Abbaye d'Aniane

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Abbaye Saint-Sauveur d'Aniane
Image illustrative de l’article Abbaye d'Aniane
Abbaye Saint-Sauveur d'Aniane dans Monasticon Gallicanum
Présentation
Culte Catholicisme
Rattachement Ordre de Saint-Benoît (782)
Congrégation de Saint-Maur (1633)
Début de la construction VIIIe siècle
Autres campagnes de travaux 1662 : début de la reconstruction
1679-1714 : reconstruction de l'abbatiale Saint-Sauveur
1845 : transformation en maison de détention
1865 : construction du quartier cellulaire
Date de démolition 1562
Protection Logo monument historique Classé MH (2004, Bâtiments)
Logo monument historique Inscrit MH (2004, Domaine)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Ville Aniane
Coordonnées 43° 41′ 01″ nord, 3° 35′ 22″ est[2]
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Abbaye d'Aniane
Géolocalisation sur la carte : Hérault
(Voir situation sur carte : Hérault)
Abbaye d'Aniane

L'abbaye Saint-Sauveur est une abbaye bénédictine, située à Aniane dans le département de l’Hérault.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une abbaye bénédictine[modifier | modifier le code]

Elle est fondée en 777 ou 782 par saint Benoît d'Aniane.

Parmi les biens de l'abbaye se trouvent des salines dans le pagus de Narbonne. La première mention est une donation de saline faite à l'abbaye par Louis le Pieux le [3]

Les bâtiments monastiques sont complètement détruits entre 1562 et 1572. Les religieux adhèrent en 1633 à la réforme de la Congrégation de Saint-Maur.

Le premier projet de reconstruction rejette un vaste cloître très à l'Est, ce qui s'explique peut-être par la présence d'une zone de vestiges anciens laissée libre au sud de l'église. Le projet de 1661 est celui qui correspond le plus exactement à la réalisation (l'église au nord présente une nef rectangulaire avec chapelles latérales, sans transept et au chœur réduit, entourée des bâtiments conventuels). La reconstruction commence peu après. La construction de l'abbatiale Saint-Sauveur commence en 1679 et dure jusqu'en 1714 ; puis le grand bâtiment ouest et le cloître sont rebâtis. Les travaux se poursuivent jusqu'à la Révolution. Des parties importantes, notamment le logis abbatial décoré dans un style Louis XVI archaïsant, sont préservées. À la veille de la Révolution, l'église abbatiale possède un orgue qui est touché par l'organiste Balthazar Pierre Étienne Olive[4].

L'église devient ensuite paroissiale tandis que les anciens bâtiments conventuels sont transformés, en 1810, en filature de coton.

Un lieu de détention[modifier | modifier le code]

En 1845, l'administration pénitentiaire regroupe les propriétés morcelées de l'ancien enclos abbatial pour créer une maison centrale de détention relevant du ministère de la justice qui accueillera plus de 800 détenus ; deux ailes parallèles encadrant une longue cour sont ajoutées à l'Est. Une caserne est également créée.

En 1885, la maison centrale de détention devient une « colonie industrielle pour jeunes détenus » puis une IPES (Institution publique d’éducation surveillée) le . On y accueille désormais jusqu'à 200 enfants et adolescents délinquants à la fois, pour leur enseigner divers métiers industriels. En 1951, de nouvelles extensions sont réalisées. l'IPES fermera ses portes définitivement en 1994, (devenant brièvement un centre de rétention administrative).

Plusieurs révoltes et tentatives d'évasion massives durement réprimées marquent l'histoire de ce "bagne d'enfants" tristement célèbre, notamment en 1898 et 1938[5]. L'historienne et romancière Marie Rouanet consacrera à cette période sombre d'Aniane un chapitre de son livre Les Enfants du bagne paru chez Payot en 1994.

Un monument historique[modifier | modifier le code]

Malgré ces vicissitudes, l'abbaye d'Aniane reste, pour le Languedoc, un des rares exemples complets conservés d'architecture monastique.

L'ancienne église abbatiale, toujours affectée au culte catholique comme église paroissiale Saint-Sauveur, est classée monument historique par arrêté du . Les bâtiments monastiques, ancien pénitencier, sont classés monument historique par arrêté du alors qu'une partie du domaine est inscrit à cette même date[1].

En 2010, la Communauté de communes Vallée de l'Hérault fait l’acquisition des bâtiments hors l'église, désaffectés depuis 1998 et devient donc propriétaire de l’Abbaye. Divers projets de réhabilitation sont à l'étude. Des fouilles archéologiques sont entreprises en 2011 par le CNRS mettant au jour quelques éléments carolingiens (750-900) et médiévaux : une ancienne fontaine du XVIIe siècle, et le dallage d’un bassin ayant sans doute servi à l'élevage de poissons pour la nourriture des moines mauristes.

