29e Waffen-Grenadier-Division de la SS (russische Nr. 1)

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29e Waffen-Grenadier-Division de la SS (russische Nr. 1)
Image illustrative de l’article 29e Waffen-Grenadier-Division de la SS (russische Nr. 1)

Création 1933
Dissolution Mai 1945
Pays Troisième Reich
Allégeance Flag of Germany (1935–1945).svg Allemagne
Branche Flag of the Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Type Division SS
Ancienne dénomination
  • Russkaya Ovsoboditelnaya Narodnaya Armija (RONA ou РОНА)
  • Volksheer Brigade Kaminski
  • SS-Sturmbrigade RONA
Surnom Brigade Kaminski
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Essentiellement des actions « anti partisans »
Emblème Insigne de manche Insigne de manche Insigne de col

La 29e Waffen-Grenadier-Division de la SS (russische Nr. 1) était une division d'infanterie de la Waffen-SS, composée de volontaires russes, biélorusses et ukrainiens. Elle fut, avec la brigade Dirlewanger, la plus impitoyable des divisions SS. L'unité, également appelée officiellement Brigade Kaminski s'est rendue sinistrement célèbre pour les atrocités commises contre la population civile pendant l'insurrection de Varsovie en 1944. L'unité fut dissoute fin 1944 après le décès de son commandant Bronislaw Kaminski et les troupes intégrées dans les unités de l'Armée Vlassov.

Désignations successives[modifier | modifier le code]

Cosaque de la brigade SS Kaminski parlant avec le général Heinz Reinefarth lors de l'insurrection de Varsovie

Historique[modifier | modifier le code]

Kaminski avec des officiers de police.
Kaminski avec des officiers de police.

La brigade Kaminski a été créée en 1941 à Lokot, une ville dans la région de Briansk. Après l'occupation de la ville par la 2e Panzer Armee, des unités de l'Armée rouge qui s'étaient réfugiées dans les forêts des environs, commencèrent à attaquer les lignes d'approvisionnement allemandes. Konstantin Voskoboïnik, le chef collaborationniste de la région autonome de la République Lokot créa alors une milice composée de 500 hommes chargée de lutter contre les partisans soviétiques.

Le , après la mort au combat de Voskoboïnik, le général Rudolf Schmidt, commandant la 2e Panzer Armee, nomme comme nouveau commandant de cette milice Bronislaw Kaminski et lui permet d'augmenter l'effectif de l'unité. Celle-ci atteint à l'automne 1943 environ 10 000 hommes équivalant à une brigade. Celle-ci est alors structurée en 5 régiments d'infanterie, 1 bataillon d'artillerie de campagne de 36 pièces, une unité blindée composée de 24 chars T-34 capturés et des unités de ravitaillement.

Jusqu'à l’automne de 1943, ni Kaminski, ni ses hommes n'avaient pas rapports avec la Waffen-SS.


RONA[modifier | modifier le code]

En 1944, l'unité adopte le titre d'« Armée populaire de libération de la Russie » (Ру́сская освободи́тельная наро́дная а́рмия - Russkaja oswoboditelnaja narodnaja armija). Comme insigne, les membres de l'unité portaient les initiales « RONA » sur un fond vert foncé sur un bouclier blanc avec un bord rouge, qui contenait une croix noire, sur la manche gauche.

Le 1er août 1944, la division est officiellement formée et quelques jours plus tard, elle est déployée dans la répression de l'insurrection de Varsovie. Elle se distingue lors des massacres de Wola et d'Ochota par sa cruauté et ses pillages à grande échelle. Suite à ces exactions, Kaminski et son personnel rapproché sont envoyés sur Łódź et, sur ordre de Bach-Zelewski, sont exécutés après un court procès. Une version selon laquelle Kaminski aurait été pris en embuscade par des partisans est alors diffusée auprès de ses subordonnés. Selon les mémoires de Heinz Guderian, Kaminski aurait été abattu en raison de ses actions à Varsovie mais aussi probablement dans le but d'éliminer un témoin peu recommandable[1].

