Rosemonde Clifford

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Rosemonde Clifford, dite la Belle Rosemonde (en anglais, Rosamund Clifford) (prob. avant 1140 – 1175/1176[1]), fut la maîtresse préférée du roi Henri II d'Angleterre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Célèbre pour sa beauté, elle était la fille de Gautier de Clifford, un seigneur anglo-normand possessionné sur les marches de l'Angleterre et du Pays de Galles[2], et de Margaret de Tosny[1].

La liaison devient publique et est reconnue par le roi en 1174, après la révolte de ses fils, c'est-à-dire quand la reine Aliénor d'Aquitaine est disgraciée et emprisonnée[2]. Rosemonde devient donc « maîtresse en titre[2] ». Elle n'a aucune influence politique sur le roi, et c'est pourquoi celui-ci ne divorce pas de sa femme, comme la rumeur disait qu'il l'envisageait[2].

Elle ne profite pas longtemps de cette situation, car elle meurt en 1176. Elle est inhumée au milieu du chœur de l'église du couvent de Godstow (près d'Oxford) en face du grand autel[1]. La tombe est magnifiquement décorée de lampes et de bougies en cire[1]. Le roi, dévasté de chagrin, fait de grosses donations au couvent pour son tombeau[2]. En 1191, quelques années après la mort du roi, Hugues, l'évêque de Lincoln, de passage à Godstow, décide de faire déplacer ses restes « parce que c'était une prostituée[2],[1] ». Son corps est réenterré dans la salle capitulaire du couvent, et sur sa pierre tombale est gravée l'épitaphe[1] :

« Hic jacet in tumulo Rosa Mundi non Rosa Munda ;
Non redolet sed olet quia redolere solet[3] »

D'après W. L. Warren[4], Rosemonde aura été le grand amour d'Henri II. De nombreux contes et légendes entourent sa vie, qui est entrée dans le patrimoine du folklore anglais. Ainsi, on a longtemps rapporté le fait qu'elle aurait donné le jour à deux bâtards royaux : Geoffroy Plantagenêt (1151-1212), archevêque d'York, et Guillaume de Longue-Épée (1180-1226), comte de Salisbury. Cette question a donné lieu à de longs débats, et il semble aujourd'hui que la mère de Geoffroy soit Ykenai, une autre maîtresse royale, et que celle de Guillaume soit Ida, future femme de Roger Bigot, 2e comte de Norfolk[5]. Une autre légende fait d'Aliénor d'Aquitaine sa meurtrière. Celle-ci lui aurait donné le choix entre le poison et le couteau, avant de l'assassiner.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f T. A. Archer, revised by Elizabeth Hallam, « Clifford, Rosamund (b. before 1140?, d. 1175/6) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
  2. a, b, c, d, e et f Christopher Tyerman, « Rosamund Clifford », dans Who's Who in Early Medieval England, 1066-1272, Éd. Shepheard-Walwyn, 1996, p. 218-219. (ISBN 0856831328).
  3. John Brompton, Chronicon. Ces vers peuvent être traduit : « Ci-gît dans cette tombe une rose du monde, et non une rose pure / elle n'embaume point, mais sent ce qu'elle doit sentir. »
  4. W. L. Warren, Henry II, Methuen Publishing Ltd, 1977. (ISBN 0413383903).
  5. Paul C. Reed, « Countess Ida, Mother of William Longespée, Illegitimate Son of Henry II », dans The American Genealogist, n°77 (2002), p. 137.

Source[modifier | modifier le code]

  • Christopher Tyerman, « Rosamund Clifford », dans Who's Who in Early Medieval England, 1066-1272, Éd. Shepheard-Walwyn, 1996, p. 218-219. (ISBN 0856831328).
  • T. A. Archer, revised by Elizabeth Hallam, « Clifford, Rosamund (b. before 1140?, d. 1175/6) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.