Sœur Marie Céleste

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Virginia Gamba, en religion Sœur Marie Céleste, (16 août 16002 avril 1634) est la fille aînée du grand savant italien Galilée et de sa maîtresse Marina Gamba.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Marie Céleste (Virginia Gamba), fille de Galilée

Fille illégitime[modifier | modifier le code]

Virginia était l'aînée de Livia et de Vincenzio[1]. Tous les trois naquirent hors mariage ; les deux filles portèrent seulement le nom de leur mère[2], mais Galilée réussit à faire légitimer son fils.

Les filles illégitimes trouvaient très difficilement à se marier et Galilée, assailli par les problèmes d'argent, les mit au couvent des clarisses de San Matteo, à Arcetri près de Florence. Virginia y entra à l'âge de treize ans[3].

La vie religieuse[modifier | modifier le code]

Virginia prit le voile en 1616 et choisit « Marie Céleste » (Maria Celeste) comme nom en religion en l'honneur de la Vierge Marie et de la passion de son père pour les objets du ciel.

Marie Céleste connut au couvent une vie rude faite de dénuement, de faim, de froid et d'ennui. De mauvaise santé elle-même, elle y fut notamment apothicaire, apportant à ses sœurs le réconfort qu'elle pouvait.

Durant sa courte vie, d'une part elle soutint moralement son père et d'autre part permit au couvent de survivre grâce à l'aide qu'elle quémandait et qu'il apportait à travers elle. Elle lui envoyait des herbes médicinales pour soigner ses divers troubles de santé, s'occupa des finances du couvent et y organisa des pièces de théâtre. Galilée pour sa part s'occupait des fenêtres du couvent et répara personnellement son horloge[4]. Marie Céleste servait aussi constamment de médiatrice entre son père et son frère Vincenzio[4],[5].

Les lettres qu'elle adressa à son père prouvent qu'elle l'aida à préparer et à corriger certains de ses manuscrits.

La dernière année[modifier | modifier le code]

L'Inquisition condamna Galilée pour hérésie en 1633. Il fut forcé d'abjurer sa croyance selon laquelle la Terre n'était pas le centre du monde ; on lui interdit de sortir de chez lui pour le reste de ses jours ; il fut condamné à réciter chaque semaine pendant trois ans les psaumes pénitentiels, ce dont sa fille se chargea à sa place. Toutefois, peu de temps après le retour de Galilée à Arcetri sous le coup de ce jugement, Marie Céleste fut atteinte de dysenterie[6]. Elle mourut le 2 avril 1634 à l'âge de 33 ans.

Le père et la fille étaient très près l'un de l'autre, elle admirant l'indulgence aimante de son père, lui la décrivant ainsi : « femme d'un esprit exquis, d'une singulière bonté et extrêmement attachée à moi[6],[7] ».

Correspondance[modifier | modifier le code]

Après la mort de Galilée, cent vingt-quatre lettres de Marie Céleste, écrites entre 1623 et 1633, furent retrouvées dans les papiers de son père, témoignant d'une correspondance suivie. La perte des réponses de Galilée nous prive de savoir quelle a été sa collaboration avec son père et quel était l'état d'esprit de ce dernier durant son procès. Les lettres de Marie Céleste, par contre, ont été éditées plusieurs fois.

Postérité[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'édition italienne des lettres de Marie Céleste (1891), on trouve plus souvent « Vincenzio » que « Vincenzo ».
  2. Il arrivera à Marie Céleste de signer « Maria Celeste Galilei ». Favaro, p. 235 sur Google Livres
  3. Elle eut besoin d'une dispense d'âge, obtenue grâce à un protecteur de son père, le cardinal Francesco Maria del Monte.
  4. a et b (en) Maria Celeste (Virginia) Galilei (1600-1634), site du Galileo Project
  5. Vincenzio réclamait de l'argent. Galilée devait donc s'occuper de son frère, Michelagnolo, de la dot considérable de sa sœur, de ses deux filles dans un couvent pauvre, et de son fils. On trouve une explication de la situation dans Mark Covington et Amit Mistry : (en) The Status of Women in Galileo’s Time sur le site du Galileo Project.
  6. a et b Galilée, cité par Favaro, p. 203 sur Google Livres
  7. « donna di esquisito ingegno, singolare bontà e a me affezionatissima ». Ibid.
  8. Le texte de Wikisource provient de la Bibliotheca Augustana, lequel est lui-même basé sur Giuliana Morandini, Suor Maria Celeste Galilei, Lettere al padre, Turin, La Rosa, 1983. Il existe une édition plus ancienne des Lettres, qui forme la seconde partie du livre d'Antonio Favaro à partir de la page 235 sur Google Livres
  9. Peter Cattermole et Patrick Moore, Atlas of Venus, p. 126 sur Google Livres. Cambridge University Press, 1997 ISBN 0-521-49652-7, ISBN 978-0-521-49652-0