite d'une condamnation pour le meurtre de deux enfants, ce qui a conduit à une critique du système judiciaire américain.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Shawcross est né à Kittery, dans le Maine. Mais, sa famille a déménagé à Watertown, dans l'État de New York quand il était jeune[1]. Alors que plusieurs années plus tard il fut démontré que Shawcross possédait une intelligence en dessous de la moyenne, voire qu'il était attardé mental, il a eu des A et des B lors de ses deux premières années à l'école primaire[2]. À sa cinquième année[3], les résultats de l'un de ses tests ont montré que son QI était « inférieur à la normale » (entre 86 et 92). Shawcross était enclin à l'intimidation et à la violence physique, et mouillait son lit de façon chronique, du moins jusqu'à ses 12 ans[4]. En 1960, il abandonne le lycée puis en avril 1967, il s'engage dans l'armée de terre[5]. À cette époque, il divorce de sa première femme et lui laisse la garde de leur enfant d'un an et demi, qu'il n'a jamais revu[6].

En septembre 1968, après la fin de son service militaire au Viêt Nam, Shawcross est transféré à Fort Sill, en Oklahoma en tant qu'armurier[7]. Sa seconde femme, Linda, connaît à cette époque plusieurs aspects de son comportement dérangeant, surtout son penchant d'incendiaire ; un des psychiatres de l'armée lui a dit que son mari éprouvait du plaisir sexuel en allumant des incendies[8]. Linda Shawcross assiste également au meurtre de leur chiot de six mois par son mari[9]. Shawcross quitte l'armée avec les honneurs au printemps 1969[10].

Shawcross quitte l'Oklahoma pour Clayton, New York avec sa femme (qui va bientôt demander le divorce), où il commence à commettre des infractions allant de l'incendie criminel au cambriolage[11]. Ses crimes lui valent de purger une peine de 5 ans à Attica, mais il est finalement transféré au Centre correctionnel d'Auburn, où il reste 22 mois. Libéré sur parole en octobre 1971, il retourne à Wavertown, éventuellement pour trouver du travail dans une entreprise de travaux publics de la ville et se marier pour la 3e fois. En mai 1972, ShawCross viole et assassine un jeune garçon de dix ans, Jack Owen Blake, après l'avoir attiré dans les bois. Quatre mois plus tard, il viole et tue Karen Ann Hill, une jeune fille de 8 ans, qui était en visite à Wavertown avec sa mère pour le week-end de la fête du travail.

Arrêté pour ces crimes, Shawcross avoue les avoir commis. En vertu d'une transaction pénale, il révèle où il a caché le corps de Jack. Il plaide coupable d'homicide involontaire sur la personne de Karen Ann Hill et les charges concernant Jack Blake sont abandonnées. Il est reconnu coupable et condamné à 25 ans de prison[12].

Shawcross fait 14 ans et demi de prison et est libéré sur parole en avril 1987[13]. Ne tenant pas en place, personne ne veut l'accueillir chez lui et aucune entreprise ne veut de lui comme employé à cause de son passé criminel. Son officier de liberté conditionnelle le reloge à Rochester en juin 1987 ou il vit dans l'appartement Normandy no 316[14].

Seconde série de meurtres[modifier | modifier le code]

En mars 1988, Shawcross recommence à tuer, principalement des prostituées, dans le quartier où il vit, avant sa capture, moins de deux ans plus tard. Il est reconnu coupable de 11 meurtres, avec un 12e qu'on ne lui a pas attribué officiellement. Les victimes sont[15] :

# Nom Âge Disparition Découverte du corps
1. Dorothy « Dotsie » Blackburn 27 18 mars 1988 24 mars 1988
2. Anna Marie Steffen 28 9 juillet 1988 11 septembre 1988
3. Dorothy Keeler 59 29 juillet 1989 21 octobre 1989
4. Patricia « Patty » Ives 25 29 septembre 1989 27 octobre 1989
5. June Stotts 30 23 octobre 1989 23 novembre 1989
6. Marie Welch 22 5 novembre 1989 5 janvier 1990
7. Frances « Franny » Brown 22 11 novembre 1989 15 novembre 1989
8. Kimberly Logan 30 15 novembre 1989 15 novembre 1989
9. Elizabeth « Liz » Gibson 29 25 novembre 1989 27 novembre 1989
10. Darlene Trippi 32 15 décembre 1989 5 janvier 1990
11. June Cicero 34 17 décembre 1989 3 janvier 1990
12. Felicia Stephens 20 28 décembre 1989 31 décembre 1989

Toutes les victimes sont assassinées dans le comté de Monroe, à l'exception de Gibson, qui est tuée dans le comté de Wayne.

