Étienne Poulet

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Étienne Poulet
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Étienne Poulet
Nom de naissance Étienne Édouard Poulet
Naissance
château d'Isenghien à Lomme
Décès (à 70 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession

Étienne Édouard Poulet, né le au château d'Isenghien à Lomme (Nord) et mort le à Paris (12e arrondissement), est un pionnier français de l'aviation.

Biographie[modifier | modifier le code]

Étienne Poulet acte de naissance 10-06-1890 au Château d'Isenghien Lomme

Étienne Poulet reçoit son certificat de pilote le 12 janvier 1912 (no 709) à l'Aéro-club de France[1]. Dès 1913, il est remarqué par la presse nationale, lorsqu'il vole « la tête en bas », ce que seuls deux pilotes ont déjà pratiqué, selon Le Figaro[2],[3].

Après plusieurs tentatives — le 8 avril 1914, il vole 12 heures d'affilée, entre Étampes et Gidy[4]—, il bat le record du monde de durée en vol sans escale, en 16 heures 28 minutes et 56 secondes (soit 936,8 km) le 26 avril 1914, détenu auparavant par l’Alsacien Karl Ingold pour l'Allemagne[5], qui avait volé le 7 février 1914 durant 16 heures et 20 minutes avec son biplan militaire allemand de 100 chevaux[6]. Il est également détenteur du « record de la hauteur avec deux et trois passagers »[7]. Ses exploits feront de lui un récipiendaire de la Légion d'honneur[8].

Raid Paris-Melbourne[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, il tente de relier Paris à Melbourne, en Australie, à bord d'un Caudron G.4, « moteurs rotatifs Le Rhône »[9]. Il décolle de Villacoublay le , en compagnie de son mécanicien et ami Jean Benoist[10]. Son périple, pour lequel il est en concurrence avec d'autres aviateurs, est médiatisé[11],[12],[13],[14],[15]. Le 17 décembre, le journal La Croix rapporte que l'appareil du pilote, stationné à Rangoun, est « très fatigué »[16]. Étienne Poulet échoue peu de temps après en raison de problèmes mécaniques. Alors qu'il survole la Birmanie (le Siam[17]), un vautour percute l'hélice de son appareil et la brise, rapporte Le Figaro, le 19 décembre[18],[19].

Son retour en France est annoncé par télégramme le 28 janvier 1920, sur le navire Gloucestershire, au port de Marseille[20]. Il s'agit en fait d'une erreur, due à une confusion de nom ; l'aviateur est toujours à Rangoun[21]. En juin 1920, il s'y trouve toujours, devant prendre réception d'un nouvel avion afin de reprendre son périple vers l'Australie[22].

Le 8 septembre 1920, le journal Le Gaulois publie la brève suivante : « On mande de Djojakarta [sic] (Java) que l'aviateur Poulet, après avoir réparé son avion, vient de repartir pour achever son raid Paris-Melbourne (Australie)[23]. » En décembre de la même année, il survole l'île de Bornéo[24].

Années en Asie[modifier | modifier le code]

En 1924, au cours des conflits de l'époque des seigneurs de la guerre chinois, alors qu'il réside à Moukden (Shenyang)[8], il serait devenu instructeur de l'armée aérienne de Zhang Zuolin[25],[26][réf. insuffisante].

Étienne Poulet vit ensuite de nombreuses années en Indochine (Saigon, Hanoï, Phnom-Penh) où il effectue des démonstrations aériennes[27],[28],[29]. Il revient en France après la guerre d'Indochine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dossier individuel de délivrance du brevet d'aptitude au pilotage de Etienne Poulet », sur archives.somme.fr
  2. « Un officier imite Pégoud », L'Aurore, 4 octobre 1913, no 5788, p. 3 [lire en ligne]
  3. « À la façon de Pégoud », Le Figaro, 5 octobre 1913, 3e série – no 278, p. 6 [lire en ligne]
  4. « À l'attaque des records », L'Ouest-Éclair, 9 avril 1914, no 5583, p. 3 [lire en ligne]
  5. « Le 26 avril 1914 dans le ciel : Poulet bat le record de durée », sur air-journal.fr,
  6. « Le 7 février 1914 dans le ciel : Ingold en piste pour battre des records », sur air-journal.fr,
  7. « L'aviateur Poulet à Saint-Malo », L'Ouest-Éclair, 28 juillet 1919, no 7259, p. 1 [lire en ligne]
  8. a et b Roger Ducret, « Poulet travaille pour la France à Moukden », Le Figaro, 10 août 1924, 3e série – no 223, p. 6 [lire en ligne]
  9. « Poulet prépare toujours Paris-Melbourne », L'Ouest-Éclair, 11 août 1919, no 7273, p. 3 [lire en ligne]
  10. Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 483-485.
  11. « La tempête immobilise les concurrents », L'Ouest-Éclair, 4 novembre 1919, no 7228, p. 1 [lire en ligne]
  12. « Poulet continue son raid vers l'Australie », L'Ouest-Éclair, 11 novembre 1919, no 7241, p. 1 [lire en ligne]
  13. « Poulet franchit la frontière indienne », L'Ouest-Éclair, 13 novembre 1919, no 7243, p. 1 [lire en ligne]
  14. « Poulet est retardé aux Indes », L'Ouest-Éclair, 24 novembre 1919, no 7253, p. 2 [lire en ligne]
  15. « Le raid aérien France-Australie », La Croix, 5 décembre 1919, no 11258, p. 2 [lire en ligne]
  16. « Paris-Melbourne », La Croix, 17 décembre 1919, no 11268, p. 4 [lire en ligne]
  17. « Le brave Pivolo aura son avion », L'Ouest-Éclair, 24 mai 1924, no 8258 [lire en ligne]
  18. « Dans l'empire des airs », Le Figaro, 19 décembre 1919, 3e série — no 331, p. 1 [lire en ligne]
  19. (en) Jonathan King, Great Moments in Australian History, 2010, p. 300-301 (ISBN 978-1-742-37127-6 et 1742371272)
  20. « Poulet est revenu en France », L'Ouest-Éclair, 29 janvier 1920, no 7318, p. 2 [lire en ligne]
  21. « Paris-Melbourne », La Croix, 31 janvier 1920, no 11 305, p. 4 [lire en ligne]
  22. « L'aviateur Poulet se heurte à des difficultés », L'Ouest-Éclair, 14 juin 1920, no 7482, p. 2 [lire en ligne]
  23. [lire en ligne]
  24. « Nouvelles en peu de mots », Le Gaulois, 30 décembre 1920, no 45793, p. 2 [lire en ligne]
  25. « La guerre civile va-t-elle s'étendre à toute la Chine ? », L'Ouest-Éclair, 9 septembre 1924, no 8364, p. 1 [lire en ligne]
  26. « La guerre civile en Chine », L'Ouest-Éclair, 4 octobre 1924, no 8387, p. 3 [lire en ligne]
  27. « Petites nouvelles », L'Ouest-Éclair, 10 novembre 1921, no 7284, p. 3 [lire en ligne]
  28. « Enfin ! On a des nouvelles de l'aviateur Poulet ! », L'Ouest-Éclair, 31 mars 1922, no 7453, p. 2 [lire en ligne]
  29. « Petites nouvelles », L'Ouest-Éclair, 21 mars 1925, no 8555, p. 3 [lire en ligne]