Abbés[modifier | modifier le code]

Propriétés, revenus[modifier | modifier le code]

Abbayes, prieurés[modifier | modifier le code]

  • Abbaye Sainte-Marie-et-Saint-Michel de Goudargues. Cette abbaye fut fondée vers 800 par des moines de l'abbaye d'Aniane. En 1065, le comte Raymond de Saint-Gilles donnent cette abbaye à celle de Cluny, puis en 1095, la donne à l'abbaye de la Chaise-Dieu qui la garderont jusqu'en 1127, car les moines d'Aniane qui contestent cette décision, et portent l'affaire à Rome. Le pape Pascal II confirmera les droits d'Aniane en 1113, mais la Chaise-Dieu revendiquera à son tour en 1119 : peine perdue, puisque le nouveau souverain pontife Calixte II maintiendra la décision de son prédécesseur. L'abbaye devint prieuré conventuel. Aniane conservera ce prieuré jusqu'à la révolution. L'abbaye fut dévasté par les albigeois entre 1214 et 1230, puis durant les guerres de religion entre 1570 et 1590. L'église, reconstruite dans la seconde moitié du XIIe siècle[6]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Notice no PA34000025, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Google Earth
  3. Gérard Boudet, « Les abbayes du sel en Languedoc au Moyen-Âge », Bulletin de l'Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, vol. 48,‎ , p. 1-10 (lire en ligne)
  4. « OLIVE, Balthazar Pierre Étienne (1749-av. 1793) », sur Base de données Musefrem (consulté le )
  5. Historia n° 730, octobre 2007, page 14
  6. Lieux sacrés du Gard

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Fisquet 1864] Honoré Fisquet, « Abbaye d'Aniane », dans La France pontificale, histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l'établissement du christianisme jusqu'à nos jours, divisée en 18 provinces ecclésiastique. Métropole d'Avignon. Montpellier, 1re partie contenant Maguelone, Montpellier, Agde, Étienne Repos libraire-éditeur, Paris, 1864, p. 339-374 (lire en ligne)
  • [Devic 1872] Claude Devic et Joseph Vaissète, « Note LXXXV : Abbaye de Saint-Sauveur d'Aniane », dans Histoire générale de Languedoc, t. 4, Toulouse, Édouard Privat libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 447-452
  • [Cassan 1900] Abbé Léon Cassan et Edmond Maynial, Cartulaires des abbayes d'Aniane et de Gellone publiés d'après les manuscrits originaux : Cartulaire d'Aniane, Montpellier, Jean Martel aîné, (lire en ligne), p. 1-481
  • [Fisquet 1864] Honoré Fisquet, « Abbayes du diocèse de Montpellier : Aniane », dans La France pontificale. Histoire chronologique et biographique des archevêques et évêques de tous les diocèses de France depuis l'établissement du christianisme jusqu'à nos jours, divisée en 18 provinces ecclésiastique : Métropole d'Avignon. Montpellier (1re partie contenant Maguelone, Montpellier, Agde, Paris, Étienne Repos libraire-éditeur, (lire en ligne), p. 339-374
  • [Delouvrier 1896] Alphonse Delouvrier, Histoire de la vicomté d'Aumelas et de la baronnie du Pouget (Hérault), Montpellier, impr. de L. Grollier père, (lire en ligne), p. 17
  • [Barthès 1992] Louis Barthès, L'abbaye et la cité d'Aniane de Saint-Benoît à la Révolution (751-1790), Aniane, Foyer rural d'Aniane, , 185 p.
  • [Pérouse 1996] Jean-Marie Pérouse de Montclos (sous la direction de) et Geneviève Durand, « Aniane : Abbaye Saint-Sauveur », dans Le guide du Patrimoine : Languedoc, Roussillon, Paris, Hachette, , 606 p., sur (ISBN 2-01-242333-7), p. 132–133.
  • [Bourquin 2007] Jacques Bourquin, « De la correction à l’éducation : Aniane, une institution pour mineurs », Revue d'histoire de l'enfance “irrégulière”, no Hors série,‎ , p. 219-258 (lire en ligne)
  • [Bonnery 2010] André Bonnery, « Architecture préromane en Languedoc : Aniane et Psalmodi », Bulletin monumental, t. 168, no 1,‎ , p. 104-105 (lire en ligne)
  • [Schneider 2016] Laurent Schneider, « Une fondation multiple, un monastère pluriel. Les contextes topographiques de la genèse du monastère d’Aniane d’après l’archéologie et la Vie de saint Benoît (fin VIIIe – IXe siècle) », BUCEMA Bulletin du Centre d'études médiévales d'Auxerre, Auxerre, no Hors-série no 10,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]