Alexis Godillot

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Alexis Godillot, né le 15 mars 1816 à Besançon et mort le 13 avril 1893 à Paris 16e[1], est un entrepreneur et manufacturier français, surtout connu pour les chaussures militaires que son entreprise produisait et auxquelles il laissa, par antonomase, son nom, les « godillots[2] ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Besançon[3],[4] dans une famille modeste, Alexis Godillot exerce plusieurs métiers[5]. Les manifestations qui suivirent la révolution de 1848 lui donnèrent l'idée de créer une entreprise d'organisation de fêtes publiques[5]. Sous le Second Empire, il devint organisateur officiel des fêtes. Son entreprise décorait ainsi les villes françaises que visitait Napoléon III[5].

Il ouvre des tanneries à Saint-Ouen[5] en banlieue parisienne. Il deviendra fournisseur officiel aux armées. En 1853, pendant la guerre de Crimée, sa manufacture produit pour l'armée française des selles et des chaussures, mais également des tentes[5].

Des ateliers sont ouverts en 1860 aux 52-54, rue de Rochechouart (Paris)[6].

Alexis Godillot sera maire de Saint-Ouen[5] et participa à l'aménagement de la station balnéaire d'Hyères.

Postérité[modifier | modifier le code]

Les Godillots par Vincent van Gogh (Paris, 1886).
Article détaillé : Godillot.

En France, les brodequins militaires prennent son nom et désigneront les chaussures militaires jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. On doit à Alexis Godillot la différenciation entre le pied droit et le pied gauche[2] accompagnée d'une courbure de la semelle intérieure au niveau de la voute plantaire pour un meilleur confort de marche. On lui doit aussi (brevet déposé en 1862) l'imperméabilité entre la semelle et la chaussure grâce à une application de gutta-percha (gomme adhésive et imperméable issue du latex naturel)[2]. Par la suite, le terme « godillot » deviendra un terme du langage familier pour désigner de grosses chaussures, mais est aujourd'hui vieilli.

Dans les années 1960, les parlementaires gaullistes qui soutenaient sans faille le général de Gaulle et son gouvernement se qualifièrent de « parti Godillot », pour montrer leur fidélité et leur obéissance à de Gaulle[5]. L'expression « parti Godillot » et, dans une moindre mesure, le mot « godillot » lui-même, sont restés avec un sens similaire mais péjoratif, pour désigner des membres d'un parti politique suivant sans discuter la ligne du parti ou des parlementaires suivant sans discuter leur gouvernement.

Alexis Godillot a été nommé en 1857 chevalier de la Légion d'honneur[7].

Un buste en marbre par Vital-Dubray fut exposé au Salon de 1866 (no 2748).

Une avenue d'Hyères porte son nom[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de Paris, acte de décès à Paris 16, V4E 9996, vue 3/31, acte 470.
  2. a b et c « Un kilomètre à pied, ça use les… godillots ! (1862) », INPI, 15 mai 2011, www.inpi.fr.
  3. Biographie d'Alexis Godillot , www.racinescomtoises.net (consulté le 15 janvier 2010).
  4. (fr) Jean-Pierre Gavignet et Lyonel Estavoyer, Besançon autrefois, Horvath, , 175 p. (ISBN 2-7171-0685-5), p. 113.
  5. a b c d e f g et h « Godillot » dans l'émission Merci Professeur ! de Bernard Cerquiglini, www.tv5.org.
  6. Martine Fournier, résumé du livre d'Antoine de Baecque Les Godillots. Manifeste pour l’histoire marchée (Anamosa, 2017), Sciences humaines, no 295, août-septembre 2017, p. 70.
  7. « Dossier dans l'ordre de la Légion d'honneur d'Alexis Godillot », base Léonore, ministère français de la Culture.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Cointat, Les Souliers de la gloire. Alexis Godillot (1816-1893). L'exceptionnelle réussite d’un fidèle de Napoléon III, Toulon, Les Presses du Midi, 2006, 323 p. (ISBN 978-2878677683).
  • Antoine de Baecque, Les Godillots. Manifeste pour l’histoire marchée, Anamosa, 2017, 255 p. (ISBN 979-1095772224).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]