Angèle Mérici

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Angèle Merici
Sainte catholique
Image illustrative de l’article Angèle Mérici
Sainte Angèle Mérici enseignante, par Pietro Calzavacca (1855-1890).
Naissance
Desenzano, Italie
Décès  
Brescia, Italie
Nationalité Italie
Ordre religieux Ordre de Sainte-Ursule
Canonisation 27 mai 1807
par Pie VII
Vénéré par Église catholique romaine

Sainte Angèle Merici, née le à Desenzano et morte le à Brescia, est une religieuse lombarde, fondatrice de la Compagnie de Sainte Ursule, la première congrégation religieuse féminine entièrement dédiée à l'éducation des jeunes filles[réf. souhaitée]. Elle est canonisée en 1807 par le pape Pie VII. Sa mémoire liturgique se célèbre le 27 janvier.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Le récit hagiographique de cette sainte rend la distinction difficile entre l'histoire et la légende[1].

Enfance[modifier | modifier le code]

Selon une tradition peu assurée, Angèle naît le (la tradition manuscrite peu homogène et mal débrouillée permet juste d'estimer une date de naissance comprise entre 1470 et 1475)[2] à Desenzano, près du lac de Garde, à une époque où la péninsule est ravagée par les guerres, les épidémies et la famine[3]. Elle grandit au sein d’une famille chrétienne, avec un père issu de la petite noblesse déclassée, Giovanni Merici, et une mère Caterina issue d'une famille respectée de Salò, les Biancosi[4]. Giovanni Merici est un gentilhomme campagnard qui vit avec sa famille sur son domaine agricole, « Les Grezze »[5]. Il lit à ses enfants le soir un épisode de la vie des Saints, ce qui marque profondément la petite Angèle.

À quinze ans, l’adolescente perd ses parents et l’une de ses sœurs en quelques mois. Après ces deuils, vers l’âge de 16 ans, son oncle maternel la prend chez lui à Salò, ainsi que l’un de ses frères. Elle connaît alors la vie citadine typique de la Renaissance italienne marquée par un renouveau spirituel d'où sortent l'humanisme et des réformes religieuses, Salò étant un centre actif des Franciscains réformés[6].

À la mort de son oncle, elle retourne, pour un temps, au domaine familial des Grezze. C’est là qu'elle reçoit sa vocation. Angèle voit une échelle élevée vers le ciel et des jeunes filles qui montent et descendent. Selon ses dires, Dieu lui révèle qu’elle fondera un jour une nouvelle famille religieuse qui rassemblera des femmes pour accomplir une mission dans l’Église.

Vie religieuse[modifier | modifier le code]

Statue d'Angèle Merici à Desenzano.

À dix-huit ans, afin de pouvoir se consacrer au Seigneur librement et d’être admise régulièrement à la table eucharistique (fait rare à cette époque), elle demande à entrer dans le Tiers-Ordre de Saint-François d’Assise, et devient Sœur Angèle. Elle jeûne et mène désormais une vie au service des autres.

En 1516, ses supérieurs franciscains l’envoient à Brescia pour une mission de consolation : Catarina Patengola a perdu son mari et ses fils à la guerre, et perd goût à la vie. Angèle reste deux ans chez Catarina, puis, celle-ci rétablie, quitte la maison mais décide de rester à Brescia. Elle accepte l’hospitalité d’un certain Antonio Romano, chez qui elle habitera pendant quatorze ans. La réputation d’Angèle grandit : elle accompagne, console, apaise les colères, réconcilie, conseille même des théologiens qui viennent l’interroger. C'est ainsi qu'elle commence à réunir « autour d'elle un laïcat profondément chrétien, composé de femmes issues de la noblesse comme du petit peuple[3] ».

Selon la coutume, Angèle entreprend plusieurs pèlerinages[3]. En 1524, elle part pour Jérusalem avec un groupe de pèlerins. Pendant la traversée, elle est atteinte d’une infection aux yeux. En Terre sainte, on doit la guider. Pour Angèle, et pour ses filles après elle, la Passion et la Résurrection du Seigneur seront au cœur de leur spiritualité. Pendant le retour, en Crète, Angèle guérit.

Elle fait ensuite d’autres pèlerinages : en 1525, elle part pour Rome à l’occasion de l’Année sainte. Elle rencontre un prélat dont elle a fait la connaissance en Terre Sainte. Celui-ci lui propose une audience avec le pape, Clément VII. Fille de l’Église, Angèle accepte. Le Saint-Père lui demande de rester à Rome. Mais elle le prie de lui pardonner de ne pas accepter : c’est à Brescia que Dieu l’attend. Clément VII comprend et la laisse partir.

De retour à Brescia, Angèle continue sa vie de prière. Le duc de Milan François II Sforza, lui demande d’être sa mère spirituelle.

En 1529, la guerre oblige beaucoup de monde à fuir. Angèle part pour Crémone. Là, elle ne cesse de recevoir pauvres et riches, nobles et servantes. Elle fait encore deux autres pélerinages (1529-1532) au sanctuaire de Varallo, un lieu où l’on construit des petites chapelles dans la montagne[3]. Des scènes de la vie du Christ y sont représentées, pour les chrétiens dans l’impossibilité de se rendre en Palestine.

