Alba Fucens

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Le site d'Alba Fucens

Alba Fucens est une colonie romaine fondée à la fin du IVe siècle av. J.-C. après une victoire des Romains sur les Èques. Elle est située dans les Apennins, dans la région des Abruzzes, sur la via Valeria entre Carseoli et Corfinium/Italica, à quelques kilomètres au nord du lac Fucin, aujourd'hui à sec. Le site se trouve sur l'actuelle commune de Massa d'Albe, dans la province de L'Aquila, à une altitude d'environ 1000 mètres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site d'Alba Fucens. Au fond, le Monte Velino.

La date de la fondation de la colonie romaine d'Alba Fucens fait l'objet de débats chez les historiens de Rome, qui la situent entre 307 et 302 av. J.-C.[1]. Malgré quelques indices, l'existence d'un établissement èque antérieur à la colonie romaine n'est pas assuré[2].

Alba Fucens occupait, au carrefour de plusieurs voies, une position stratégique qui facilitait aux Romains le contrôle de la région. Elle était desservie par la via Valeria.

Les Romains y ont retenu en captivité des personnages vaincus comme Syphax[3], roi numide, Persée[4], roi de Macédoine, qui y meurt en 166 av. J.-C., Bituit[5], roi des Arvernes. Pendant la guerre sociale, Alba Fucens reste fidèle à Rome. L'empereur Trébonien Galle (251-253), d'origine ombrienne, devait avoir un lien avec la ville, dont une Vibia Galla, sans doute sa fille, fit restaurer les thermes[6].

Fouilles[modifier | modifier le code]

L'amphithéâtre d'Alba Fucens, dégagé par les fouilles belges
Alba Fucens. Rue.

Le site a toujours été connu, grâce à l'importance de ses remparts en appareil polygonal, d'une longueur de 3 km.

À partir de 1949, des fouilles systématiques ont été conduites pour la première fois sur le site par l'Institut historique belge de Rome (Jean Bingen, Fernand de Visscher, Franz De Ruyt, Joseph Mertens). Les fouilles ont dégagé une longueur de la via Valeria et mis au jour une borne milliaire, avec une inscription en l'honneur de l'empereur (usurpateur) Magnence (350-353)[7]. Elles ont mis au jour la zone du forum, avec une basilique, un marché, des thermes, ainsi que l'amphithéâtre, plusieurs maisons et des édifices religieux.

En 1951, une belle statue de Vénus anadyomène a été retrouvée, ainsi qu'une statue d'une divinité guerrière où Fernand de Visscher reconnaît Nerio[8]. Sur la colline qui domine le site à l'ouest se trouvait un temple d'Apollon, qui a été ensuite transformé en église (San Pietro), église dans laquelle ont été réutilisés des éléments d'époque romaine (colonnes, mosaïques).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniela Liberatore, Alba Fucens, p. 13-15.
  2. Daniela Liberatore, Alba Fucens, p. 17-18.
  3. Tite-Live, XXX, 17, 1-2 ; XXX, 45, 4-5 ; Valère-Maxime, V, 1, 1b.
  4. Polybe, XXXVI, 10, 3 ; Tite-Live, XLV, 42, 4-5 ; Valère-Maxime, V, 1, 1c ; etc.
  5. Tite-Live, per., 61 ; Valère-Maxime, IX, 6, 3.
  6. Inscription AE 1962, 30 ; Fernand de Visscher, « Les fouilles belges d‘Alba Fucens (Abruzzes) » (1952), p. 89.
  7. Inscription AE 1951, 00017
  8. Fernand de Visscher, op. cit., p. 92-93.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fernand de Visscher, « Les fouilles belges d‘Alba Fucens (Abruzzes) », Comptes rendus de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, 1952, pp. 88-95. Consultable en ligne.
  • Fiorenzo Catalli, Alba Fucens, Roma, Libreria dello Stato, 1992.
  • Daniela Liberatore, Alba Fucens. Studi di storia e di topografia, Edipuglia, 2004, 177 p. (ISBN 9788872284230)

Liens externes[modifier | modifier le code]