Abbaye Saint-Étienne de Bassac

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Abbaye Saint-Étienne de Bassac
L'abbaye vue du sud-est
L'abbaye vue du sud-est
Présentation
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Début de la construction XIe siècle
Fin des travaux XIIIe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (1880)
Site web http://www.abbayebassac.com/
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Charente
Ville Bassac
Coordonnées 45° 39′ 43″ nord, 0° 06′ 19″ ouest[1]

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye Saint-Étienne de Bassac

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Abbaye Saint-Étienne de Bassac

L'abbaye Saint-Étienne de Bassac, située à Bassac (Charente), était une abbaye bénédictine fondée au début tout début du XIe siècle dans le diocèse de Saintes.

Histoire de l'Abbaye[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

L'abbaye Saint-Étienne de Bassac aurait eu pour fondateurs en 1002 Wardrade Lorichès, comte de la Marche et premier seigneur connu de Jarnac et sa femme Rixendis à leur retour d'un pèlerinage à Rome. Tous deux ont leur sépulture dans l'église de Bassac[2]. La charte signée à Rome en présence de Guillaume Taillefer, comte d’Angoulême, est parvenue jusqu'à nous :

moi, Wardrade, sus-désigné, je donne au Seigneur Dieu et aux dits habitants du monastère Saint-Étienne de Bassac et à leurs successeurs, à perpétuité, ma forêt de Marive, prés, boqueteaux et jardins, eaux et moulins, et tout ce qui l’entoure et m’appartient. De même, le bourg où est situé le monastère et toute la terre qui l’environne, paroisse et dîme, les revenus, toutes les coutumes, les maisons (…). Aymard sera le premier abbé, accompagné de vingt moines bénédictins de l’abbaye Saint-Cybard. Elle a été consacrée vers 1015 par Grimoard, évêque d'Angoulême, et son frère Iso, évêque de Saintes. Elle est dédiée à Notre-Dame, saint Étienne premier martyr et aux saints apôtres Pierre et Paul.

Expansion et déclin[modifier | modifier le code]

Rattachée en 1092 à l'abbaye de Saint-Jean-d'Angély, elle redevient libre en 1246. Elle avait droit de justice sur Bassac[3].

L'abbaye a souffert durant la guerre de cent ans : le comte de Derby la saccage une première fois. Les moines la fortifient en perçant les murs des communs de meurtrières. Puis elle a été restaurée sous Guillaume de Vibrac, abbé de 1247 à 1286.

Elle est pillée par les troupes anglo-gasconnes en 1434 Les habitants du village et de l’abbaye sont dispersés ou faits prisonniers. Découragé, ou ne se sentant pas l’homme de la situation, Pierre-Bernard III résigne sa charge en 1450. Elle est restaurée et fortifiée sous Henri de Courbon, abbé de 1451 à 1476 qui reconstruit également le logis de l'abbé et le cloître.

En 1516, l'abbaye passe sous le régime de la commende.

Elle est à nouveau pillée, par les Protestants cette fois, en 1564 puis assiégée et pillée par les Catholiques au moment de la bataille de Jarnac en 1569[4].

L’abbaye au XVIIe siècle, planche gravée du Monasticon Gallicanum.

En 1666, l'abbaye est affiliée à la nouvelle congrégation bénédictine de Saint-Maur, c'est à cette époque que sont entrepris de vastes travaux de reconstruction des bâtiments conventuels.

À la Révolution française, les moines peu nombreux sont chassés, les bâtiments vendus comme biens nationaux et l'abbatiale devient l'église paroissiale. On peut lire sur sa façade romane une inscription de la phrase de Robespierre : « Le peuple français reconnaît l'être suprême et l'immortalité de l'âme ».

Restauration de la vie religieuse[modifier | modifier le code]

En 1947, la Congrégation des frères missionnaires de Sainte-Thérèse de l'Enfant Jésus, fondée par le père Gabriel Martin, rachète progressivement les bâtiments conventuels de l'ancien monastère et les restaure. L'ancienne salle capitulaire mauriste devient la chapelle Sainte-Thèrèse. L'Abbaye de Bassac est aujourd'hui la maison-mère de la congrégation.

Architecture de l'Abbaye[modifier | modifier le code]

Elle est classée Monument historique par arrêté du [4].

