Arthur Morin

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Arthur Morin () est un général et physicien français. Il est l'auteur de nombreux travaux de mécanique expérimentale et l'inventeur d'un appareil d'étude de la chute des corps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille aisée de négociants nantais, il est le fils aîné de Nicolas Morin (1766-1855), employé à l'agence du commerce extérieur de Nantes et de l'artiste peintre Eulalie Morin (1765-1852)[2]. Arthur Morin fut élève du collège Sainte-Barbe[3]. Admis à l’École polytechnique en 1813, Morin prit part à la défense de Paris, puis fit partie du contingent d'élèves compris dans le renvoi collectif d'avril 1816 promulgué par la Restauration.

Livré à lui-même, Arthur Morin fut employé à la papeterie d'Essonnes, quand le gouvernement de la Restauration, mieux inspiré, s'avisa en octobre 1817 de rappeler plusieurs des polytechniciens licenciés, après leur avoir fait toutefois prêter de nouveau serment au régime. Morin était du nombre de ces graciés et fut classé le second de sa promotion dans le service de l'Artillerie de terre. À la fin de la même année, il était envoyé à l'École d'application de Metz en qualité d'élève-sous-lieutenant[3].

En 1828, il épouse à Paris sa cousine Adélaïde Victoire Morin[4] dont le père, colon réfugié de Saint-Domingue, a suivi Denis Nicolas Cottineau dans son périple américain.

Il prononce un discours sur la tombe de Michel Alcan, grand ingénieur des machines textiles et pédagogue du Conservatoire[5].

Il meurt à Paris le 7 février 1880 au Conservatoire des arts et métiers où il est domicilié[6].

Arthur Morin était le cousin d'un Français émigré aux Etats-Unis, Joseph Etienne Berret[7] dont le fils, James Gabriel Berret (en) (1815-1901), fut maire de Washington de 1859 à 1861.

Carrière - Travaux[modifier | modifier le code]

Arthur Morin fut d'abord professeur à l’École d'application de Metz, puis, en 1839, au Conservatoire impérial des arts et métiers, dont il devint le directeur en 1849. Il a été élu membre de l'Académie des sciences en 1843, au siège de Gaspard-Gustave Coriolis.

Sur une suggestion de Poncelet, il fabriqua en 1833 un appareil enregistreur à rouleau pour l'étude de la chute des corps, appelé « machine de Morin ». On lui doit aussi le dynamomètre Morin, qui est une amélioration du dynamomètre Poncelet. Morin était un spécialiste du génie mécanique, qui travailla sur le rendement des machines. Il procéda à des mesures extensives sur le frottement[8] et l'efficacité des moteurs hydrauliques, en particulier les roues à aubes et les turbines. Morin présenta notamment les résultats des essais comparatifs qu'il avait effectués en 1845 sur une turbine Fourneyron et la turbine Fontaine réglable à la poudrerie du Bouchet[9].

Il n'est pas rare de retrouver les valeurs données par les expériences du « commandant Morin » dans les mémentos d'ingénierie jusqu'en plein XXe siècle.

Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (59e division).

Hommages[modifier | modifier le code]

Principales publications[modifier | modifier le code]

Documents sur le Web[modifier | modifier le code]

  • Arthur MORIN (1795-1880) Société des Amis de la Bibliothèque de l'École Polytechnique
  • Henri Tresca, « Discours prononcé aux funérailles du Général Morin, vice président de l'association scientifique de France au nom de l'Académie des Sciences et du Conservatoire des arts et métiers », Bulletin hebdomadaire de l'Association scientifique de France, no 645,‎ (lire en ligne) lire en ligne sur Gallica

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « https://francearchives.fr/fr/file/ad46ac22be9df6a4d1dae40326de46d8a5cbd19d/FRSHD_PUB_00000355.pdf »
  2. Archives de Paris, état-civil reconstitué, naissances, V3E/N1662, vue 15/44 et filiation sur une fiche similaire, sur Filae.
  3. a et b D'après A. Laussedat, École polytechnique, livre du centenaire, 1794-1894, vol. 1, Paris, Gauthier-Villars et fils, 1894-1897.
  4. Archives Paris, état civil reconstitué, mariages, V3E/M743, vue 35/51. L'épouse est née le 21 novembre 1801 à Philadelphie, Pennsylvanie.
  5. Georges Ribeill, « ALCAN, Michel (1811-1877). Professeur de Filature et de tissage (1852-1877) », Publications de l'Institut national de recherche pédagogique, vol. 19, no 1,‎ , p. 83–91 (lire en ligne, consulté le )
  6. Archives de Paris, 3e arr., vue 33/246, acte de décès n°256, sur Filae.
  7. Arthur Morin est le neveu d'Anne Morin épouse Berret, née à Nantes le 25 novembre 1764. Celle-ci est mère de Joseph Étienne Berret précité, époux de Marie Elliott O'Donnell, mariés à Baltimore en 1809, d'où James Gabriel Berret (1815-1901).
  8. Cf. Konstantinos Chatzis, « Dupuit, Morin et la question du frottement de roulement : la scène scientifique française des années 1830 et 1840 au prisme d’une controverse », Documents pour l’histoire des techniques, no 20,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. Arthur Morin, « Mécanique appliquée - Expériences sur la turbine de M. Fontaine-Baron, mécnicien à Chartres », Comptes rendus hebdomadaires des séances de l'Académie des sciences,‎ , p. 1-8 (lire en ligne, consulté le )
  10. Arthur Morin sa fiche sur LEONORE

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]