Nek Chand

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Nek Chand Saini (नेक चंद सैणी) est un artiste indien auto-didacte né en 1924, célèbre pour son Rock Garden, un jardin de 160 000 m2 rempli de sculptures à Chandigarh, en Inde[1]

Histoire[modifier | modifier le code]

L’exil vers Chandigarh[modifier | modifier le code]

Nek Chand nait en 1924 à Berian Kalan, village situé à 90 km au Nord de Lahore (actuel Pakistan). En 1947, lors de la partition de l'Inde, il doit fuir son village, comme dix autres millions de réfugiés.

Après être allé de ville en ville, il part avec sa femme participer à la construction de la nouvelle capitale du Pendjab, Chandigarh. La conception de cette ville nouvelle est confiée à Le Corbusier. Nek Chand quant à lui devient Inspecteur des routes. Il apprend dans ce métier de nombreuses techniques de construction ainsi que la direction d’équipes d’hommes qui lui serviront pour le Rock Garden.

La clandestinité[modifier | modifier le code]

À partir de 1958, Nek Chand s’approprie un terrain à l’écart de la ville, qu’il défriche. Equipé d’une seule bicyclette, il y ramène quantité de matériaux hétéroclites : des pierres étranges trouvées dans l’Himalaya ainsi que des déchets et des objets voués à la destruction. Nek Chand commence alors ses premières sculptures et le début de son jardin, la reconstitution miniature de son village natal. Il œuvre alors dans un secret total, au moins 4 heures par jour et durant tous ses congés. Il appelle alors son Environnement le Royaume des Dieux et des Déesses.

La reconnaissance[modifier | modifier le code]

En 1973, le Jardin de Nek Chand est découvert. Il suscite immédiatement l’adhésion et le soutien de la population de Chandigarh, qui vient le visiter et ramène matériaux et détritus.

En 1975, Indira Gandhi, alors Premier Ministre, reçoit Nek Chand à la Maison du gouverneur du Pendjab.

La municipalité de Chandigarh, plus partagée par cette création hors norme, finit cependant en 1976 par l’officialiser en espace public (inauguré le 24 janvier) en le nommant Rock Garden. Nek Chand est alors dégagé de son travail officiel, reçoit un salaire uniquement pour s’occuper du lieu ainsi que l’aide d’une équipe d’ouvriers permanents. Un vaste aménagement du territoire est déclenché afin de proposer un véritable parcours initiatique aux visiteurs. On peut y découvrir les sculptures mais également se détendre, puisque des balançoires et un amphithéâtre sont installés dans une partie du Jardin qui accueille régulièrement mariages et festivités.

En 1983, l'Inde a édité un timbre-poste à l'effigie du Rock Garden et l'année suivante, le Président Giani Zail Singh a décerné le titre honorifique de Padma Shri à Nek Chand.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nek Chand Rock Garden Sublime spaces & visionary worlds: built environments of vernacular artists, by Leslie Umberger, Erika Lee Doss, Ruth DeYoung (CON) Kohler, Lisa (CON) Stone, Jane (CON) Bianco. Published by Princeton Architectural Press, 2007. ISBN 1568987285. Page 319-Page 322.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Lucienne Peiry et Philippe Lespinasse, Le Royaume de Nek Chand, Paris, Flammarion,‎ 2005
  • (en) M.S. Aulakh, The Rock Garden, Delhi, Tagore Publishers,‎ 1986
  • (en) Collectif, Nek Chand shows the way, Brendford, Raw Vision,‎ 1997
    Catalogue d’exposition

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Une ville à Chandigarh, Alain Tanner, 51 min, Suisse, 1966.
  • Le plus grand artiste du monde, Philippe Lespinasse, 52 min, Atlantic Television, Nantes, 2005.
  • (en) The Kingdom of Nek chand, Paul Cox et Ulli Beier, 22 min, Australie, 1980.

Revue[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]