Élection présidentielle slovaque de 2014

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Élection présidentielle slovaque de 2014
(1er tour)
(2e tour)
Type d’élection Élection présidentielle
Corps électoral et résultats
Inscrits 4 409 793
Votants au 1er tour 1 914 021
43,40 % en diminution 0,23

Votes exprimés au 1er tour 1 899 332
Votes blancs et nuls au 1er tour 14 689
Votants au 2d tour 2 224 382
50,48 %
Votes exprimés au 2d tour 2 200 906
Votes blancs et nuls au 2d tour 23 476
Andrej Kiska in Senate of Poland (cropped).jpg Andrej Kiska – Ind.
Voix au 1er tour 455 996
24,00 %
Voix au 2e tour 1 307 065
59,39 %
Fico Juncker (cropped).jpg Robert Fico – SMER-SD
Voix au 1er tour 531 919
28,00 %
Voix au 2e tour 893 841
40,61 %
Radoslav prochazka zupny pohar na bicykli detom 2013 crop.jpg Radoslav Procházka – Ind.
Voix au 1er tour 403 548
21,24 %
Transparent flag waving on Infobox grey background.svg
Milan Kňažko – Ind.
Voix au 1er tour 244 401
12,86 %
Président de la République
Sortant Élu
Ivan Gašparovič
HZD
Andrej Kiska
Ind.
volby.statistics.sk

L’élection présidentielle slovaque de 2014 (en slovaque : Voľba prezidenta Slovenskej republiky v roku 2014) se tient les samedis et , afin d'élire le président de la République slovaque pour un mandat de cinq ans.

Le président du gouvernement Robert Fico, revenu au pouvoir en 2012 avec la majorité absolue pour son seul parti, sort en tête du premier tour avec une avance plus réduite qu'imaginée sur le philanthrope Andrej Kiska. Ce dernier s'impose largement au second tour, s'engageant à agir comme contre-poids à l'exécutif que Fico continuera de diriger.

Contexte[modifier | modifier le code]

Au cours de l'élection présidentielle de 2009, le président de la République sortant Ivan Gašparovič, soutenu par le président du gouvernement Robert Fico, est réélu au second tour avec plus de 55 % des voix, face à la candidate du centre droit Iveta Radičová après avoir raté la victoire au premier tour en raison d'une faible participation[1],[2].

Lors des élections européennes de juin suivant, la Slovaquie connaît l'un des plus faibles taux de participation d'Europe et donne la première place à SMER – social-démocratie (SMER-SD) de Fico, alors que le paysage politique est-européen est dominé par la droite[3].

L'été 2009 est marquée par des tensions entre le gouvernement slovaque d'un côté, la minorité magyare et le gouvernement hongrois de l'autre. Le Conseil national adopte une loi qui interdit l'utilisation des langues minoritaires dans les administrations, ce qui suscite l'ire de la classe politique hongroise et une manifestation de la minorité hongroise, puis les autorités de Bratislava interdisent au président hongrois László Sólyom de visiter une ville slovaque située à la frontière entre les deux pays[4],[5],[6]. La situation se tend à nouveau printemps 2010, en raison de l'adoption d'une loi par la Hongrie permettant aux Magyars de l'étranger d'obtenir la nationalité hongroise. Robert Fico, qui parle de « menace hongroise », fait voter en représailles une loi prévoyant la déchéance de nationalité pour tout Slovaque qui opterait pour la nationalité d'un autre État[7],[8].

Au soir des élections législatives du 12 juin 2010, SMER-SD reste le premier parti du pays avec 34,8 % des voix, mais Fico est privé de majorité. À l'inverse, le centre droit totalise 79 députés sur 150, répartis entre quatre formations[9]. Vice-présidente de l'Union démocratique et chrétienne slovaque - Parti démocratique (SDKÚ-DS), Iveta Radičová devient présidente du gouvernement le , à la tête d'un gouvernement de coalition avec un programme d'austérité budgétaire et de relance des réformes libérales mises en œuvre entre 1998 et 2006[10].

