Agriculture en Arabie saoudite

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Champs de céréales en 2003.
Champs vu depuis la Station spatiale internationale dans la vallée de Sirhan près de la ville de Sakaka en 2012.
Champs de sorgho en Arabie saoudite.

La part de l’agriculture en Arabie saoudite dans le PNB de ce pays est actuellement faible.

Historique[modifier | modifier le code]

La part de l'agriculture dans le PNB saoudien n'a cessé de décroître depuis 1960 jusqu'à atteindre moins de 3 % du PIB au milieu des années 1970.

Bénéficiant d'aides gouvernementales, le secteur reprit peu à peu de l'importance jusqu'à représenter 13 % du PNB vers 1985. Il est pourtant retombé à 7 % en 1990 et à 2,7 % en 2014[1]. En revanche, le nombre de personnes employées par l'agriculture, l'élevage et la pêche est en augmentation ; il équivaut en 2005 à 6,7 % de la population active[1].

Le gouvernement a encouragé vigoureusement les efforts en matière agricole dans les années 1980 à 2000, poursuivant à long terme un objectif d'autosuffisance alimentaire avant d’abandonner cet objectif. La surface cultivée passe de de 600 à 700 000 hectares dans les années 1980 à un pic de 2,5 millions hectares à 1991 à une moyenne de 1,5 million d'hectares entre 1995 et 2006 avant de baisser à un million d'hectares en 2013.

L'industrie agroalimentaire est lui en essor, utilisant surtout des produits de base importé. Elle est passé de 460 firmes en 2002 à 732 en 2012. En 2014, l'Arabie saoudite a importé des ingrédients alimentaires et des produits en vrac pour un traitement ultérieur pour une valeur d'environ 4,5 milliards de dollars américains. Elle exporte une partie importante de sa production de produits alimentaires transformés, estimée à 2,9 milliards de dollars en 2014[2].

Culture du blé (1973-2016)[modifier | modifier le code]

La production céréalière saoudienne repose massivement sur l'irrigation, à part dans les montagnes de l'Asir où les pluies de la mousson pourvoient aux besoins des cultures grâce à un système de rétention des eaux impliquant l'usage de terrasses. Depuis 1973, l'objectif numéro un a été l'extension de la surface cultivée, en particulier dans les régions où le blé en culture irriguée domine. Cette surface cultivée est passée de 2 850 km2 en 1973 à 12 000 km2 en 1990 et 16 000 km2 en 2000, la majeure partie de l'expansion venant des terres à blé. Le gouvernement offrant plusieurs fois le prix du marché pour le blé produit dans le pays, la surface consacrée au blé a littéralement explosé, passant de 1 500 à 6 500 km2 en une dizaine d'années. En 1954, la production n'était que de 4 000 tonnes, mais le royaume devient autosuffisant en 1981 et en 1989, elle était de 3,1 millions de tonnes. Le record est atteint en 1991 avec 4 millions de tonnes de blé qui ont donné lieu à 7,9 milliards de ryals saoudiens (2,9 milliards de dollars valeur 1991 soit 5 milliards de $ actuels) de subvention agricole[3]. Les besoins domestiques se limitant à 800 000 tonnes, l'excédent était exporté ou donné, faisant de ce pays le 6e exportateur mondial[4] en 1992[5]

Sous le règne de Fahd Ier, la région du Nadj s'est métamorphosée : les Saoudiens ont fait pousser du blé dans le désert ; les sables ont disparu pour céder la place à des centaines de cercles de blés verts au centre desquels des arroseurs automatiques font jaillir l'eau. Celle-ci provient de sources surexploitées depuis les années 1970 et désormais en voie de disparition. L'agriculture a consommé plus de 80 % de l’eau du Royaume, alors qu’elle ne fournit que 20 % de son alimentation. L’Arabie Saoudite a décidé pour limiter cette consommation excessive d'eau d’arrêter sa production de blé en 2016[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Middle East : Saudi Arabia », sur The World Factbook,‎ (consulté le 22 novembre 2015).
  2. (en) « Saudi Arabia: Food Processing Ingredients », sur Département de l'Agriculture des États-Unis,‎ (consulté le 7 janvier 2016).
  3. Examen des politiques céréalières : 1991-1992, Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture,‎ , 60 p. (ISBN 978-9252032052, lire en ligne), p. 11.
  4. (en) Nathan Halverson, « What California can learn from Saudi Arabia’s water mystery », sur Reveal News,‎ (consulté le 22 novembre 2015).
  5. Matthieu Brun, Mediterra : Logistique et commerce agro-alimentaires, un défi pour la Méditerranée, Presses de Sciences Po,‎ , 556 p. (lire en ligne), p. 132.
  6. David Rigoulet-Roze, « Et maintenant, l’Arabie saoudite confrontée à la disparition de son agriculture pour avoir abusé de ses ressources en eau », sur Atlantico,‎ (consulté le 11 novembre 2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]