Andreï Platonov

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Andreï Platonov
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Andreï Platonov en 1938.

Nom de naissance Andreï Platonovitch Klimentov
Alias
A.Platonov, A.Firsov, F.Tchelovekov, A.Vagoulov
Naissance
Voronej
Gouvernement de Voronej
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Décès (à 51 ans)
Moscou
RSFSR
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture russe
Genres

Œuvres principales

Tchevengour (1928)
Moscou heureuse (1933-1936)

Andreï Platonov (en russe : Андрей Платонович Платонов), de son vrai nom Andreï Klimentov (en russe : Андрей Платонович Климентов), est un écrivain russe de la période soviétique né le à Voronej et mort le à Moscou. Son œuvre majeure, Tchevengour (1929), long roman de l'utopie de la construction du socialisme, est restée inédite en Union soviétique jusqu'en 1972, où eut lieu une publication fragmentaire, puis en 1988, pour une publication fidèle au manuscrit original[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut l'un des tout premiers écrivains à émerger de la Révolution de 1917 et à tenter de mettre en littérature l'esprit de la révolution bolchévique. Il participa à la guerre civile russe. Alors qu'il était un communiste fervent, la plus grande part de son œuvre a été interdite de publication de son vivant en raison de son scepticisme tant envers la collectivisation qu'envers la politique stalinienne. Il estimait que la révolution libérerait l'esprit populaire.

Platonov publie tout d'abord des nouvelles, dont Les Écluses d'Épiphane et La Ville de Villegrad (1926), ou Jokh, le filou, de 1927.

Après 1933, ses écrits sont régulièrement confisqués. Seules publications de son vivant, quelques nouvelles de guerre qui se plient aux critères du réalisme socialiste[2] en vigueur en URSS.

Dans ses livres, il s'interroge sur le prix du progrès et sur les sacrifices supportés par le peuple pour réaliser des objectifs absurdes. On trouve dans ses œuvres également une satire de la bureaucratie et un certain pessimisme. Pour lui, c'est le peuple russe qui a fait la révolution mais il a également laissé échapper le pouvoir. Il revient ainsi à Andreï Platonov, écrivain contemporain des grands travaux de transformation de l’espace qu’a connus la période stalinienne, d’écrire sur ces chantiers. Certes, Les Écluses d'Épiphane est antérieur au percement du canal de la mer Blanche (le texte est écrit en 1927, le chantier débute en 1931), mais il est contemporain des chantiers de mise en valeur des régions septentrionales et orientales de l’Union soviétique à partir de 1929, et c’est le cas, à plus forte raison, du roman La Mer de Jouvence.

Dans les années 1930, il collabore avec le journal Literaturny kritik (Литературный критик) et se rapproche de Georg Lukács[3].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Platonov est correspondant de guerre pour Krasnaïa Zvezda et reçoit la Médaille pour la victoire sur l'Allemagne (ru) en 1945.

En mai 1938, son fils Platon est arrêté et incarcéré. Il est libéré en 1940, grâce à la mobilisation des amis, mais souffrant de tuberculose meurt en janvier 1943.

À la fin des années 1940, Andreï Platonov est interdit de publication. Il travaille au recueil des contres en vue de leur parution dans les journaux pour enfants. Il existe l'hypothèse qu'il travaillait également comme nègre littéraire. Zeev Barcella, historien et théoricien israélien de la littérature, avance la thèse qu'il serait le véritable auteur du roman Ils se sont battus pour la patrie de Mikhaïl Cholokhov[4],[5].

Il est mort le à Moscou d'une tuberculeuse contractée auprès de son fils qu'il soignait à son retour de l’incarcération. Il est enterré au cimetière arménien de Moscou.

Famille[modifier | modifier le code]

  • Père : Klimentov Platon Firsovitch (1870-1952), conducteur de train, membre du PCUS.
  • Mère : Maria Vassilievna Lobotchikhina (1874/1875-1928/1929), femme au foyer
  • Fils : Platon Andreïevitch Platonov (1922-1943)
  • Fille : Maria Andreïevna Platonova, née le 11 octobre 1944, elle travaillait à l'Institut de littérature Gorki. Décédée le 20 octobre 2005, elle repose auprès de son père au cimetière arménien de Moscou[6].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Tombeau de Platonov dans le cimetière arménien à Moscou.

Platonov publie tout d'abord des nouvelles, dont Les Écluses d'Épiphane et La Ville de Villegrad (1926), ou Jokh, le filou, de 1927.

Seuls ses premiers romans seront publiés : Tchevengour, en 1929, la Fouille ou Le Chantier en 1929-30, À l'avance, chronique d'un paysan pauvre en 1931, qui soulève l'indignation de Staline et signe pour Platonov la perte de tout espoir de publication. En 1933, ses écrits sont confisqués et ne sont retrouvés que 60 ans plus tard, lors de l'ouverture des archives littéraires du KGB. C'est là qu'on découvre un court roman inachevé, Roman technique.

