Robert du Palatinat (archevêque)

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Robert du Palatinat
Ruprecht von Rhein
Ruprecht von der Platz
Image illustrative de l'article Robert du Palatinat (archevêque)
La tombe de Robert dans la Cathédrale Saint-Martin de Bonn
Biographie
Naissance 27 février 1427
Décès 16 ou 26 juillet 1480
Burg Blankenstein, Gladenbach, Landgraviat de Hesse
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 10 avril 1468
Archevêque de Cologne
choisi le 30 mars 1463
confirmé le 25 mai 146426 juillet 1480
Précédent Dietrich von Moers Hermann de Hesse Suivant
Autres fonctions
Fonction laïque
Prince-électeur
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Robert du Palatinat (allemand : Ruprecht von der Platz, parfois appelé allemand : Ruprecht von Rhein, 27 février 142716 ou 26 juillet 1480) est archevêque de Cologne et Prince-Électeur de Cologne de 1463 à 1480.

Biographie[modifier | modifier le code]

Troisième fils de Louis III du Palatinat d'avec sa seconde épouse, Mathilde de Savoie, il renonce à tout droit sur le Palatinat [1] et étudie en vue des ordres sacrés auprès des universités de Heidelberg et de Cologne. Il devient chanoine de la Cathédrale Saint-Martin de Mayence puis vice-doyen du chapitre cathédral de Cologne et prévôt du chapitre de la Cathédrale Saint-Kilian de Wurtzbourg.

Élection et ordination[modifier | modifier le code]

Élu archevêque dès le 30 mars 1463, il ne fut confirmé dans son titre par le Pape qu'en mai 1464 et consacré évêque seulement le dimanche des Rameaux de 1468. Ce n'est qu'en août 1471 que l'empereur à son tour lui donne les regalia[2].

Un gouvernement difficile[modifier | modifier le code]

Élu à cause de l'influence de sa famille, il eut à garder sa place de prince-électeur alors que la puissance qui était attachée au titre était réduite de partout[3], en même temps qu'il devait faire face à des problèmes internes, en particulier la diminution des revenus venant des taxes sur le commerce traversant le Rhin, mises en gage par son prédécesseur, Dietrich II von Moers afin de trouver les fonds pour la guerre. Il fut obligé par son chapitre cathédral d'acquiescer à 23 articles qui limitaient ses ressources, ce dont le chapitre et les états du royaume étaient convenus quatre jours avant son élection[4], et dut aussi céder au chapitre les ressources de la ville de Zons.

Il s'impliqua aussi dans des conflits politiques extérieurs : dès 1467, il s'alliait à Adolphe de Gueldre contre le duc de Clèves, pensant ainsi regagner le contrôle de Soest, Xanten et Rees.

Une fois reçues de l'empereur ses regalia, il répudia, dès l'automne 1471 les accords qu'il avait lui-même contribué à obtenir en tant que membre du chapitre, et imposait des taxes plus lourdes[5], ce qui l'amena à occuper Zons pour faire pression.

Conflit ecclésiastique de Cologne[modifier | modifier le code]

Sur le territoire de son archevêché, il s'employa à réduire les privilèges des villes. En s'appuyant en particulier sur son frère Frédéric Ier, il se lance dans le conflit ecclésiastique de Cologne (de), qui s'amplifia en Guerre de Bourgogne. La majorité de ses sujets lui refusa alors allégeance et se tourna vers le Pape et l'empereur Frédéric III. En rébellion ouverte, ils proclamèrent Hermann de Hesse administrateur et protecteur de l'archidiocèse, tandis que seuls quelques nobles restaient fidèles à Robert. Robert appela à l'aide Charles le Téméraire, qui s'auto-proclama protecteur de Cologne[6].

Une médiation fut tentée par l'empereur en décembre 1473, mais elle échoua. En 1474, Charles assiège Neuss, un château-fort des rebelles où Hermann avait trouvé refuge. En réaction, la Diète d'Empire décida à Augsburg de partir en guerre contre Charles, et tout l'empire fut appelé aux armes. Le siège de Neuss dura environ un an, jusqu'à l'acceptation par Charles de la médiation du Pape, y compris sur la question de Robert dans son archidiocèse.

