Rock Garden

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Chutes d'eau au Rock Garden, Chandigarh.

Le Rock Garden est un environnement visionnaire créé par Nek Chand (né en 1924) à Chandigarh (Inde).

Commencé en 1957, le Rock Garden s’étend aujourd’hui sur 12 hectares et comprend près de 1400 figures sculptées. Il est ainsi considéré comme le plus vaste environnement d’art populaire au monde[réf. nécessaire]. Il est entièrement composé de déchets industriels, ménagers et autres objets usagés[1],[2].

Mise en place du projet[modifier | modifier le code]

Le jardin est notamment célèbre pour ses sculptures faites de céramique de récupération.

Nek Chand Saini (नेक चंद सैणी) est l'artiste indien autodidacte, ayant créé le Rock Garden de Chandigarh, un jardin de 160 000 m2, peuplé de sculptures.
Sa famille fit route pour Chandigarh en 1947 durant la partition des Indes. À cette période, la ville était alors redessinée en une utopie moderne par les soins de l'architecte franco-suisse Le Corbusier. Ce fut la première ville connaissant ce genre de développement en Inde, et Chand y fut employé en tant qu'inspecteur des routes, par le département des travaux publics, en 1951.

Le projet de Rock Garden fut clandestinement initié par Nek Chand aux alentours de 1957, sur un terrain occupé illégalement. Il fut découvert par les pouvoirs publics en 1975, alors que celui-ci consistait en un espace complexe de 49 000 cours reliées entre elles. Chacune étant parsemée d'une centaine de sculptures en béton recouvert de chutes de poterie, représentant des danseurs, musiciens et animaux. La municipalité prit en charge et légalisa Rock Garden; le jardin fut inauguré au public en 1976.

Actuellement, il est placé sous la direction de la Rock Garden Society, qui emploie plus de vingt ouvriers à temps plein pour l'entretenir et le développer sous la supervision de son créateur.

Menaces et protections[modifier | modifier le code]

Si aujourd’hui le Rock Garden semble à l’abri de la destruction et voué à un bel avenir en tant que monument national, cela a été au prix d’un âpre combat, marqué surtout en deux temps forts :

  • En 1990, la ville décide de faire passer une nouvelle route au milieu du Rock Garden. Un premier bulldozer est envoyé, mais un millier de personnes forment un bouclier humain devant l’enceinte du Royaume des Dieux et Déesses. Le mouvement est alors amplement relayé par la presse, et après un long procès, le projet de route est finalement abandonné.
  • En 1996, Nek Chand effectue une tournée d’un mois aux États-Unis pour présenter son œuvre. À son retour, il trouve le Rock Garden saccagé. Peu après son départ, la ville a licencié les ouvriers chargés de l’entretien et du gardiennage, livrant le Jardin aux vandales. Cette fois, la mobilisation est internationale, relayée par le magazine britannique Raw Vision. Une centaine de lettres de personnalités et d’institutions sont adressées aux autorités indiennes et la Fondation Nek Chand est créée à Londres. Grâce aux fonds recueillis, des bénévoles et des amateurs partent sur place aider à la réparation et effectuer des négociations qui aboutissent à la déroute de bureaucrates corrompus et à la création de l’Association pour l’entretien et la conservation du rock Garden.

Techniques et matériaux[modifier | modifier le code]

Le Rock Garden, non loin du lac Sukhna, est principalement composé de matériaux de récupération. Il consiste en une combinaison de chutes d'eau artificielles et de nombreuses sculptures faites de résidus quelconques, et de diverses sortes de déchets (bouteilles, verres, bracelets, tuiles, pot en céramique, éviers, déchets électriques, etc), aménagés de façon à créer des chemins.
De véritables techniques de constructions ont également été nécessaires pour ériger les 1400 sculptures en mortier, dont l’armature est constituée de solides structures en fer ; mais surtout pour former le parcours en lui-même. Ce dernier comprend en effet des terre-pleins, des collines, des murs et même des cascades qui requièrent toute l’ingéniosité et le savoir-faire de Nek Chand. Des sacs de toile remplis de mortier sont par exemple utilisés pour monter les murs. Toute l’eau nécessaire aux cascades et à l’irrigation des plantes étant quant à elle approvisionnée par un système hydraulique à circuit fermé.
Mais Chand réutilise aussi des tissus de toutes sortes, qui lui servent à confectionner des formes humaines et animales grandeur nature. C'est un aspect moins connu de sa créativité, ces personnages ne sortant que pour les festivités, les parades ou certaines expositions, mais ils se comptent néanmoins par centaines.

Le Corbusier / Nek Chand[modifier | modifier le code]

Le Rock Garden est une sorte d’excroissance spontanée créée en parallèle à un rigoureux plan d’urbanisme. Autant la conception architecturale de Le Corbusier se base sur les notions de rigueur, de rationalité, d’angles droits et de monochromie, autant celle de Nek Chand relève de l’intuition, de l’imaginaire, remplie de courbes et de matières colorées. Le Rock Garden à Chandigarh peut être vu comme une résistance symbolique de la pensée indienne traditionnelle, spirituelle et proche de la nature, au monde moderne urbain aspetisé, lui apportant ainsi sa complémentarité nécessaire.

Anecdote[modifier | modifier le code]

En Inde, Rock Garden fit l'objet d'un timbre, en 1983.

Galerie[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lucienne Peiry, John Maizels, Philippe Lespinasse, Nek Chand, Le Royaume de Nek Chand, Paris, Flammarion,‎ 2005

(en)

  • M.S. Aulakh, The Rock Garden, Delhi, Tagore Publishers,‎ 1986
  • Soumyen Bandyopadhyay and Iain Jackson, The Collection, the Ruin and the Theatre: Architecture, sculpture and landscape in Nek Chand's Rock Garden, Liverpool University Press,‎ 2007

Articles[modifier | modifier le code]

(en)

  • SS Bhatti, The Rock Garden of Chandigarh, London, Raw Vision #1,‎ 1989
  • Collectif, Nek Chand, 25 years of the Rock Garden, London, Raw Vision #35,‎ 2001
    Paru pour les commémorations du 25ème anniversaire de l'ouverture

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nek Chand Rock Garden Sublime spaces & visionary worlds: built environments of vernacular artists, by Leslie Umberger, Erika Lee Doss, Ruth DeYoung (CON) Kohler, Lisa (CON) Stone, Jane (CON) Bianco. Published by Princeton Architectural Press, 2007. ISBN 1568987285. Page 319-Page 322.
  2. Nek Chand's Rock Garden

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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