L’église abbatiale Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

La première église, romane, est remplacée au XIIIe siècle par une église gothique en conservant les bases des murs du XIe siècle. Elle est de plan rectangulaire et se compose de quatre travées terminées par un chevet plat. Ses voûtes d'ogives bombées sont du style gothique de l'ouest.

L'intérieur, partagé en deux parties égales par un jubé, garde, dans sa portion inférieure, sous un arceau, la sépulture des fondateurs, Wardrade et Rixendis, seigneurs de Jarnac[5].

Le mur du chevet a été percé postérieurement, au XVe siècle d'une grande baie à remplages. Elle a été alors fortifiée, flanquée d'échauguettes. Deux échauguettes carrées servant d'archères sont construites au-dessus des contreforts qui encadrent la façade. Elles sont reliées par un passage qui permet aussi de desservir les deux autres archères percées dans le pignon[6].

En 1677 et 1688 des voûtes de l'abbatiale ont été reconstruites.

Le clocher[modifier | modifier le code]

Le clocher roman a été conservé et sa partie supérieure achevée au XIIIe siècle. Il possède un rez-de-chaussée couvert d'une petite coupole très élevée du XIIe siècle; il présente, au-dessus de la souche, quatre étages en retrait les uns sur les autres, soulignés par un cordon, avec colonnettes aux angles, et il est surmonté d'une flèche conique à imbrications, accostée à son départ par quatre pinacles en pyramide triangulaire[4].

L’abside et les absidioles[modifier | modifier le code]

On trouve, entre autres, une chapelle du XIIIe siècle percée d'une baie et couverte d'une voûte d'ogives avec liernes, suivie d'une autre chapelle du XVe siècle, voûtée seulement sur ogives, ayant une baie à trois meneaux et réseau flamboyant[7].,[8].

Les bâtiments monastiques[modifier | modifier le code]

Au XVe siècle l'abbaye a été entourée d'un mur d'enceinte.

Des bâtiments conventuels ont été construits de 1677 à 1716.

Le cloître a été détruit en 1820[4].

Activité[modifier | modifier le code]

L'abbaye a l'agrément pour recevoir les classes vertes, mais c'est surtout un lieu d'accueil.

La Porte de la Miséricorde de l'Abbaye Saint-Étienne de Bassac[modifier | modifier le code]

Le Jubilé de la Miséricorde a comme conséquence l'ouverture de la Porte de la Miséricorde à l'Abbaye Saint-Étienne de Bassac .

Comme plusieurs autres sites religieux à travers le monde, l'Abbaye Saint-Étienne de Bassac possède une Porte de la Miséricorde, une porte qui, en marge des Portes Saintes ouvertes tous les 25 ans ou selon les exceptions fixées par le Pape de Rome lors du déroulement des Années Saintes ou Jubilés, a été établie à l'Abbaye Saint-Étienne de Bassac suite au désir du Pape François de voir l'actuel Jubilé de la Miséricorde se répandre partout dans le monde. En somme cette Porte comme toutes les autres Portes de la Miséricorde, seconde les Portes Saintes quant à leurs rôles dans le présent Jubilé de la Miséricorde proclamé par le Pape François qui s'étends du 8 décembre 2015 au 20 novembre 2016[9],[10].


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées prises sur Géoportail
  2. Le château de Jarnac, ses barons et ses comtes, P. Lacroix, Aux Librairies Historiques, Paris, 1875
  3. Histoire de Cognac, abbé Cousin,1882, réédition 2007, (ISBN 2-84618-496-8)
  4. a, b, c et d « Abbaye de Bassac », notice no PA00104242, base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. Jules Martin-Buchey, Géographie historique et communale de la Charente, vol. II : Arrondissement de Cognac et Barbezieux, L.Coquemard, Angoulême, (réimpr. Éd. de la Tour Gile, 1996), 512 p. (ISBN 2-878022-8-07)
  6. L'architecture gothique en Saintonge et en Aunis, Yves Blomme, éditions Bordessoules, (ISBN 978-2-903504-33-5)
  7. Bull. Soc. arch. Charente; 1881-1881, p. 3.
  8. Congrès arch. d'Angoulême, t.1, 1912, p.398.
  9. http://www.im.va/content/gdm/fr.html
  10. http://angouleme.catholique.fr/Un-Jubile-pour-notre-diocese

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]