Élections législatives éthiopiennes de 2021

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Élections législatives éthiopiennes de 2020
d'ici
Abiy Ahmed 2019.jpg Parti de la prospérité – Abiy Ahmed
Sièges sortants 512
Debretsion Gebremichael crop.jpg Front de libération du peuple du Tigray – Debretsion Gebremichael
Sièges sortants 38
Birhanu Nega.png Citoyens éthiopiens pour la justice sociale – Berhanu Nega
Sièges sortants 0
Premier ministre d'Éthiopie
Sortant
Abiy Ahmed
Parti de la prospérité

Les élections législatives éthiopiennes de 2021 ont lieu à une date indéterminée en 2021 afin de renouveler les 547 membres du Conseil des représentants des peuples de Éthiopie. Initialement prévues pour le , les élections sont reportées en raison de la pandémie de COVID-19 qui touche alors le pays.

Les élections provoquent une effervescence politique du fait de la volonté du premier ministre Abiy Ahmed d'organiser un scrutin libre et démocratique, le premier de l'histoire du pays[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre Abiy Ahmed, à l'origine d'une libéralisation politique du pays.

L’Éthiopie est dirigé depuis des décennies par la même coalition, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (FDRPE), qui conserve un pouvoir autoritaire sur le pays[2]. La situation change début 2018 lorsque le pays est agité par des troubles socio-politiques qui conduisent en avril au report des élections municipales et à la démission du Premier ministre Haile Mariam Dessalegn[3]. Le FDRPE nomme alors Abiy Ahmed au poste de Premier ministre d'Éthiopie le [4]. Celui-ci se lance très vite dans un vaste programme de réformes, dont la libération de dissidents, une ouverture de l’espace démocratique ainsi que le retour à la paix avec l’Érythrée voisine, ce qui lui vaut une importante popularité et l'obtention le du Prix Nobel de la paix[5],[6],[7].

Le Premier ministre s'efforce également de réformer la coalition au pouvoir, le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien en une structure nationale centralisée, celui ci étant composé de quatre partis ethno-régionaux implantés indépendamment les uns des autres dans les régions des Oromos, Amharas, du Tigréens et des peuples du sud[8]. A l'exception du Front de libération du peuple du Tigray, ceux ci sont fusionnés avec plusieurs partis mineurs en en une seule formation : le Parti de la prospérité[9],[10].

Le , une tentative de coup d’État a lieu dans la région d'Amhara, au nord-ouest de l'Éthiopie, avec pour objectif la chute du gouvernement régional. La tentative de putsch se traduit par les assassinats de plusieurs responsables politiques et militaires loyalistes à Baher Dar, et à Addis-Abeba, la plupart étant commis par un commando armé obéissant au commandant des forces de sécurité de l'Amhara, le général ethno-nationaliste Asaminew Tsige. Les assassinats sont suivis par des affrontements entre putschistes et loyalistes dans Baher Dar, remportés par les loyalistes, ce qui met fin à la tentative. Le général Tsige parvient à s'enfuir, mais est retrouvé et éliminé par la police éthiopienne le .

La politique d'ouverture démocratique du Premier ministre est par ailleurs mise à l'épreuve lors du référendum sur la création d'une région Sidama organisé le . Celui ci, approuvé à une écrasante majorité, prend la forme d'un test du gouvernement central, longtemps opposé aux revendications ethniques régionales, en amont des élections législatives. La bonne tenue du référendum et la reconnaissance de ses résultats par le gouvernement augure alors d'une poursuite de l'ouverture démocratique malgré les tensions internes.

Cette ouverture est en effet mise à rude épreuve en 2019, l’Éthiopie étant marquée par d'importants conflits ethniques. La libéralisation politique impulsée par Abiy Ahmed amène de nombreux groupes ethniques à revendiquer davantage de pouvoir, concentré depuis des décennies entre les mains de quelques ethnies. De nombreux conflits larvés entre ethnies éclatent fin 2018 suite à la levée soudaine du carcan de l'état policier, les tensions s'aggravant progressivement en une spirale de violences intercommunautaires[11], conduisant à des affrontements interethniques. L’Éthiopie compte alors 3 millions de déplacés internes[12],[13].

Initialement prévues pour le , les élections sont reportées début mai à une date indéterminée en 2021 en raison de la pandémie de COVID-19 qui touche alors le pays[14],[15].

Système électoral[modifier | modifier le code]

Le Conseil des représentants des peuples (Yehizbtewekayoch Mekir Bet) est la chambre basse du Parlement bicaméral de l'Éthiopie. Il est doté de 547 sièges pourvus pour cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions. Sur ce total, 22 sièges sont réservés à des minorités ethniques reconnues[16],[17].

Résultats[modifier | modifier le code]

Résultats des législatives éthiopiennes de 2021
Parti Voix % Sièges +/-
Parti de la prospérité
Front de libération du peuple du Tigray
Citoyens éthiopiens pour la justice sociale
Forum pour le dialogue démocratique en Ethiopie
Front de libération oromo
Front national de libération de l'Ogaden
Autres partis
Sièges reservés 22
Suffrages exprimés
Votes blancs et invalides
Total 100 547 Steady.svg
Abstentions
Inscrits / participation

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François Lafargue, « L'Éthiopie au milieu du gué », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, lepoint.fr,‎ (lire en ligne).
  2. Les six clés du développement éthiopien
  3. Ethiopia postpones local elections due to security challenges
  4. VOA Afrique, « Le nouveau Premier ministre prône la concorde en Ethiopie », sur VOA (consulté le 2 avril 2018)
  5. Éthiopie : Sahle-Work Zewde, première femme présidente du pays
  6. Pour la première fois, l’Éthiopie a une femme présidente
  7. « Le prix Nobel de la paix attribué à Abiy Ahmed, Premier ministre éthiopien » (consulté le 18 octobre 2019)
  8. En Ethiopie, les Sidama ouvrent le bal des revendications régionalistes
  9. Exclusive: Third day EPRDF EC discussing “Prosperity Party” Regulation. Find the draft copy obtained by AS
  10. Ethiopia's ruling coalition agrees to form single party ahead of 2020 vote
  11. Éthiopie: plusieurs dizaines de morts dans des affrontements ethniques
  12. Éthiopie : l'abiymania ne fait plus rêver
  13. En Ethiopie, le regain de violences signe la fin de l’état de grâce pour Abiy Ahmed
  14. (en) « NEBE says impossible to hold election as per scheduled due to COVID-19 », sur Welcome to Fana Broadcasting Corporate S.C (consulté le 1er avril 2020).
  15. (en) « የህገ መንግስቱ ሶስት አንቀጾች ትርጓሜ እንዲሰጥባቸው በፓርላማ ተወሰነ », sur ethioelection.com,‎ (consulté le 9 juillet 2020).
  16. ETHIOPIE Yehizb Tewokayoch Mekir Bete
  17. International Foundation for Electoral Systems, « IFES Election Guide | Elections: Ethiopia House of People's Representatives 2015 » (consulté le 20 septembre 2019)