Secrétariat national du travail

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Le Secrétariat national du travail (Nationaal Arbeids-Secretariaat, NAS) était une organisation syndicale néerlandaise, créée en 1893 et dissoute par les nazis en 1940.

Elle fut fortement influencée par le syndicalisme révolutionnaire porté par la CGT française avant 1914.

Premières années (1893-1896)[modifier | modifier le code]

À partir de la fin des années 1880, ce développe l’idée selon laquelle les syndicats ne devraient plus être de simples branches de le Ligue sociale-démocrate (Sociaal-Democratische Bond, SDB) et devraient au contraire se regrouper au sein d’une organisation spécifique.
Cette réflexion finit par aboutir en 1893 à la création du Secrétariat national du travail (Nationaal Arbeids-Secretariaat, NAS). À ces débuts, le NAS englobe en son sein des syndicats et la SDB. S’il se déclare politiquement neutre, il est ainsi de fait fortement dominé par le SDB.

En 1894 le conflit entre anarchistes et réformistes au sein de la SDB aboutit au départ des réformistes qui créent le Parti social-démocrate des ouvriers (Sociaal Democratische Arbeiders Partij, SDAP). Cette scission au sein de la SDB va permettre au NAS de s’émanciper de sa tutelle politique. Si, dans un premier temps, la SDB et le SDAP restent membres du NAS, les relations vont se détériorer rapidement et en 1896 le NAS expulse la SDB et SDAP. À partir de cette date le NAS devient donc une organisation regroupant exclusivement des syndicats.

Adoption d’une ligne syndicaliste-révolutionnaire (1896-1914)[modifier | modifier le code]

Christiaan Cornelissen

En 1896, le NAS fédère 13 organisations syndicales à caractère national et 16 syndicats à caractère local. Tous les syndicats de l’organisation disposaient d'une voix, quel que soit leur taille, mais les contributions financières dépendaient de leur nombre d’adhérents. Cette situation déplaît fortement aux gros syndicats, qui se sentent lésés, et certains quittent le NAS ce qui entrave son développement. Ainsi en 1903, la NAS fait le constat qu’elle est parvenue à augmenter significativement le nombre de petits syndicats fédérés en son sein (61 syndicats locaux contre 16 en 1896) mais qu’elle stagne concernant les grandes organisations (15 syndicats nationaux contre 13 en 1896).
À cette époque, le NAS, influencé par les anarchistes, décide de soutenir par principe toutes les grèves, qu’elles soient le fait de syndicats membres, de syndicats non-affiliés ou même d’individus. L’organisation considère en effet toutes les grèves comme autant d’expérience d'apprentissage pour la classe ouvrière.

En 1906 est créé la Confédération néerlandaise des syndicats (Nederlands Verbond van Vakverenigingen, NVV). Plus modérée que le NAS, et rassemblant plus d’adhérents dès sa création, la NVV est liée au SDAP.
Le NAS va alors progressivement évoluer vers une ligne fortement inspirée par le syndicalisme révolutionnaire de la CGT française de l’époque. Cette évolution est tant le fait de la concurrence avec la NVV que de l’influence déterminante de Christiaan Cornelissen. Figure importante du NAS qu’il contribué à fonder en 1893, Christiaan Cornelissen avait rencontré Fernand Pelloutier et fréquenté les milieux syndicalistes révolutionnaires français après son départ pour Paris (où il contribua notamment aux journaux La voix du peuple et La Bataille syndicaliste).

Avec l’arrivée de Kolthek Harm au poste de secrétaire national en 1907, le NAS parvient à renforcer son organisation interne et à élargir sa base.
La coopération avec le Parti Social Démocrate (Sociaal-Democratische Partij ou SDP, créé en 1909, résultat d’une scission de l’aile gauche du SDAP), lors d’une grève des travailleurs des transports en 1911 et lors des protestations contre la hausse des prix en 1912, amène cependant de nombreux anarchistes à quitter le NAS.

De la Première Guerre mondiale à la dissolution (1914-1940)[modifier | modifier le code]

Comme d’autres organisations syndicales en Europe, le NAS va connaître un essor du fait de la Première Guerre mondiale.
Si les Pays-Bas sont neutres dans le conflit, le pays est malgré tout frappé par les pénuries alimentaires et l’agitation révolutionnaire qui secoue l’Europe à partir de 1917 marque les néerlandais. Une vague de grève massive balaye le pays et bénéficie au NAS qui passe de 10 500 membres en 1916 à 51 000 en 1920.

Au sortir de la guerre, les membres du NAS exercent une forte influence sur le Parti socialiste (Socialistische Partij) et sur le Parti communiste des Pays-Bas (Communistische Partij Nederland, nouveau nom du SDP à partir de 1918).
L’adhésion du NAS au Profintern (Internationale syndicale rouge, pro-soviétique) entraîne en une scission en 1923 : 8000 adhérents quittent le NAD pour former la Confédération syndicaliste néerlandaise (Nederlandsch Syndicalistisch Vakverbond, NSV) qui adhèrera à l’Association Internationale des Travailleurs (anarcho-syndicaliste).

Le NAS voit ses effectifs chuter : ceux-ci passent de 51 000 membres en 1920, à 31 000 membres en 1922 et 13 000 en 1924. L’organisation conserve ses bastions les plus solides dans les transports, la construction et chez les employés municipaux d’Amsterdam.
En 1927 le NAS rompt ses liens avec le Parti Communiste des Pays Bas et plusieurs de ses membres contribuent à fonder l’année suivante le Parti socialiste révolutionnaire (Revolutionair Socialistische Partij, RSP), un parti communiste anti-stalinien proche des idées de Trotski.

Après la mutinerie du De Zeven Provinciën (que le RSP avait soutenu) en 1933, les autorités néerlandaises durcissent la répression contre le mouvement social. Les employés municipaux et les fonctionnaires peuvent désormais être licenciés pour leur appartenance au mouvement révolutionnaire. Cette disposition contribue à affaiblir le NAS qui était jusque là bien implanté chez les employés municipaux d’Amsterdam.

En déclin, le NAS continue son existence jusqu’en 1940, année où l’occupant allemand prononce sa dissolution. Quelques militants poursuivent leur activité dans la clandestinité mais l’organisation n’est pas refondée à la fin de la guerre.

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