Godillot

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En France, un godillot est un terme familier mais vieilli pour désigner une grosse chaussure, d'où dérive, par l'argot, le terme « godasse »[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Avant la Seconde Guerre mondiale, il désignait une chaussure militaire du nom d'un fabricant et fournisseur de l'armée française, Alexis Godillot (1816-1893), associé à Heilbronner[2]. En effet, il industrialise la production de chaussures pour le gouvernement impérial, Napoléon III étant vexé de la réputation de « va-nu-pieds » de ses soldats. Son nom servit par antonomase à désigner le type de chaussures qu'il fabriquait.

Solide chaussure en cuir à lacets, avec des clous dans les semelles, elle devient incontournable dans l'armée, puis se diffuse avec le développement du scoutisme et de la randonnée.

Sur le plan militaire, elle est remplacée après le second conflit mondial par des chaussures à semelle Vibram, plus confortable et légère car en caoutchouc, même si la réputation de solidité du godillot demeure[3].

Parti godillot[modifier | modifier le code]

L'usage du terme pour désigner des parlementaires remonte aux années 1960 : Le Canard enchaîné l'attribue au député gaulliste André Valabrègue, qui dément et affirme avoir plutôt déclaré que les gaullistes étaient « les bons souliers de marche du général de Gaulle »[2],[4],[5]. Selon Antoine de Baecque, Le Canard enchaîné est en tout cas l’organe qui diffuse l'expression « s’il ne l’a pas inventée »[5]. L'expression « parti godillot » et dans une moindre mesure le mot « godillot » lui-même sont passés à la postérité pour désigner des membres d'un parti politique suivant sans discuter la ligne du parti, ou des parlementaires, — les « députés godillots » —, obéissant sans discuter à leur gouvernement[6]. Le terme « playmobil » est parfois utilisé dans le même sens, par exemple en 2019 lors d'un débat sur la réforme des retraites[7],[8].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine de Baecque, Les Godillots. Manifeste pour une histoire marchée, Anamosa, 2017, 204 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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