Antoine Estadens

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Antoine Estadens
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Député
Biographie

Antoine Estadens était un homme politique français né le à Baziège et mort le à Toulouse. Il fut pendant vingt-cinq ans la figure politique emblématique de la ville de Baziège dans la Haute-Garonne, dont il fut consul, puis maire à deux reprises. Sa carrière culmina avec son élection comme député à la Convention nationale en 1792.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution[modifier | modifier le code]

Un bourgeois de province[modifier | modifier le code]

Blason de Baziège

Il est le fils d'un maître-serrurier du nom de Jean-Baptiste Estadens. Avant la Révolution, ce bourgeois aisé est propriétaire terrain à Baziège. En 1784, on le retrouve maître de la Poste Royale du relais de Baziège.

Consul de Baziège[modifier | modifier le code]

Fervent adepte des idées des Lumières, côtoyant les salons provinciaux, il acquiert une solide réputation dans sa cité. En 1784, le conseil de communauté le nomme Premier Consul de la cité. À ce poste, il a de nombreux démêlés avec le seigneur de la région, le comte de Laboucherolle.

Il quitte ses fonctions en 1788 après un mandat de quatre ans.

Le révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Maire de Baziège[modifier | modifier le code]

En 1789, il est électeur aux États généraux pour la sénéchaussée de Castelnaudary.

En juillet de la même année, face au risque d'émeute frumentaire, la cité de Baziège fonde une garde nationale dont Estadens est nommé commandant en chef.

En , il se présente aux premières élections municipales de sa ville, et est élu maire au deuxième tour de scrutin. Son mandat est marqué par sa rivalité avec Izarn, le commandant royaliste de la Garde nationale. Leur opposition crée de nombreux affrontements violents dans la cité.

En , Izarn devient vice-président du directoire du district de Villefranche. Il profite de cette position pour lancer une cabale contre Estadens. Accusé d'abus de pouvoir, celui-ci démissionne de ses fonctions de maire le 16 janvier.

À l'administration du département[modifier | modifier le code]

Estadens n'en poursuit pas moins sa carrière politique, et au printemps 1791 il est élu administrateur du département de la Haute-Garonne. De retour à Baziège, il reprend ses fonctions de maître de la Poste Royale.

En tant que membre du directoire du département, il impose en un curé constitutionnel à Baziège contre l'avis de la population. Le prélat manque d'être lynché à son arrivée dans la ville et ne doit son salut qu'à l'intervention d'Estadens. Ce dernier doit appeler à la rescousse le régiment des dragons de Noailles pour rétablir l'ordre. Le 17 mai, la mairie dirigée par les sbires de Izarn est destituée.

Le Conventionnel girondin[modifier | modifier le code]

Le , le département de la Haute-Garonne élit Estadens député à la Convention nationale, le septième sur douze, par 490 voix sur 678 votants.

Une fois à Paris, il siège du côté des Girondins mais n'intervient pas dans les débats. Au procès de Louis XVI, il vote pour l'appel au peuple, puis en faveur de la réclusion et du bannissement à la paix du roi, comme six des douze députés de son département.

Le , il vote la mise en accusation de Marat.

L'emprisonnement[modifier | modifier le code]

En , il se fait remarquer en signant la pétition de protestation en faveur des députés girondins décrétés d'arrestation après les Journées du 31 mai et du 2 juin. La municipalité de Baziège se prononce elle aussi contre le mouvement parisien.

Estadens est décrété d'arrestation à son tour et emprisonné pendant toute la durée de la Terreur. Il est d'abord incarcéré à la prison de la Force puis à celle des Carmes.

Malade, il obtient en du Comité de sûreté générale la permission d'être transféré dans la maison d'arrêt de la rue Charonne afin de se rétablir.

Fin de la Convention[modifier | modifier le code]

Il doit attendre l'amnistie de frimaire an III pour réintégrer la Convention.

Sous le Convention thermidorienne, il est nommé au Comité des Postes et Messageries. Il est ainsi envoyé accomplir diverses missions en France et en Belgique.

Sous le Directoire[modifier | modifier le code]

En l'an IV, il est réélu au Conseil des Anciens, où il siège sans se faire remarquer jusqu'en . Au cours de ce mandat, il semble se tenir à ses idées républicaines. On le retrouve à plusieurs reprises dans sa ville natale où il participe à quelques cérémonies.

De retour à Baziège, il redevient officier municipal. Il doit alors faire face à la montée des royalistes dans la région et à leurs insurrections. En , la ville est sur le point d'être prise par les rebelles, d'autant plus que la population est devenue majoritairement royaliste. Estadens tente d'organiser la défense de la ville, sans succès : les troupes républicaines doivent se retirer. Mais les royalistes ne prennent pas la ville, et au bout de huit jours l'armée légaliste de Villefranche reprend la ville.

Deuxième mandat municipal[modifier | modifier le code]

Estadens accueille favorablement le coup d'État du 18 brumaire. En 1800, le nouveau gouvernement le nomme maire de Baziège. Mais s'étant fixé à Toulouse avec son épouse, il refuse dans un premier temps ces fonctions, avant de les accepter.

Fervent bonapartiste, au contraire de ses administrés, Estadens dirige la municipalité jusqu'en 1808. Désormais âgé et en conflit avec le conseil municipal, il démissionne et se retire de la vie politique

Retraite et fin de vie[modifier | modifier le code]

Vivant dans une retraite complète, il a le temps d'assister en 1814 à la première abdication de Napoléon Ier. Il meurt cette même année à l'âge de 72 ans, à son domicile de la rue des Balances à Toulouse.

Sources[modifier | modifier le code]