À la rentrée 2011, la majorité parlementaire se divise sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière (FESF), mis en place dans le cadre de la crise de la dette dans la zone euro puisque Liberté et solidarité (SaS), dirigé par le président du Conseil national Richard Sulík, s'y oppose. Le , alors que Radičová a engagé sa responsabilité sur la ratification du texte, celui-ci est rejeté[11],[12]. Le projet est finalement adopté, après le vote d'un accord pour l'organisation d'élections anticipées le [13].

Au soir du scrutin, SMER-SD revient au pouvoir avec 44,4 % des suffrages exprimés, soit 83 députés sur 150, soit la première majorité absolue pour un parti seul depuis 1992. À l'inverse, la SDKÚ-DS s'effondre avec à peine 6 % des voix, éclaboussée par des scandales de corruption pendant la campagne[14]. Les élections régionales de voient l'élection à la surprise générale de Marian Kotleba, antisémite et xénophobe, à la présidence de la Région de Banská Bystrica[15].

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

Le président de la République (Prezident Slovenskej republiky) est le chef de l'État de la Slovaquie. Il est élu pour un mandat de cinq ans.

L'élection se tient au suffrage universel direct et au scrutin uninominal majoritaire à deux tours. Le candidat qui remporte la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour est proclamé élu. Si aucun candidat n'atteint ce résultat, les deux candidats ayant remporté le plus de voix sont qualifiés pour le second tour, qui se tient deux semaines plus tard. Le candidat qui remporte le plus de voix est proclamé élu.

Campagne[modifier | modifier le code]

Candidat de SMER-SD, Robert Fico domine les sondages et se présente en défenseur des plus modestes, mais est accusé par ses adversaires de vouloir concentrer tous les pouvoirs pour son parti et renforcer les attributions présidentielles par des amendements constitutionnels. Il est suivi dans les intentions de vote par l'indépendant Andrej Kiska, philanthrope sans appartenance politique et défenseur d'une présidence de la République au-dessus des partis[16].

Candidats[modifier | modifier le code]

Sondages[modifier | modifier le code]

Sondages[modifier | modifier le code]

Mois Sondeur Čarnogurský Fico Hrušovský Kiska Kňažko Osuský Procházka Bárdos
1/2013[17] MVK 9,5 % 29,0 % 11,7 % 5,8 % 8,7 % - - -
5/2013[18] MVK 17,2 % 41,9 % - 13,3 % - - 16,4 % -
7/2013[19] MVK 11,2 % 43,6 % 15,0 % 11,8 % - 2,8 % 15,6 % -
7/2013[20] Focus 5,2 % 36,3 % 13,4 % 18,9 % - 1,1 % 5,8 % -
7/2013[21] Polis 11,8 % 44,6 % 15,2 % 9,6 % - 4,0 % 14,8 % -
9/2013[22] Focus 8,8 % 38,4 % 17,3 % 20,0 % - 3,8 % 11,7 % -
10/2013[23] MVK 8,9 % 37,9 % 17,6 % 13,2 % - 4,4 % 18,1 % -
10/2013[24] Focus 7,7 % 37,8 % 17,9 % 17,6 % - 3,9 % 15,1 % -
11/2013[25] Focus 5,9 % 36,9 % 15,6 % 17,9 % 7,2 % 4,2 % 10,3 % -
1/2014[26] Focus 4,3 % 40,0 % 8,2 % 13,0 % 11,8 % 1,1 % 7,7 % 5,3 %
2/2014[27] Focus 1,7 % 37,0 % 7,3 % 20,4 % 12,9 % - 10,3 % 4,5 %
3/2014[28] Polis 2,5 % 37,8 % 5,2 % 26,4 % 11,2 % - 8,1 % 4,5 %
3/2014[29] Focus 3,2 % 35,0 % 7,9 % 23,8 % 9,7 % - 9,9 % 5,3 %

Résultats[modifier | modifier le code]

