Selknam

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Ona et Onas.
Chasseur selknam (1904)

Les Selknams, aussi appelés Selk'nams, Shelknams ou Onas sont un petit peuple amérindien disparu depuis le milieu du XXe siècle. Ces chasseurs nomades habitaient la Grande Île de Terre de Feu. Le nom de « Onas » s'applique aussi aux mánekenks ou hausch, étroitement apparentés aux Selknams.

Langue[modifier | modifier le code]

La langue ona ou selknam était une langue amérindienne, andine méridionale qui se parlait en Patagonie. On la classifie aussi dans le groupe chon de la famille « mosetén-chonán » du tronc des langues « macro-pano ». C'était le rameau le plus austral du tehuelche et on le parlait en Terre de Feu, et en Patagonie argentine et Chilienne. Un dictionnaire selknam-français a été établi en 1898 par Émile Racovitza naturaliste de l'expédition antarctique Belgica[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Lors de leur arrivée, en 1520, les Européens rencontrèrent les Selknams au nord-est de la Grande Île de Terre de Feu. Ce peuple aborigène était un rameau des « patagons » ou « Tehuelches » qui avaient pénétré dans l'île depuis le XIVe siècle, forçant ainsi les Yagans (ou yamanas) et les Kawéskar (ou Alakalufs) à se déplacer vers les côtes méridionales et occidentales.

Ils étaient chasseurs et cueilleurs et vivaient principalement du guanaco qu'ils chassaient avec de petits arcs et des flèches à pointe en pierre. En plus du guanaco, ils s'alimentaient de divers autres animaux : pinnipèdes, manchots, cétacés, mollusques, crustacés et cormorans. Ils consommaient aussi en abondance un champignon parasite du Nothofagus, le Cyttaria.

Selknams rassemblés sur l'île Dawson

À partir de 1880 les estancieros ou propriétaires terriens d'estancia (ferme d'élevage), principalement d'origine britannique, commencèrent la colonisation des terres des selknams. Celles-ci qui étaient un espace libre pour ces chasseurs nomades, furent en grande partie clôturées par le développement de l'élevage des ovins. Beaucoup de Selknams brisèrent ces nouvelles clôtures afin de continuer à chasser librement pour se nourrir. Ils tuèrent des moutons importés, qu'ils appelèrent les « guanacos blancs ». Ce fut l'un des prétextes d'une mise en route d'un génocide longtemps et souvent ignoré ou occulté de l'histoire nationale. Les nouveaux colons des estancias aidés de milices, reçurent aussi l'appui de troupes régulières de l'armée argentine et engagèrent des tueurs à gage. Inférieurs en nombre et en armes, disposant seulement d'arcs et de couteaux, ces Amérindiens se sont défendus, mais de conflit en conflit, la plupart ont été tués par la supériorité des armes à feu et par les pièges et carnages des tueurs à gage. Quelques-uns furent pris en charge et survécurent auprès de missions salésiennes de Terre de Feu. En plus de ce génocide, s'ajoutèrent les famines et les épidémies suite à des maladies contractées auprès des colons, décimant les ethnies au fil des décennies. L'une des dernières Onas, appelée Angela Loij, mourut en 1974. Le dernier représentant du peuple Selknam, Virginia Choinquitel, une Ona vivant en banlieue de Buenos Aires, est décédée en 1999[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Chapman, Quand le soleil voulait tuer la lune, Rituels et théâtre chez les Selk’nam de Terre de Feu, Métaillé, 2008, (ISBN 9782864246503)
  • Manns, Patricio. Cavalier seul. Phébus (1996),
  • L'histoire oubliée des Selk'nam. Sciences Humaines, n°195, juillet 2008 (dont un article sur la cérémonie du Hain).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandre Marinescu, Émile Racovitza et l'expédition Belgica, éd. All, 1998, ISBN 973-9431-06-2.
  2. Le Peuple oublié d’Argentine, 22 janvier 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]