Il tente sa chance une dernière fois avec La Mer de Jouvence, en 1934, vaine tentative pour se plier aux critères du réalisme socialiste. Parmi ses textes redécouverts, Djann écrit en 1935 et traduit en français en 1972 à partir d'une édition russe fautive et tronquée; ou Moscou heureuse, texte découvert dans les archives de l'écrivain et publié en 1991 par une revue russe.

L'écriture de Platonov, très particulière tant dans sa syntaxe que dans ses choix lexicaux, est longtemps restée inconnue en français. Elle est souvent jugée difficile à traduire. Sont aujourd'hui disponibles en français ses principaux romans et un choix de nouvelles. L'une de ses pièces, Quatorze isbas rouges, a cependant été jouée au théâtre de la Colline à Paris en 2000.

Liste des œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1920 — récit Tchouldik et Epichka (Чульдик и Епишка)
  • 1921 — récit Markoun (Маркун), brochure l'électrification
  • 1922 — recueil de poèmes Les profondeurs bleues (Голубая глубина)»
  • 1926 — récit Antisexus, nouvelle Les Écluses d'Épiphane (Епифанские шлюзы)
  • 1927 — nouvelles La ville de Villegrad (Город Градов), L'homme secret (Сокровенный человек), La route éthérée (Эфирный тракт), récits Le faubourg de la poste (Ямская слобода), L'institutrice de sable (Песчаная учительница), Comment s'alluma l'ampoule d'Ilitch (Как зажглась лампа Ильича)
  • 1928 : Makar pris par le doute (Усомнившийся Макар)
  • 1929 : Tchevengour (Чевенгур)
  • 1930 : Le Chantier ou La Fouille (Котлован)
  • 1931 : À l'avance, chronique d'un paysan pauvre (Бедняцкая хроника), nouvelles L'aubaine (Впрок (повесть)), (ou 1934?) La mer de jouvence (Ювенильное море), pièces Haute tension (Высокое напряжение (пьеса))» et Quatorze isbas rouges (14 красных избушек)
  • 19331936 — roman inachevé Moscou heureuse (Счастливая Москва)
  • 1934 : nouvelles Le vent éboueur (Мусорный ветер) et Djann (Джан), récit Takyr (Такыр)
  • 1936 — récits le troisième fils (Третий сын (рассказ)) et L'immortalité (Бессмертие (рассказ), roman inachevé L'officier macédonien (Македонский офицер)
  • 1937 — Nouvelle La rivière Potoudane (Река Потудань (повесть), récits Dans un monde magnifique et furieux (В прекрасном и яростном мире), Fro (Фро (рассказ)), roman "Voyage de Moscou à St-Petersbourg) (manuscrit perdu)
  • 1938 — récit Un orage de juillet (Июльская гроза)
  • 1939 — récit La patrie de l'électricité (Родина электричества)
  • 1942 — recueil de récits Sous les cieux de la patrie (Под небесами родины (сборник рассказов)), paru à Oufa.
  • 1942 — recueil de récits Les gens inspirés (Одухотворённые люди (сборник рассказов))
  • 1943 — recueil de récits Récits sur la patrie (Рассказы о Родине)
  • 1943 — recueil de récits le blindage (Броня)
  • 1944 — pièce de théâtre Une créature féérique (Волшебное существо)
  • 1945 — recueil de récits En direction du soleil couchant (В сторону заката солнца), récit Nikita (Никита (рассказ))
  • 1946 — récits La famille d'Ivanov (Семья Иванова), Le retour (Возвращение (рассказ))
  • 1947 — Livres Finist - le faucon blanc (Финист — Ясный Сокол), Contes populaires bachkires (Башкирские народные сказки)
  • 1948 — pièce L'élève du Lycée (Ученик Лицея)
  • 1950 — recueil de contes populaires russes L'anneau magique (Волшебное кольцо)
  • 1951 — mystère L'arche de Noé (Ноев ковчег (пьеса) (pièce inachevée)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le livre de sang d'Andreï Platonov », sur lexpress.fr,‎ (consulté le 1 août 2015)
  2. Bricaire Céline, Andreï Platonov et le réalisme socialiste, Vox poetica, 15/11/2002 vox-poetica.org.
  3. (ru) Наталья Полтавцева, « Платонов и Лукач (из истории советского искусства 1930-х годов). », sur nlobooks.ru,‎ (consulté le 1 août 2015)
  4. (ru) Николай Журавлев, « ГЕНИЙ В НЕГРАХ РОДИНЫ. Неужели и «Они сражались за Родину» писал не Шолохов? », sur novayagazeta.ru,‎ (consulté le 1 août 2015)
  5. (ru) Николай Журавлев, «ШОЛОХОВ ВООБЩЕ НЕ БЫЛ ПИСАТЕЛЕМ», sur novayagazeta.ru,‎ (consulté le 1 août 2015)
  6. (ru) « Она была верной дочерью. На блаженную кончину Марии Андреевны Платоновой », sur voskres.ru,‎ (consulté le 1 août 2015)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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