Verdier de l'Himalaya

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Le Verdier de l'Himalaya (Chloris spinoides, anciennement Carduelis spinoides) est une espèce de passereaux de la famille des fringillidés (ou Fringillidae).

Description[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Toute la chaîne himalayenne, du nord du Pakistan à Arunachal Pradesh avec, en extrême limite au nord, le sud du Tibet et, au sud-est, l’ouest du Myanmar.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le verdier de l’Himalaya habite les forêts ouvertes de pins mais il privilégie leurs lisières donnant sur des terrains en friche et cultivés dont des cultures en terrasses.

Alimentation[modifier | modifier le code]

Selon Roberts (1992), le régime granivore du verdier de l’Himalaya est similaire à celui du chardonneret élégant avec des groupes se nourrissant sur des capitules d’astéracées, notamment un séneçon Senecio chrysanthemoides en septembre et octobre, sur les têtes mûres du tournesol et les sommités du chanvre. Toujours en association avec le chardonneret élégant, le verdier de l’Himalaya a été observé se nourrissant sur des têtes de pissenlit et sur des chardons Echinops cornigerus et Cnicus wallichii. Au Pakistan, Jones in Roberts (1992) avait remarqué qu’il est friand de graines de coréopsis qu’il vient chercher dans les jardins. Plusieurs photos (in Ottaviani 2011) révèlent que l’espèce consomme aussi des graines de cryptoméria Cryptomeria japonica et d’amaranthe Amarantus sp., des bourgeons de Polygonum amplexicaule et des fleurs de Fagopyrum esculentum.

Mœurs[modifier | modifier le code]

Les verdiers de l’Himalaya arrivent sur leurs sites de nidification en juin et y restent jusqu’à la fin-octobre puis regagnent leurs quartiers d’hiver où des individus peuvent être observés sporadiquement jusque fin-mai. Ils évoluent en couples ou en groupes selon la saison, constituant des vols de 10 à 20 oiseaux ou plus, en hiver. Ils se déplacent dans un vol plongeant et ondulant, assez haut au-dessus des vallées et des collines, lançant leur double note aiguë au moment où ils tournoient dans les airs. Ils recherchent généralement leur nourriture en sautillant sur le sol ou en grimpant après les tiges des plantes herbacées et sur les capitules des astéracées. Ils sont habituellement silencieux pendant le nourrissage mais lorsqu’ils s’envolent dans les arbres, en cas de dérangement, ils lancent leurs cris de ralliement.

Parade nuptiale[modifier | modifier le code]

Elle rappelle celle du verdier d’Europe avec un vol papillonnant de type chauve-souris, caractérisé par de lents battements d’ailes. Une photo (in Ottaviani 2011) montre un mâle en posture de parade nuptiale.

Nidification[modifier | modifier le code]

Œufs de Chloris spinoides Muséum de Toulouse

Les nids sont placés entre 4,50 et 9 m du sol et toujours très bien dissimulés. Ce sont de petites coupes bien faites de racines d’herbes et de tiges de graminées avec un revêtement intérieur de fibres et de cheveux avec, parfois, quelques plumes. Trois à cinq œufs (généralement quatre) bleus très pâle lâchement tachetés de noir ou, parfois, de rougeâtre foncé. Parfois un œuf peut être pratiquement immaculé. La nidification commence tard en juillet ou en août et parfois même en septembre.

Biologie de reproduction[modifier | modifier le code]

Pour le Pakistan, Roberts (1992) a apporté une importante contribution à la biologie de reproduction. Les nids sont toujours très bien dissimulés en hauteur dans un pin Pinus wallichiana, moins souvent dans un cèdre Cedrus deodara. Sur 29 nids examinés par Dodsworth (in Roberts 1992) dans la région de Simla, la hauteur moyenne est de neuf mètres. Comme chez tous les carduélinés, la femelle collecte les matériaux et construit le nid mais le mâle se tient à proximité. Le nid est une coupe soignée, faite extérieurement d’herbes fines, de tiges de graminées et de racines et tapissée intérieurement de poils. Il est toujours bien dissimulé par un rameau supérieur l’abritant en même temps des pluies de la mousson fréquentes en juillet. La ponte habituelle est de quatre œufs (avec des extrêmes de trois à cinq) que la femelle pond à raison d’un œuf par jour et qu’elle couve à partir du deuxième ou du troisième œuf. Le mâle nourrit par régurgitation la femelle au nid mais ne participe pas à l’incubation. La couvaison dure 13 ou 14 jours puis les poussins, nourris par les deux parents, sont prêts à l’envol à l’âge de 14 jours mais restent dépendants des parents pendant encore, au moins, une semaine. Les œufs sont blanc verdâtre tachetés de brun sur le gros pôle. L’espèce est considérée comme nicheuse semi-coloniale, Dodsworth (in Roberts 1992) ayant découvert six nids puis quatre nids dans un rayon de 15 m et, à maintes reprises, deux nids très proches l’un de l’autre et souvent dans le même arbre.

Mue[modifier | modifier le code]

Whistler (1940) avait remarqué que le verdier de l’Himalaya adulte présente une mue annuelle complète au printemps et non pas en automne comme l’immense majorité des passereaux. Il avait aussi montré une seconde particularité ; le jeune de première année garde son plumage juvénile pendant l’automne et l’hiver jusqu’au mois de juin de l’année suivant sa naissance, endossant alors son plumage d’adulte peu avant la saison de reproduction. La période de nidification est ainsi retardée et perdure encore lors de la migration d’automne.

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce Chloris spinoides a été décrit par le zoologiste irlandais Nicholas Aylward Vigors en 1831.

Suivant les travaux de Sangster et al.[1], cette espèce est déplacée du genre Carduelis par le Congrès ornithologique international dans sa classification de référence (version 2.10, 2011).

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

D'après le Congrès ornithologique international, cette espèce est constituée des deux sous-espèces suivantes :

  • C. s. spinoides Vigors, 1831 : nord-est du Pakistan et nord de l’Afghanistan, Cachemire, Himachal Pradesh, Uttaranchal, Népal, Bhoutan et extrême sud du Tibet.
  • C. s. heinrichi Stresemann, 1940 : Nagaland, Manipur, ouest du Myanmar jusqu’au mont Victoria au sud.

Synonymie[modifier | modifier le code]

Noms vernaculaires[modifier | modifier le code]

  • Chardonneret de l'Himalaya
  • Verdier de l'Himalaya

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sangster G. et al (2011). « Taxonomic recommendations for British birds: seventh report », Ibis, vol. 153, p. 883-892.

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Zuccon, D. et al. 2012: The phylogenetic relationships and generic limits of finches (Fringillidae). Molecular phylogenetics and evolution, 62(2): 581–596. doi: .1016/j.ympev.2011.10.002
  • Ottaviani, M. (2011a). Monographie des Fringilles (carduélinés) – Histoire Naturelle et photographies, volume 2. Éditions Prin, Ingré, France, 286 p.
  • Nguembock, B.; Fjeldså, J.; Couloux, A.; Pasquet, E. 2009: Molecular phylogeny of Carduelinae (Aves, Passeriformes, Fringillidae) proves polyphyletic origin of the genera Serinus and Carduelis and suggests redefined generic limits. Molecular phylogenetics and evolution, 51(2): 169-181. doi: 10.1016/j.ympev.2008.10.022
  • Roberts, T. J. (1992). The birds of Pakistan. (vol. 2) Karachi : Oxford University Press.
  • Whistler, H. (1940). Unusual plumage sequence in a passerine bird. Ibis 4 : 151-153.