Le pape Clément VII (1526).

À son retour à Brescia, elle loge un temps chez Agostino Gallo. Puis, dans une chambre près de l’église Sainte-Afre.

Mais le temps passe et elle n’a toujours pas réalisé ce que le Seigneur lui a demandé dans sa jeunesse. Elle se sent alors pressée intérieurement d’accomplir sa mission : fonder une « Compagnie » de femmes qui veulent se consacrer au Seigneur. Elles vivront leur consécration sans se retirer de leur lieu de vie. Là où elles seront, elles vivront leur vie de prière et seront attentives aux besoins des autres.

Angèle ne donne aucune consigne d’apostolat particulier à ses filles dans ses Écrits. Régulièrement, elles se retrouveront pour vivre l’Eucharistie, se rencontrer comme des Sœurs et s’aider à vivre leur consécration.

Angèle, qui aime beaucoup Sainte Ursule, une martyre du IVe siècle particulièrement populaire à cette époque, la donne comme patronne à sa fondation.

Compagnie de Sainte Ursule[modifier | modifier le code]

C’est le 25 novembre 1535 que les 28 premières jeunes filles qui le désirent participent à la messe, puis dans un oratoire, se donnent au Seigneur, sans prononcer de vœu public, mais en inscrivant simplement leur nom dans un registre : c’est le jour de la fondation de la Compagnie de Sainte Ursule, un ordre sans habit, ni cloître, ni vœux.

La transformation de la Compagnie en Ordre religieux, après le Concile de Trente (1545-1563), oblige les filles d’Angèle à entrer dans des cloîtres. Apostoliques, elles ont continué d’être apôtres en devenant éducatrices. Héritières de la « pédagogie » d’Angèle, qui excellait dans l’art d’accueillir et de conduire chacun, les Ursulines ont su alors devenir des formatrices à travers les siècles, et spécialement au service de la jeunesse, selon la mission que l’Église leur a confiée.

Angèle meurt le 27 janvier 1540. Elle est canonisée le 27 mai 1807, par Pie VII.

Aujourd’hui, Angèle a de nombreuses filles à travers le monde qui vivent de différentes façons : Ordre religieux, monastères autonomes, Unions, Fédérations, Institut séculier… Des laïcs, depuis quelques décennies, ont fait le choix, de vivre du charisme d’Angèle Merici. Ils s’appellent « Associés » et demandent aux Ursulines de leur transmettre la spiritualité méricienne, afin de vivre l’Évangile à la manière d’Angèle.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Adelheid M. von Hauff, Frauen gestalten Diakonie: Von der biblischen Zeit bis zum Pietismus, W. Kohlhammer Verlag, (lire en ligne), p. 285.
  2. (de) Friedhelm Jürgensmeier, Regina Elisabeth Schwerdtfeger, Orden und Klöster im Zeitalter von Reformation und katholischer Reform, 1500-1700, Aschendorff, , p. 246.
  3. a b c et d Enzo Lodi, Les saints du calendrier romain, Mediaspaul Editions, , p. 60.
  4. (it) Claudio Paolocci, Congregazioni laicali femminili e promozione della donna in Italia nei secoli 16. e 17, Associazione Amici della Biblioteca Franzoniana, , p. 60.
  5. (it) Curzia Ferrari, Angela Merici. Tra Dio e il secolo, Morcelliana, , p. 20.
  6. (de) Adelheid M. von Hauff, Frauen gestalten Diakonie: Von der biblischen Zeit bis zum Pietismus, W. Kohlhammer Verlag, , p. 286.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Guillaume Beetemé, Sainte Angèle Mérici. Fondatrice des Ursulines. Sa vie, ses vertus, son Institut, Bruxelles, 1875.
  • Abbé Léon Bouthors, Sainte Angèle Mérici et les origines de l'ordre des Ursulines, C. Paillart, Abbeville (France),1894.
  • Anonyme, Sainte Angèle Merici et l'Ordre des Ursulines, De Gigord, 1922.
  • Gaëtan Bernoville, Sainte Angele merici les ursulines de France et l'union romaine, Collection "Les Grands Ordres monastiques et Instituts religieux", Grasset, Paris, 1947.
  • Mère Martin Marie de saint-Jean O.S.U., L'esprit de Ste Angèle Mérici, Maison Généralice de l'U.R. des Ursulines, Rome, 1947.
  • Teresa Ledochowska O.S.U., À la recherche du charisme de l'Institut des Ursulines de l'Union Romaine, Ursulines de l'Union Romaine, Rome, 1976.
  • Teresa Ledochowska O.S.U., Aimer tout simplement. La vie d'Angèle Merici, Lumen vitae, Bruxelles, 1981.
  • Marie Seynaeve O.S.U., Angèle Merici et son œuvre. Lumières nouvelles, 1983.
  • Rita Gagné, Pasteur pour notre temps Angèle Mérici, Anne Sigier, Ste-Foy, 1985
  • L.Mariani, E.Tarolli, M.Seynaeve, Angèle Merici Contribution pour une biographie, Mediapaul, Milan, 1987.
  • L.Mariani, Marie-Bénédicte Rio, Contre vents et marées au souffle de l'esprit. Angèle Merici, Union Romaine de l'Ordre de Sainte-Ursule, Rome, 1991.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]