Après les événements de Varsovie, la division, qui était encore en cours de création, est engagée à plusieurs reprises pour réprimer des insurrections, notamment en Slovaquie. Finalement, en novembre 1944, la tentative de porter la division à sa pleine puissance est abandonnée. Les restes de RONA, environ 3 000 hommes, sont incorporés dans le régiment de grenadiers 1602 de la 600e division d'infanterie (russe) de l'Armée de libération russe du général Vlasov sur la zone d'entraînement militaire de Münsingen. Le numéro de division 29 est alors attribué à une unité SS italienne au début du mois de mars 1945.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • Effectifs : 10 000 hommes, essentiellement des volontaires russes, ukrainiens et biélorusses.
  • Insigne : РОНА surmontant la croix germanique.
  • Croix de fer obtenue : 0.

Commandant[modifier | modifier le code]

Début Fin Grade Nom
Waffen-Brigadeführer Bronislaw Kaminski
27 septembre 1944 SS-Brigadeführer
Generalmajor der Polizei
Christoph Diehm
SS-Gruppenführer
Generalleutnant der Polizei
Heinrich Jürs (de)

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 72 (russisches Nr.1)
  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 73 (russisches Nr.2)
  • Waffen-Grenadier-Regiment der SS 74 (russisches Nr.3)
  • Waffen-Artillerie-Regiment der SS 29 (russisches Nr.1)
    • SS-Füsilier-Bataillon 29
    • SS-Pionier-Bataillon 29
    • SS-Panzerjäger-Abteilung 29
    • SS-Nachrichten-Abteilung 29
  • SS-Versorgungs-Regiment 29
    • SS-Veterinär-Kompanie 29
    • SS-Sanitäts-Kompanie 29
    • SS-Feldersatz-Bataillon 29

Terrains d'opérations[modifier | modifier le code]

Actions[modifier | modifier le code]

La brigade Kaminski commence par faire la chasse aux partisans soviétiques. Ainsi en , les hommes de Kaminski participèrent à une importante action contre les partisans dans les forêts au nord de Briansk. De l'ampleur de l'opération témoignent les forces déployées dans ce secteur, comprenant un régiment de chars de la 5e division blindée, des effectifs de deux divisions allemandes d'infanterie régulière et une division hongroise d'une puissance totale de plus de 6 000 hommes. L'unité de Kaminski a été repartie parmi les bataillons allemands, pour servir de guides locaux, de traducteurs et d'interrogateurs[2].

La brigade Kaminski se fait odieusement remarquer lors de la repression de l'insurrection de Varsovie en août 1944. Les hommes de Kaminski sont responsables du massacre de Wola où plus de 10 000 civils des districts de Wola et d'Ochta ont trouvé la mort[3] et où ses membres feront preuve d'une extrême cruauté (femmes et enfants égorgés, blessés achevés au lance-flammes, etc.) Cela suscitera du dégoût même parmi certaines autres unités SS engagées.

L'Obergruppenführer SS Erich von dem Bach-Zelewski dont dépendait cette brigade durant la bataille de Varsovie de 1944 sera jugé après la guerre pour sa responsabilité dans divers massacres et sera condamné à plusieurs reprises à des peines de prison[4]. Il échappera à la peine de mort mais finira sa vie en prison. Il mourra à la prison de Munich en 1972.

Après la destruction de Varsovie la brigade Kaminski sera envoyée pour combattre l'armée soviétique et sera quasiment anéantie. Les rares survivants (Russes, Lettons, Ukrainiens, etc.) capturés par l'Armée rouge furent ensuite envoyés en URSS où ils furent très probablement exécutés[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Heinz Guderian: Erinnerungen eines Soldaten (Autobiografie) 18. Aufl., Motor-Buchverlag, Stuttgart 2003, (ISBN 3-87943-693-2)
  2. (en)Charles D. Winchester, Ian Drury, Hitler’s War on Russia, Bloomsbury Publishing, (ISBN 9781849089951, lire en ligne), p. 143
  3. (en)Gordon Williamson, The Waffen-SS (4): 24. to 38. Divisions, & Volunteer Legions, Bloomsbury Publishing, (ISBN 9781780965789, lire en ligne), p. 16
  4. (de)Von Dem Bach-Zelewski. Die Toten stehen auf. Der Spiegel, 07.01.1959 sur spiegel.de
  5. http://deuxieme-guerre-mondiale.histoire-en-questions.fr/episodes/crimes-bandes-tueurs.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]