Robert avait déjà été excommunié par le Pape en 1472 pour ne pas avoir contribué à l'entretien du Saint-Siège ; sa position s'affaiblit encore plus quand son frère cessa de le soutenir, au vu de l'opposition de l'empereur, avant de mourir le 12 décembre 1476. Il perdait le soutien de tous, sauf de Kempen et Altenahr. En mars 1478 il est fait prisonnier par les Hessois. Emprisonné à Burg Blankenstein (Gladenbach), il se soumet à la médiation du duc de Juliers-Berg, et renonce à sa place d'archevêque, avec pour compensation une rente de 4 000 florins or.

Il meurt avant que le Pape accepte sa démission[7] et est enterré dans la Cathédrale Saint-Martin de Bonn. Son successeur sur le siège de Cologne sera Hermann de Hesse, son adversaire réfugié à Neuss.

Autres aspects[modifier | modifier le code]

Malgré tout, Robert a eu quelque succès dans une réforme monastique dont le rayonnement s'est étendu hors de son territoire, jusqu'en Clèves ou Juliers-Berg[8].

On rapporte qu'il était passionné de chasse et de fauconnerie[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. En échange de la promesse de son frère de lui payer une rente jusqu'à ce qu'il trouve un évêché : Henry J. Cohn, The Government of the Rhine Palatinate in the Fifteenth Century, Oxford : Oxford University, 1965.
  2. (de) Manfred Groten, "Ruprecht von der Pfalz, Erzbischof von Köln", Neue Deutsche Biographie, ed. Historical Commission, Bavarian Academy of Sciences and Humanities, Volume 22 éd. Berlin: Duncker & Humblot, 2005, ISBN 978-3-428-11203-6, p. 286-87, online at Digitale Bibliothek.
  3. Résumé des rognages du territoire de Cologne par des princes séculiers : Benjamin Arnold, Princes and Territories in Medieval Germany, Cambridge: Cambridge University, 1991, ISBN 0-521-39085-0, qui utilise le terme d'étranglement.
  4. Hans Prutz, The Age of the Renaissance, A History of All Nations 10, Philadelphia/New York: Lea, 1905.
  5. (de) Jahresberichte der Geschichtswissenschaft 12 (1889) p. 617.
  6. Nicholas Michael, Armies of Medieval Burgundy 1364-1477, Men-at-arms series 144, London: Osprey, 1983, ISBN 978-0-85045-518-2, p. 25 ; John Bagnell Bury, The Cambridge Medieval History Volume 8, The Close of the Middle Ages, Cambridge: University Press, 1936, ISBN 978-0-521-04540-7, p. 152.
  7. (de)K. Lyncker, "Die Belagerung von Neuß in den Jahren 1474 und 1475: Eine Episode zur Hessischen Geschichte", Zeitschrift des Vereins für hessische Geschichte und Landeskunde 6 (1854) 1-63, 56 : qui donne la date du 26 juillet, tandis que Allgemeine Deutsche Biographie et Neue Deutsche Biographie proposent le 16 juillet.
  8. (de)Elke-Ursel Hammer, Monastische Reform zwischen Person und Institution: zum Wirken des Abtes Adam Meyer von Gross St. Martin in Köln (1454-1499), Veröffentlichungen des Max-Planck-Instituts für Geschichte 165; Veröffentlichungen des Max-Planck-Instituts für Geschichte, Studien zur Germania sacra 22, Göttingen: Vandenhoeck & Ruprecht, 2001, ISBN 978-3-525-35300-4, p. 390–91.
  9. (de) Friedrich Christoph Schlosser, rev. Oskar Jäger, Franz Wolff, Friedrich Christoph Schlosser's Weltgeschichte für das deutsche Volk, 4th ed. Berlin: Seehagen, 1885, p. 297, qui le décrit comme "einen wüsten Trinker und Jäger" — "un buveur dissolu et un chasseur".

Sources[modifier | modifier le code]

  • Ellen Widder. "Karriere im Windschatten. Zur Biographie Erzbischof Ruprechts von Köln (1427–1478)". Vestigia Monasteriensia. Westfalen - Rheinland - Niederlande. Festschrift W. Janssen. Ed. Ellen Widder, Mark Mersiowsky and Peter Johanek. Studien zur Regionalgeschichte 5. Bielefeld: Verlag für Regionalgeschichte, 1995. ISBN 978-3-89534-110-6. p. 29–72.