Élections législatives surinamaises de 2020

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Élections législatives surinamaises de 2020
51 sièges de l'Assemblée nationale
Voir et modifier les données sur Wikidata
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Parti national démocratique
Sièges sortants 26
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Alliance V7
Sièges sortants 18
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A-Combinatie
Sièges sortants 5
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Parti pour la démocratie et le développement dans l'unité
Sièges sortants 1
Président de la République
Sortant
Desi Bouterse
NDP
http://www.verkiezingen.sr/

Les élections législatives surinamaises de 2020 ont lieu le afin de renouveler les 51 membres de l'Assemblée nationale du Suriname. Des élections municipales sont organisées simultanément.

L'assemblée doit par la suite élire le président, qui dispose de pouvoirs étendus, dans le contexte de la condamnation à une lourde peine de prison du président sortant Desi Bouterse pour le massacre d'opposants politiques en 1982.

Contexte[modifier | modifier le code]

Desi Bouterse

Les élections législatives de mai 2015 sont remportées par la Megacombinatie, coalition menée par le Parti national démocratique soutenant le président Desi Bouterse, qui remporte 26 sièges sur 51, soit la majorité absolue. Ne disposant pas d'emblée de la majorité des deux tiers nécessaire à sa réélection, le président conclu comme lors de son élection en 2010 des alliances avec les partis d'opposition[1]. Le , l'Assemblée nationale réélit Bouterse, seul candidat, pour un deuxième mandat de président de la République[2].

Président du Conseil national militaire en 1980 et 1982 suite à un coup d'état, Bouterse est cependant rattrapé par son passé avant la fin de son mandat. Le 29 novembre 2019, tandis qu'il se trouve en voyage officiel en Chine, le président est condamné par un tribunal militaire surinamais à 20 ans de prison pour les Massacres de décembre 1982 au cours desquels sont assassinés 15 opposants politiques au fort Zeelandia. Six autres anciens officiers de l’armée du Suriname sont également condamnés, dont un ancien consul du Suriname en Guyane[3],[4]. Bénéficiant de l'immunité présidentielle, Bouterse rentre au pays et se maintient en poste au minimum jusqu'à la fin de son mandat. Le 2 décembre, il se déclare candidat à sa réélection[5].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Bâtiment de l'assemblée à Paramaribo.

L'Assemblée nationale est un parlement unicaméral doté de 51 sièges pourvus pour cinq ans au scrutin proportionnel plurinominal dans dix circonscriptions de 2 à 17 sièges correspondants aux districts du pays. Les électeurs ont également la possibilité d'effectuer un vote préférentiel pour l'un des candidats de la liste choisie afin de faire monter sa place dans celle ci[6].

Sièges et population en 2012[7]
Carte-suriname-districts.jpg
Districts Habitants Sièges
1 Paramaribo 240 924 17
2 Wanica 118 222 7
3 Nickerie 34 233 5
4 Coronie 3 391 2
5 Saramacca 17 480 3
6 Commewijne 31 420 4
7 Para 24 700 3
8 Marowijne 18 294 3
9 Brokopondo 15 909 3
10 Sipaliwini 37 065 4
Total 541 638 51

Après décompte des suffrages, le premier siège de chaque circonscription est attribué à la liste arrivée en tête, puis les suivant répartis selon la méthode d'Hondt au quotient simple, sans seuil électoral. Les votes préférentiels sont pris en compte pour l'attribution du premier siège, qui revient au candidat de la liste en ayant recueillit le plus dans sa circonscription, puis pour les suivants lorsque le total réunit par un candidat est supérieur au quota de Hare, c'est-à-dire le nombre de votes obtenus par sa liste divisé par le nombre de siège remporté par celle ci[7].

La clé de répartition des sièges par district se base sur leur population mais favorise l'intérieur du pays au détriment de la capitale Paramaribo. Celle ci, qui totalise 40 % de la population du pays en 2018, n'est ainsi représentée que par 17 sièges sur 51, soit 33 %[7].

Les candidats doivent être âgés d'au moins 21 ans, avoir la citoyenneté, résider dans leurs circonscription depuis au moins deux ans avant les élections, et appartenir à un parti politique. Les candidatures sans étiquette sont par conséquent impossibles.

Le Suriname fait partie des rares pays possédant un régime parlementaire doté d'un chef de l’exécutif fort à la fois chef de l’État et du gouvernement mais élu au scrutin indirect par le parlement pour un mandat concomitant au sien. A la suite de chaque élections législatives, l'Assemblée nationale élit un nouveau président à la majorité qualifiée des deux tiers. Les candidats doivent être âgés d'au moins trente ans, avoir la nationalité et avoir résidé au Surinam les six dernières années. Si aucun d'entre eux ne réunit le nombre requis de voix après trois tours de scrutin, l'assemblée et les conseils municipaux des dix districts du pays se réunissent en Congrès pour élire un candidat à la majorité absolue[8]

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des législatives surinamaises de 2020[9]
Partis Votes % +/- Sièges +/–
Parti national démocratique
Alliance V7
A-Combinatie
Parti pour la démocratie et le développement dans l'unité
Union progressiste des travailleurs et paysans
Autres partis
Votes valides
Votes blancs et nuls
Total 100 - 51 Steady.svg
Abstentions
Inscrits/participation

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au Suriname, large victoire du parti de l’ex-putschiste Desi Bouterse, lemonde.fr, 26 mai 2015.
  2. (en) Suriname's Bouterse Secures Second Presidential Term, Voice of America, 14-07-2015.
  3. Frédécric Farine, « Desi Bouterse condamné à 20 ans de prison par un tribunal militaire du Suriname dans l’affaire de l’exécution d’opposants en décembre 1982 », Guyaweb,‎ (lire en ligne)
  4. (en) Ank Kuipers, « Suriname President Bouterse convicted of murder for 1982 executions », Reuters,‎ (lire en ligne)
  5. (en) https://www.facebook.com/FRANCE24.English, « Convicted Suriname president says will seek re-election », sur France 24, FRANCE24.English, (consulté le 11 décembre 2019).
  6. Inter-Parliamentary Union, « IPU PARLINE database: SURINAME (Nationale Assemblee), Texte intégral », sur archive.ipu.org (consulté le 11 décembre 2019).
  7. a b et c (lt) « Suriname », sur www.electionpassport.com (consulté le 11 décembre 2019).
  8. (en) « Suriname: Constitution, 1987 with Reforms of 1992 », sur pdba.georgetown.edu, (consulté le 11 décembre 2019).
  9. « Suriname Election Centre », sur www.caribbeanelections.com (consulté le 11 décembre 2019).