Desi Bouterse

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Desi Bouterse
Desi Bouterse, le 12 août 2010.
Desi Bouterse, le 12 août 2010.
Fonctions
9e président de la République du Suriname
En fonction depuis le
(7 ans, 1 mois et 13 jours)
Élection
Réélection
Vice-président Robert Ameerali
Ashwin Adhin
Prédécesseur Ronald Venetiaan
Président du Conseil national militaire de la République du Suriname

(4 jours)
Prédécesseur Henk Chin A Sen
(président de la République)
Successeur Fred Ramdat Misier
(président de la République)

(2 jours)
Prédécesseur Johan Ferrier
(président de la République)
Successeur Henk Chin A Sen
(président de la République)
Biographie
Nom de naissance Desiré Delano Bouterse
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Domburg (Suriname)
Nationalité Surinamienne
Parti politique Parti national démocratique
Conjoint Ingrid Waldring (mariés en 1990)
Profession Militaire

Desi Bouterse
Présidents de la République du Suriname

Desiré Delano Bouterse, dit Desi Bouterse (prononcé en néerlandais [ˈbɑutərsə]), né le à Domburg, est un homme d'Etat surinamien, président de la République depuis le . Il est l'une des personnalités les plus marquantes de l'histoire du Suriname : successivement militaire — instructeur de sport qui atteint le grade de colonel — puis instigateur d'un coup d’État menant à la dictature militaire du Suriname, il est par la suite chef des armées et désormais homme politique, membre du Parti national démocratique (NDP).

Biographie[modifier | modifier le code]

Coup d'État et régime autoritaire[modifier | modifier le code]

Au lendemain de l'indépendance du Suriname, le , certains cherchent à profiter d'une situation économique favorable et d'un calme relatif. Dési Bouterse, alors colonel dans l'armée régulière, prend le contrôle du pays grâce à un coup d'État le . Son régime militaire en place, il devient alors président du Conseil militaire national, laissant dans un premier temps le président de la République Johan Ferrier à son poste (il assure la fonction présidentielle deux fois durant quelques jours en 1980 et 1982).

Cependant, la répression contre son régime est féroce, étant lui-même le donneur d'ordre direct, voire l'auteur d'après certains témoignages, de certains meurtres (massacres de décembre 1982, événements dans le village des Noirs Marrons en 1986). La révolte des Bushis Nengés conduits par Ronnie Brunswijk, l'un de ses gardes du corps, conduit à la guerre civile qui dure de 1986 à 1992. Il reste de facto le dirigeant de la nation jusqu'à sa démission en 1988.

Profitant de son immunité diplomatique, il aurait également participé à un hold-up au Brésil, avant d'être ramené dans le pays. Il se maintient au pouvoir jusqu'au début des années 1990.

L'échec aux élections de 1996[modifier | modifier le code]

Après le retour d'un gouvernement démocratique, dirigé successivement par Ronald Venetiaan et Jules Wijdenbosch, il perd l’élection présidentielle de mai 1996, face à Jules Wijdenbosch. Le slogan de son parti le NDP était : « Leti a Faya », soit en français « allumez la lumière ». Un autre candidat malheureux de ces élections de 1996 : Ronnie Brunswijk, son ancien adversaire militaire durant la guerre civile.

Condamnation pour trafic de drogue[modifier | modifier le code]

Ayant depuis longtemps profité de son statut pour diriger un trafic de drogue entre l'Amérique du Sud et l'Europe, il a été accusé à plusieurs occasions, et en juillet 1999 il a été condamné par contumace pour trafic de cocaïne par un tribunal aux Pays-Bas. Depuis, un mandat d'arrêt international l'empêche de quitter le territoire du Suriname. Au Suriname, puissant et craint, il reste libre.

Cependant, les années passant, son passé revient sur le devant de la scène et le gouvernement dit préparer une action judiciaire contre les participants actifs aux massacres de décembre 1982. Les 15 principaux opposants au régime militaire de l'époque sont tués par balles au fort Zeelandia. Il prétend qu'il n'est pas présent et que la décision est prise par le commandant de bataillon Paul Bhagwandas, mort en 1996. Toutefois, il en réclame la responsabilité politique.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Lors des élections législatives du , la coalition Megacombinatie (« grande coalition ») qu'il dirige arrive en tête avec un peu plus de 40 % des voix et obtient 23 sièges, nombre insuffisant pour pouvoir gouverner sans partenaire et pour élire le président de la République. Des tractations entre partis ont lieu et le suivant, Bouterse est élu président de la République par l'Assemblée nationale en obtenant 36 suffrages sur 50 votants[1]. Il prend ses fonctions le 12 août.

Parmi les réformes de son gouvernement, il rend l’école publique gratuite, augmente le salaire minimum et introduit la gratuité des soins médicaux pour les moins de 16 ans et les plus de 60 ans.

Les élections législatives du sont de nouveau remportées par la Megacombinatie qui, avec 27 sièges sur 51, obtient une majorité absolue mais pas celle des deux tiers nécessaire à la réélection de Bouterse[2]. Le suivant, Bouterse, seul candidat, est néanmoins réélu par l'Assemblée nationale pour un deuxième mandat de président de la République[3].

En 2017, Bouterse est impliqué dans un procès où l'accusation lui demande de répondre des massacres de décembre. Bien qu'il ait essayé d'empêcher sa tenue en invoquant la sécurité nationale, il risque 20 ans de prison si reconnu coupable[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]