Le corps de June Cicero est découvert par surveillance aérienne le 3 janvier 1990.

Shawcross est repéré par l'équipe de surveillance (et par un témoin oculaire), debout, près de sa voiture, apparemment en train d'uriner sur un pont traversant Salmon Creek, ruisseau dans les eaux congelées duquel on a retrouvé le corps de sa dernière victime[16]. Il est mis en garde à vue dans la soirée du 3 janvier 1990. Deux jours plus tard, il est placé en détention provisoire. Durant sa garde à vue, il avoue tous les meurtres.

Procès et condamnation[modifier | modifier le code]

En novembre 1990, Shawcross est inculpé de 10 meurtres par le premier adjoint du procureur du district du comté de Monroe, Charles J. Siragusa. Shawcross plaide non coupable pour cause de démence, avec pour témoin le psychiatre Dorothy Lewis, qui affirme qu'il souffrait de trouble de la personnalité, de stress post-traumatique et qu'il a peut-être été maltraité dans son enfance.
Shawcross, qui a servi au Vietnam, dans la 4e compagnie de transport et d'approvisionnement de la 4e division d'infanterie[17], a raconté des histoires farfelues selon lesquelles il aurait commis des crimes durant son service militaire lorsqu'il était seul dans la jungle[18]. Lors de son retour du service militaire, Shawcross a déclaré avoir vu des soldats américains blessés de la tête au pieds[19],[20], décapiter deux femmes et placer leurs têtes sur des poteaux[21]. Le profiler du FBI, Robert K. Ressler examine les déclarations de la psychiatre pour l'accusation avant le procès. Ressler écrit que « les déclarations de la psychiatre selon lesquelles Shawcross avait été témoin d'atrocités en temps de guerre étaient manifestement fausses et scandaleuses »[22]. Shawcross est reconnu coupable de 10 meurtres au second degré et condamné à 250 ans de prison pour les meurtres commis dans le comté de Monroe.

Quelques mois plus tard, Shawcross est transféré au Comté de Wayne pour y être jugé pour le meurtre de Gibson. Il plaide coupable et est condamné à la prison à vie.

En 1992, l'auteur de romans policiers Joel Norris écrit un livre sur l'affaire. Le livre de poche est mis en vente avec un CD contenant « les confessions en direct de Shawcross sur ses crimes odieux ! ». Cet ouvrage est beaucoup critiqué notamment pour son sensationnalisme.

Emprisonnement et mort[modifier | modifier le code]

Shawcross est placé dans le centre de détention Sullivan à Fallsburg (New York) jusqu'à sa mort, le 10 novembre 2008, au centre médical d'Albany[15], par arrêt cardiaque à 21h50[23].

Shawcross laisse une fille et une petite-fille.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (Olsen 1993, p. 214)
  2. (Olsen 1993, p. 167–168)
  3. (Olsen 1993, p. 175)
  4. (Olsen 1993, p. 171)
  5. (Olsen 1993, p. 52)
  6. (Olsen 1993, p. 52–53)
  7. (Olsen 1993, p. 56)
  8. (Olsen 1993, p. 58–59)
  9. (Olsen 1993, p. 60)
  10. (Olsen 1993, p. 61)
  11. (Olsen 1993, p. 192–193)
  12. (Olsen 1993, p. 137)
  13. (Olsen 1993, p. 208)
  14. (Olsen 1993, p. 224)
  15. a et b (en) « Serial Killer Arthur Shawcross Dead », sur www.13wham.com, (consulté le 5 juin 2012)
  16. (Olsen 1993, p. 379)
  17. (Olsen 1993, p. 189)
  18. (Olsen 1993, p. 446)
  19. (Olsen 1993, p. 192)
  20. (Olsen 1993, p. 55)
  21. (Olsen 1993, p. 190–191)
  22. (Ressler et Schactman 1992, p. 276)
  23. (en) « Upstate New York serial killer dies », sur www.cnycentral.com, The Associated Press, (consulté le 5 juin 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jack Olsen, The Misbegotten Son, Delacorte Press, (ISBN 0-385-29936-2)
  • Robert Ressler et Tom Schactman, Whoever Fights Monsters: My Twenty Years Hunting Serial Killers for the FBI, St. Martin's Press, (ISBN 0-312-95044-6)

Documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]