Candidat Parti Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Robert Fico SMER-SD 531 919 28,00 893 841 40,61
Andrej Kiska Indépendant 455 996 24,00 1 307 065 59,39
Radoslav Procházka Indépendant 403 548 21,24
Milan Kňažko Indépendant 244 401 12,86
Gyula Bárdos (sk) SMK-MKP 97 035 5,10
Pavol Hrušovský KDH (SDKÚ-DS, MH, SZ) 63 298 3,33
Helena Mezenská (sk) Indépendante 45 180 2,37
Ján Jurišta (sk) KSS 12 209 0,64
Ján Čarnogurský Indépendant 12 207 0,64
Viliam Fischer (sk) Indépendant 9 514 0,50
Jozef Behýl (sk) Indépendant 9 126 0,48
Milan Melník (sk) Indépendant 7 678 0,40
Jozef Šimko (sk) SMS (sk) 4 674 0,24
Stanislav Martinčko (sk) KOS 2 547 0,13
Exprimés 1 899 332 99,23 2 200 906 98,94
Blancs et nuls 14 689 0,77 23 476 1,06
Total 1 914 021 100 2 224 382 100
Abstention 2 495 772 56,60 2 181 879 49,42
Inscrits / participation 4 409 793 43,40 4 406 261 50,48

Représentation des résultats du second tour :

Robert
Fico
(40,61 %)
Andrej
Kiska
(59,39 %)
Majorité absolue

Analyse[modifier | modifier le code]

Bien que le président du gouvernement Robert Fico arrive en tête du premier tour, son avance sur Andrej Kiska est plus réduite qu'envisagée par les enquêtes d'opinion. Ce dernier, perçu comme le véritable vainqueur du scrutin, reçoit les soutiens de Radoslav Procházka et Milan Kňažko[30]. Au soir du second tour, Kiska l'emporte avec une très large avance et reçoit les félicitations de son concurrent, dont le parti confirme qu'il a l'intention de rester à la tête de l'exécutif. Le futur chef de l'État s'engage de son côté à agir comme un contre-poids au gouvernement[31].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Ballottage incertain au premier tour de l'élection présidentielle », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. « Réélection du président Ivan Gasparovic », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. Marion Van Renterghem, « Les "nouveaux" de l'Est oscillent entre morosité et populisme », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. Martin Plichta, « La Slovaquie provoque les Hongrois en interdisant les langues minoritaires », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. « Le président hongrois n'est pas le bienvenu sur le sol slovaque », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. Martin Plichta, « La minorité hongroise de Slovaquie refuse la restriction de l'usage de sa langue », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. Joëlle Stolz, « Flambée de nationalisme entre Hongrie et Slovaquie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. Martin Plichta, « Les Hongrois de Slovaquie s'inquiètent des dérives nationalistes dans la région », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. Martin Plichta, « En Slovaquie, la droite l'emporte sur le populiste de gauche Robert Fico », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. Martin Plichta, « En Slovaquie, Iveta Radicova nommée à la tête d'un gouvernement libéral pour "réformer" le pays », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. Martin Plichta, « Le plan de sauvetage de l'euro divise la Slovaquie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. « Le Parlement slovaque rejette le renforcement du FESF », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. « La Slovaquie approuve le renforcement du FESF », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. Martin Plichta, « Le social-démocrate Robert Fico dirigera seul la Slovaquie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. Martin Plichta, « Un « anti-Roms » à la tête d'une région slovaque », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. « Premier tour de l'élection présidentielle slovaque », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. Prieskum MVK: Tretina by Bezáka volila za prezidenta, SME le 24 janvier 2013
  18. Novým prezidentom by sa podľa prieskumu stal Robert Fico, Teraz.sk le 22 mai 2013
  19. Do druhého kola volieb prezidenta by postúpili R. Fico a R. Procházka, Teraz.sk le 15 juillet 2013
  20. Focus 7/2013
  21. V druhom kole prezidentských volieb by boli Fico a Hrušovský, Webnoviny.sk le 31 juillet 2013
  22. Focus 9/2013
  23. Prezidentské voľby: Do druhého kola by sa dostal Fico a Procházka, Aktuality.sk le 8 octobre 2013
  24. Focus 10/2013
  25. Focus 11/2013
  26. Focus 1/2014
  27. Focus 2/2014
  28. Prieskum: Rozdiel medzi Ficom a Kiskom sa znížil, Pravda le 8 mars 2014
  29. Focus 3/2014
  30. « Slovaquie : le premier ministre Fico en tête du premier tour », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  31. « Andrej Kiska élu nouveau président de Slovaquie », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]